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sulfurique. Si Ton étend d'eau une certaine quantité de cet alcool, et si' Ton y verse un peu d'eau de baryte, il se formera un dépôt blanc de sulfate de cette base. Si d'autre part, après avoir bien lavé avec de l'alcool le premier précipité, on en dissout un peu dans de l'eau, et si l'on verse dans la dissolution un peu d'eau de baryte, il se formera encore un précipité blanc de sulfate de cette base ; mais puisque Ton trouve de l'acide sulfurique soit dans l'alcool qui a agi sur le mélange d'acide sulfurique et d'azotate de potasse, soit dans le dépôt qui s'est formé dans l'alcool môme, il est évident que les deux acides se sont partagé la base.
On peut conclure de ces expériences que la différence d'énergie chimique entre l'acide sulfurique et l'acide azotique n'est pas, à beaucoup près, aussi considérable que celle qui existe entre les acides borique et sulfurique et entre les acides phosphorique et azotique.
Ces faits prouvent donc la justesse du principe qui admet que, dans l'action mutuelle des corps composés, les échanges et les remplacements ne sont pas indépendants de l'énergie chimique des corps agissants. Il est bien entendu que si, dans l'action, interviennent des influences perturbatrices telles que celle de l'insolubilité ou de la volatilité des produits, les résultats changeront, quoique le principe reste toujours le môme. En effet, on vient d'établir que l'acide sulfurique est plus puissant que l'acide borique ; mais si l'on expose à une température très-élevée un mélange de ce dernier acide et de sulfate de soude, on finira par avoir du borate de soude et tout l'acide sulfurique sera expulsé : c'est que l'acide borique est fixe à la température à laquelle l'acide sulfurique est volatil. Si dans une dissolution de sulfate de potasse, on verse de l'acide tartrique, il se formera un précipité de bitartrate de potasse (crème de tartre). Pourrat-on inférer de ce fait que l'acide tartrique est plus puissant que l'acide sulfurique ? Non sans doute. Si ce dernier acide a été déplacé, c'est que le bitartrate de potasse est incomparableùient moins soluble que le sulfate ; ainsi l'action a commencé par un double échange, peut-ôtre en proportion minime, et l'insolubilité d'un des produits l'a continuée, et l'a rendue complète.
L'action des acides et des bases sur les sels étant régie par le même principe, il est tout naturel que l'on rencontre dans les deux cas les mt^mes particularités : ainsi les acides n'agissent
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pas toujours sur les sels pour expulser les autres acides ou partager les bases avec eux ; mais quelquefois :
i^ Ils se combinent avec un sel neutre pour en faire un sel acide. Exemple : sulfate de potasse et acide, sulfurique
so» 4- KO,so» = KO,(sov ;
^^ Ils enlèvent une partie de la base et forment un sel neutre et un sel acide. Exemple : phosphate de chaux et acide sulfurique
(CaO}»,PhO^ + 2H0,S0' = (HOI^CaO^PhO» -|- 2CaO,SO' ;
3° Ils se combinent avec un sel basique pour foimer un sel neutre. Exemple : sous-sulfate de cuivre et acide sulfurique
(CuO)»,SO» + 2S08 = aCuO,S03 .
C'est une répétition de ce qu'on a dit relativement à l'action des bases sur les sels : les mots sont intervertis, et rien de plus.
336. Action des hydracides sur les sels. — Pour parvenir à bien comprendre l'action des hydracides sur les sels, il faut se souvenir de la définition des sels d'après le système que nous avons adopté ; il faut, de plus, nous figurer graphiquement la manière dont un sel est décomposé par un oxacide considéré comme anhydre et comme hydraté. Dans le premier cas, c'est un acide qui en déplace un autre :