U2 XXIV* LEÇON. — SEL ACIDE, SA SIGNIFICATÎOK
née, on ne trouverait plus dans les deux dissolulious que du sulfate de zinc. Exprimons ces deux faits par des formules que nous trouverons pour ainsi dire parallèles.
H 0,S0» + Zn = ZnO,S0» + H * CuO,SO» + Zn = ZnO,S03 + Cu.
Si l'on considérait l'hydrogène comme doué d*une nature métallique, bien que gazeux, on dirait que dans les deux cas un métal en a chassé un autre.
Cherchons une autre analogie. Ayons deux dissolutions semblables aux précédentes. Versons dans chacune d'elles une quantité convenable de potasse; dans l'une il se forme un précipité bleu qu'une légère chaleur noircit : c'est de l'oxyde de cuivre ; dans l'autre on n'observe aucun changement ; mais si l'on évapore les deux liquides, ils fournissent également du sulfate de potasse. Or, si l'on compare ce sel au sulfate de cuivre et à l'acide sulfurique, on trouve qu'il diffère du premier parce qu'il contient de la potasse au lieu d'oxyde de cuivre, et du dernier parce qu'il contient de la potasse au lieu d'eau. L'oxyde de cuivre se sépare, attendu qu'il est insoluble ; rien n'indique la séparation de l'eau, car celle-ci se môle avec la portion qui sert de dissolvant. Si l'on exprime tous ces faits par des formules, on trouvera encore qu'elles sont semblables.
H 0,S0« + KO = KO,SO» -I- H 0 , CuO,SO» + KO = K0,SU8 4- CuO.
En considérant l'eau comme une base, on dirait que ces deux phénomènes se résument en un seul : c'est une base qui en chasse une autre.
Ce n'est pas tout. Lorsqu'on ajoute du sulfate de potasse à du sulfate de cuivre, on obtient un composé déûni formé par les deux sels. Or, nous venons de dire que l'on peut combiner directement de l'acide sulfurique avec du sulfate de potasse, pour avoir un composé défini constitué par ces deux substances. Par deux procédés semblables, on peut donc obtenir deux produits dont la composition est représentée par deux formules analogues :
K0,S08 -f Cu0,S0\
XXTY*' LEÇON.— SELS ACIDES POLY ATOMIQU FS. 473
Si tous ces rapprochements autorisent à considérer l'eau comme un corps fonctionnant, dans ces circonstances, à la manière d'un oxyde, il n'y a pas de raison pour ne pas considérer l'acide sulfurique ordinaire comme un sel. Qu'on remarque bien que de même que l'on ne pourra enlever au sulfate de cuivre sa base, qu'en en mettant une autre à la place, de même on ne pourra enlever à l'acide sulfurique ordinaire son eau, qu'en la remplaçant par un oxyde. Si l'on considère l'acide sulfurique, et par extension tous les acides hydratés, conmie autant de sels, il sera permis de considérer les sels acides comme des sels doubles du mêmegenre. C'est ainsi que la plus grande partie des chimistes dualistes envisagent la constitution de ces corps. Autrefois, on les regardait tout simplement comme des combinaisons d'une molécule basique avec deux molécules acides. Envisagés comme de doubles sels, leur action sur les réactifs colorés ne constitue plus un caractère absolu, et elle a là même valeur qu'on lui attribue pour les sels neutres proprement dits. 320. Sels & acides polyatomiques. — On trouve des sels qui ne se combinent avec d'autres sels du même genre que d'une manière transitoire et éphémère. Leurs acides forment une seule série de sels, ou, en d'autres termes, ils atteignent immédiatement la saturation, tout au contraire de certains autres acides qui, avant d'être complètement saturés, présentent des états intermédiaires, stables et bien définis, et donnent par conséquent plusieurs séries de sels. Un exemple fera mieux saisir ces différences. Si l'on ajoute un peu de soude à de l'acide azotique, et si l'on fait évaporer le mélange, on obtient de l'azotate de soude ; l'excès d'acide s'en va avec l'eau. En ajoutant au sel obtenu une nouvelle quantité de soude égale à celle qu'il contient déjà, on n'obtiendra pas pour cela une nouvelle combinaison : le sel et la soude resteront mêlés et ne se combineront pas. Si l'on répétait cette même expérience avec de l'acide sulfurique, on aurait d'abord un sel (le bisulfate de soude) qui, enrichi d'autant de base qu'il en renferme, se transformerait en un autre sel (le sulfate de soude ordinaire). Lorsqu'on renverse l'expérience, en opérant avec de l'acide phosphorique, c'est-àdire si l'on verse un peu d'acide sur beaucoup de soude, et si l'on fait évaporer, on obtient un sel fort bien cristallisé ; celuici pourra se combiner avec autant d'acide qu'il en contient déjà et donner ainsi un second sel à formes régulières, lequel à son tour se transformera en un troisième, s'il se combine encore
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avec uae nouvelle proportion d'acide. Ainsi, l'acide aeotique ne produit qu'un sel ; l'acide sulfurique en produit deux, et l'acide ^phosphorique trois ; on ne connaît pas d'azotates acides ou d'azotates à plusieurs bases, tandis que c'est le contraire pour les sulfates et les phosphates. Ces différences ont fait penser aux chimistes qu'il y avait des- acides dont la neutralité était atteinte par une seule molécule de base, d'autres acides par deux, d'autres par trois. De là on a conclu à l'existence des acides polyafomiques. Dans tous les cas, la neutralité, telle que les chimistes l'entendent, n'est que le résultat du remplacement de l'eau par un oxyde basique. Eu effet, l'acide phosphorique, par exemple, ne diffère du phosphate neuti'e de soude que par la nature de l'oxyde. Dans Je premier cas, il contient de l'oxyde d'hydrogène (eau) ; dans le second cas, il contient de l'oxyde de sodium.
(H 0)^,PhO^ = Acide phosphorique, (NaO)',PhO* =» Phosphate de soude neutre.
On voit pour quelle raison les acides monoatomiques ne donnent qu'une série de sels, tandis que les acides polyatomiques eu donnent deux ou trois. Les premiers renferment une seule molécule d'eau basique, les deux autres en contiennent plusieurs, qu'ils peuvent changer, complètement ou en partie, contre des bases môme de nature différente.
Le tableau suivant, où A exprime acide anhydre et M exprime métal, résume ce que nous venons de dire.
lATOU «ÉIKUQOK U L'iClDB.
COMPOSIIIOSS GKRKRIQOIS
DE L ÀCIDS.
lo Acide monoatomique A,HO . ,
FORMULES eistUODES ée élléntttM espèces ie uk»
2" Acide biatomique A',2H0 .
3'' Acide tmtomiqu3 A*,3H0 .
preTeBant di ■ .. A,
lae acUe.
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