‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 246 sur 284 · XXIV* LEÇON. — SEL BASIQUE, SA SIGNIFICATION. A · texte numérisé non relu

XXIV* LEÇON. — SEL BASIQUE, SA SIGNIFICATION. A

En résumé, si l'on considère les acides comme des sels à base d'eau, il n'y a que des sels neutres, car ceux que Ton appelle acides ne sont que des sels doubles appartenant au môme genre, ou bien des sels polyatomiques renfermant encore de l'eau basique *.

321. Que doit-on entendre par sels basiques? — Lorsqu'on yerse sur la dissolution de certains sels une quantité d'alcali suffisante pour expulser complètement la base, il se forme des sous-sels où sels basiques que les chimistes dualistes considèrent comme des combinaisons d'un acide avec plusieuys molécules de base. Il est évident que lorsque ces composés sont solubies, ils doivent agir sur les teintures végétales à la manière des alcalis. Pour nous faire une idée de la constitution probable de ces corps, nous suivrons la même marche que nous avons suivie pour discuter la nature des sels acides.

La plupart des acides normaux (sels à base d'eau) peuvent, dans certaines circonstances, s'approprier de nouvelles molécules d'eau, et former des combinaisons définies. Ainsi, l'acide sulfurique HO,SO' peut en prendre une {H0,S05 + aq) ; l'acide azotique HO,AzO* trois (HO,AzO* +3 ^^) 5 l'acide acétique H0,C*H80* deux (HO,C*HW + 2 aq). L'eau que les acides prennent en sus de celle qui est nécessaire à leur existence est appelée eau d'hydratation ; elle a pour caractère distinctif de se laisser expulser soit par la chaleur, soit par tout autre moyen, sans compromettre l'individualité de l'acide; elle diffère en cela de Veau de constitution que rien ne peut enlever, si ce n'est une base. Le double rôle de l'eau dans les acides est actuellement accepté par tous les chimistes, et ceux qui envisagent les acides comme des sels à base d'eau, ne considèrent pas les sels hydratés comme des sels basiques. Un exemple ne sera pas inutile. Lorsqu'on ajoute deux équivalents d'eau à un équivalent d'acide acétique, on obtient un corps qu'on s'accorde à considérer comme un hydrate. Pour les uns, ce sera de l'acide acétique anhydre, plus trois molécules d'eau ((HO)^]*^!^); pour les autres, ce sera de l'acétate d'oxyde d'hydrogène, plus de l'eau (HO,C*HW + 2 aq). Mais pourquoi considère-t-on comme un sel basique cette substance (sous-acétate de plomb) que l'on obtient en ajoutant directement deux molécules d'oxyde de plomb à une molécule d'acétate de plomb neutre ((PbO)',C* H'^O*)? Si l'eau joue le

1 II faut se rappeler que dans les s^s les acides constituent le genre, et que les bases constituent l'espèce.

hlfi WIV* LEÇON. — SELS BASIQUES, SELS DOCBLEB."

n 11} ait' lûle que les oxydes métalliques, si Tacide acétique normal eîît uïi corps comparable à un sel neutre, de deux choses 1 une : ou il faut considérer l'acide acétique hydraté comme de raer{;ilo basique d'eau (ce que personne ne voudra faire), ou il faut (ousidérer l'acétate tribasique de plomb comme un sel nrnliL* rnmbiné à de l'oxyde de plomb jouant le môme rôle que Ttai] dliydratation dans l'acide acétique. Cet exemple permet de foîisidi'rer les sels basiques comme des sels neutres comparables aux sels ordinaires hydratés.

^±1. Sels basiques comparables aux sels doubles. — On T'oiirnnlre des cas où les sels basiques peuvent être considérés L'omiiii fies sels doubles. Cela se présente lorsqu'ils sont hydrak'ïi, eî (]ii on ne peut pas leur enlever l'eau d'hydratation sans ]i's dti rimposer et sans rendre libres les molécules d'oxyde qui FonI i'M sus de la molécule véritablement basique. On peut citer rniurno exemple les sous-sulfates de zinc. Il y a plusieurs de ces i^rb qui sont hydratés ; dès qu'on les soumet à l'action d'une r ha leur modérée, ils se déshydratent, mais en même temps ils se défomposent en sulfate neutre et en oxyde. Comme l'eau est itiio substance indifférente qui semble jouer tantôt le rôle de biiso, laiifôt celui d'acide, il est naturel de voir dans les hydrates (I oxydes de véritables combinaisons salines ; dès lors les sousïiL'lB b\ilratés ne seraient plus que des sels doubles. Ainsi, le sult.ih^ hi basique de zinc serait un sel double formé de sulfate et dii^dnite. d'oxyde de zinc.

(zno).,sû»+Ho=j^;;2;J«;

Tl' nitrate bibasique de plomb serait également un sel double.

Oui ti qu'il en soit, peu importe que Ton envisage les sels basiijut!^ comme des sels doubles, ou comme des sels analogues i\\x\ sels hydratés, toujours est-il qu'il esl permis de douter de Irnt' ionstitution telle qu'on la concevait autrefois. D'où il résulte quf^ la division des sels en neutres^ basiques et acides est tnufe lictive. Il n'existe qu'une seule sorte de sels, dont la com- IKjsitioij est soumise à des lois invariables, et dont les caractères Ui^ hitsicité, d'acidité et de neutrahfe n'indiquent que des états iv lai ifs.

Page 1