LEÇON. — SYSTEMES CRISTALLINS
pèces minérales naturelles, entre autres du rv^is spineîîe, en opérant avec du borax, de la magnésie et de l'alumine.
Cette manière d'obtenir des cristaux peut être appelée procédé de cristallisation par dissolution ignée.
7. Cristallisation par fusion. — Dès que la force quelconque, qui écarte les molécules, cesse d'agir, la force de cohésion ramène celles-ci à l^ur état normal. La fusion, qui est le résultat de récartement moléculaire déterminé pair la chaleur, peut donc être un autre moyen pour faire cristalliser les corps, lorsqu'ils ne s'altèrent pas en fondant; et encore, dans ce cas, plus le refroidissement est lent, plus beaux et plus réguliers sont les cristaux qui se forment.
8. Cristallisation par sublimation. — Ce qui est vrai pour les corps fusibles, est vrai pour les corps vaporisables. Tout corps cristallisable, pouvant passer à l'état de vapeur, reprendra la forme cristalline qui lui est propre dès qu'il sera soustrait à l'action de la chaleur. Si Ton chauffe légèrement une cornue contenant quelques grammes d'iode, elle se remplira d'une vapeur violette, mais on verra en môme temps des cristaux d'iode paraître dans le col de la cornue, partie la moins chaude de l'appareil.
9. La faculté de cristalliser est une propriété spécifique . — Les corps cristallisés présentant une multitude de formes en apparence très-diverses, on serait tenté de croire que la cristallisation n'est soumise à aucune règle; cependant tout corps susceptible de cristalliser prend des formes qu'on trouve toujours invariables quand on sait les observer et lorsque la cristallisation s'est effectuée dans des circonstances identiques. La manière dont cristallise un corps constitue donc une propriété spécifique qui a autant de valeur que la densité, le point de fusion, le point d'ébullition, et l'ensemble de ces propriétés que les sens apprécient, telles que la saveur, l'odeur, la couleur, et que par cela môme on appelle propriétés organoleptiqv£S.
10. Toutes les formes des cristaux se rapportent à six systèmes cristallins. — Dans un cristal, quelle que soit sa forme, on peut toujours imaginer un point intérieur tel, qu'une droite quelconque passant par ce point et joignant soit les angles opposés, soit le centre des faces opposées, ou deux à deux le milieu des arêtes du cristal, se trouve divisée en deux parties égales. Ce point s'appelle le centre, et les lignes qui le traversent et autour desquelles les faces du cristal sont disposées symétriquement, s'appellent les axes du cristal.