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XXIII® LEÇON. — CHLORURES ET HYDROGÈNE

il a trop peu d'affinité pour leurs métaux : or on sait qu'un produit quelconque ne peut se former que dans des conditions favorables à sa stabilité. On ne peut pas se servir du môme raisonnement pour expliquer la résistance que les chlorures alcalins et terreo-alcalins opposent- à l'action de Toxygène à chaud : il est possible que ces chlorures, résultant d'une combinaison entre deux corps doués d'affinités très- énergiques, aient, par cela même, une stabilité considérable. Ainsi, le même effet proviendrait de causes différentes : les chlorures de la septième résisteraient à l'oxygène par la faible tendance qu'auraient leurs métaux à se combiner avec cette substance ; ceux de la première, par la grande affinité qui réunirait leurs éléments.

S'» Action du soufre, — L'action du soufre, nulle sur les chloi^ures de la première et de la quatrième section, est très-marquée, au contraire, sur les chlorures des autres, sections ; il se forme des sulfures et du chlorure du soufre. Bien qu'en général, cette action s'effectue dans le môme sens que celle de l'oxygène, il peut se faire néanmoins que, dans quelques cas, elle soit plus facile, car les combinaisons que le chlore et le soufre^opèrent entre eux sont beaucoup plus stables à chaud que celle» du chlore et de l'oxygène.

4<> Action de l'hydrogène. — Tandis que le carbone, le bore, le silicium et l'azote n'exercent aucune action sur les chlorures, l'hydrogène se comporte comme le soufre, en donnant naissance à de l'acide chlorhydrique et en mettant à nu le métal. On utilise cette propriété pour obtenir des métaux d'une grande pureté. Qu'on fasse arriver de l'hydrogène sec sur du chlorure d'argent desséché et chauffé à l'aide d'une lampe à alcool {fig, i23), il se dégagera de l'acide chlorhydrique dont on constatera la nature en le faisant passer dans une dissoliv tion d'azotate d'argent : cette dissolution blanchira et donnera naissance à du chlorure d'argent. Si, après que l'expérience sera terminée, on examine le chlorure d'argent sur lequel on aura opéré, on trouvera qu'il s'est transformé en argent. Quelquefois, l'hydrogène réduit lès chlorures à froid, pourvu qu'il soit à l'état naissant. C'est ainsi que Ton peut réduire le chlorure d'argent même fondu et adhérent aux parois de son récipient; on n'a qu'à le recouvrir avec un peu de limaille de fer, et à y verser de l'acide sulfurique étendu : il se dégage de l'hydrogène qui réduit le chlorure métallique, et il se formé de l'acide chlorhydrique ; si bien qu'en peu de

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temps, ce chlorure, si compacte et si adhérent, deviendra une masse caverneuse d'argent.

Les autres métalloïdes, tels que le brome, l'iode, le phosphore, l'arsenic, exercent aussi une action 'sur les chlorures métalli-

Fig. 123. — Appareil pour la réduction du chlorure d'argent au moyen de l'hydrogène.

F source d'hydrogène.

T tube dessiccateur.

S support.

U tube renfermant le chlorure d'argent desséché.

L lampe à alcool.

t tube abducteur du gaz chlorhydrique qui se forme à la suite de la réduction du

chlOTure d'argent E éprouTette contenant de la dissolution tl'azotate d'argent.

ques. Mais cette action n'a pas encore été suffisamment étudiée, et d'ailleurs elle ne nous offre point d'intérêt.

5<* Action des métaux, — Un métal décompose généralement les chlorures des sections qui suivent celle à laquelle il appartient. Autrefois, le bichlorure de mercure servait à chlorurer la plus grande partie des métaux qui, dans la classification, précèdent le mercure môme. Les anciens chimistes ne connaissaient pas d'autre moyen pour préparer le protochlorure d'antimoine (beurre d'antimoine). L'industrie a profité de cette propriété générale : ainsi, par exemple, en chauffant du bichlorure de mercure avec de l'or stannifère, on transforme l'étain en bichlorure qui se vaporise, tandis qu'il reste un amalgame d'or et de mer-

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cure. Chauffe-t-on cet amalgame, le mercure s'en va et l'or pur reste comme résidu.

Beaucoup de chlorures supérieurs passent aisément, par l'action des métaux, à l'état de chlorures inférieurs, parce qu'ils leur cèdent la moitié de leur chlore. On le prouve en agitant quelque temps du mercure avec une dissolution concentrée de bichlorure de cuivre ; le métal perd son éclat, sa surface se recouvre de protochlorure de mercure, et la liqueur perd sa transparence, attendu qu'elle tient en suspension du protochlorure de cuivre. Cette propriété rend le bichlorure de cuivre un des agents les plus énergiques da chloruration, pouvant céder la moitié de son chlore à tous les métaux, l'or et le platine exceptés. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que si on le fait agir sur un mélange de plusieurs métaux, les plus oxydables sont attaqués lee premiers, les autres ne le sont qu'après et successivement selon l'ordre de leur oxydabilité relative.

6^ Acûon de Veau. — Certîlins chlorures acides, tels sont ceux de bismulà, d'étain , d'antimoine, de tungstène, d'osmium, sont décomposés par un excès d'eau, de telle sorte qu'il en résulte de l'acide chlorhydrique et un oxyde, ou un oxychlorure. Si l'on verse une dissolution très-concentrée de protochlorure d'antimoine dans une grande quantité d'eau, la masse reprend l'aspect laiteux ; parle repos, elle laisse déposer de l'oxy chlorure d'aatimoine, Sb*CP,2Sb*0',H0, et la liqueur devient fortement acide.

D'autres chlorures acides et indifTérents ne peuvent plus être ramenés à l'état anhydre. Lorsqu'^on veut les dessécher, ils se décomposent et passent à l'état d'oxydes. C'est par suite d'un phénomène de cette nature, que l'eau distillée renferme quelquefois de l'acide chlorhydrique : cela a lieu lorsqu'on néglige certaines précautions, en distillant de l'eau naturelle riche en chlorure de magnésium.

Les chlorures indifférents des métaux de la dernière section, et en général tous les chlorures basiques, peuvent être dissous dans l'eau et ramenés à l'état anhydre. Plusieurs d'entre eux changeant de couleur lorsqu'ils se dissolvent dans reau,*on s'est demandé si, une fois dissous, ils ne sont pas devenus des chlorhydrates ; c'est-à-dire, s'ils ne se sont pas assimilé une molécule d'eau, et si leur constitution ne serait pas quaternaire au lieu d'être binaire. Le protochlorure de fer est blanc ; dissous dans Teau, il est vert, et ^on goût est styptique : or, les sels à

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