V* LEÇON. — RÉACTIFS DES EAUX POTABLES
tion aurait fait passer dans l'éprouvette, et cela autant de fois qu'il serait nécessaire pour que l'acide carbonique devînt complètement libre : les détails de cette opération ne pouvant pas être reproduits ici, je renvoie au mémoire que M. Péligot a publié sur ce sujet dans le XLIV» volume de la 3« série des Annales deCUimie ft de Physique, page Vol.]
Si l'on cherche les matières flxes dissoutes dans une eau légère, on trouve qu'elles consistent très-souvent en une petite quantité de bicarbonate d'oxyde de calcium, de chlorures alcalins, de sulfates d'oxydes de calcium et de magnésium, et de chlorures de [ ces mômes métaux. Généralement, le poids total de tous ces sels
ne dépasse guère 0^%\ à 0«'',2 par litre. Quant aux matières organiques, elles n'en contiennent point, ou du moins elles en contiennent des proportions très-faibles ; en outre, elles doivent être agréables au goût, fraîches en été et point glacées en hiver; elles doivent conserver leur limpidité malgré l'ébullition, bien dissoudre le savon et bien cuire les légumes.
Au contraire, dans une eau lourde ou crue, on trouve souvent ou des quantités exagérées de bicarbonate de chaux et de chloinires alcalins, ou bien encore des quantités relativement trèsfortes des autres sels. Souvent elles renferment beaucoup de \ matières organiques, elles se troublent presque toujours parl'é-
j bullition, elles ont un goût fade, produisent beaucoup de gru-
meaux en dissolvant le savon, et se prêtent rarement à la cuisson des légumes.
66. Réactifs pouvant servir & rappréciation approximative de la potabilité des eaux. — L'emploi de quelques réactifs peut donner une idée approximative de la nature d'une I eau, sans avoir recours à une analyse complète.
a. Teinture alcoolique de la partie médullaire du hois de Campéche, — Le bois de Campôche renferme une matière colorante jaune, Yhémntojyline, qui, par son contact avec le bicarbonate de chaux, devient violette. Une eau qui prend cette couleur d'une manière intense lorsqu'on y verse quelques gouttes de teinture de bois de Campêche, est très-riche en bicarbonate de chaux, et par conséquent non potable. Il n'en est plus ainsi quand, dans.les mêmes circonstances, elle se colore très-légèrement en bleu améthyste très-tendre, car elle ne renferme alors que des traces du sel calcaire. Cette expérience est probante surtout lorsqu on s'est assuré que l'eau n'est pas troublée par quelques gouttes de dissolution de chlorure de calcium. (Du Pasquikr.)
D* V' LEÇOIî. — RÉACTIFS DES EATX POTABLES,
Toutefois j'ai souvent observé des *?auXj l' ou [tuant du bicarbonate de chaux, ne pas se tolorer par la toiuturc de campûcbe. Celii a lieu loi'sqiie l'eau tient en dissolution une grande quantité d'acide cart»onique-
h . Tein i tjTC a ko t)ti quedt aa vmi . — Q uan d une eau ne re n Fc rme pas plus de sels raleaires qu'une bonne eau potable n'en doit ^■oiitenir, elle devient opalesceide loi-squ on y verse quelques gouttes de dissolution alcoolique de savon ; mais^ dès qu'elle contiendra ^^^ de chauï, peu importe sons quelle l'urnie (Boutbon et Bocdet), elle dotinei'a naissance à. des grumeaux qni, en se précipitanlj fornicroiit un dépôt plus ou moins considérable. Ces grumeaux proviennent de la combinaison d'un de^ principes du savon avec la chaux^ et ils constituent une sorte de seivou insoluble, dt^ pourvu des propriétés délersivesX'est encore la formation d'un compose insoluble (légurmne et suffalt* de cbaux) qui empêche les eaux sélêniiemcs {rifties en sulfate de chaux) de cuire le$ légumes j cette inaptitude se manifeste des que l'eau contient j-;~ de sulfate de chaux. (Boutron et Rotjdet.)
Cm Chlorure d'or. — Lorsqu'on fa i t bouillir pendant q n e ! q n es minutes une centaine de grammes d'eau, où Ton aura versé assez de ctilornre d'or pour donnera la niasse liquide une teinte jaune, cette teinte persistera si les substances organiques sont en trèsfaible proportion. Dans le cas contraire, elle disparaîtra et passera m5me au vert, couleur qui est due à la réduction du ctilorure d'or ef h tamise en liberté de ce métal à un élatd'exlrOme division,
d. Permanf/ finale depnVis^e. — Quand il s'agit de comparer lariehesse relative en malières organiques de deux ou plusieurs eaux^ rien n'est plus commode que l'emploi d'une dissolution tihi'i' de permanganate de potasse. Cette dissolution versée dans de r<'au pure la colore en rouge cramoisi quatid nii^me elle serran cliaude; mais si l'eau contient tant soit peu de matière organique, et si elle est acidulée par un peu d'acide sulfurtque, la coloration ne persiste pas ; la comparaison des quajitités de dissolution titrée qui on tété nécessaires pour atteindre une coloration pernmnente^ donne une idée de la proporlion relative des matitnea organiques qui se trouvent dissoutes dans les eaux sur les^ quelles on a expérimente'. Ce procédé, proposé en ISLiOpar M. Schvotter a été appliqué avec succès en i^OO^ par M. Monnier. (Voir Comp^e-î rendus de i' Académie des sHences^ t. L, p. tÛ84.)
I^i le chlorure d'or ni le permanganate de polasse ne donne-