VI*' LEÇON. — FLAMME
le fer lui-môme, aussi bien que son oxyde, ne peuvent pas prendre rétat aériforme.
Toutes les flammes ne se ressemblent pas ; il y en a de trèslumineuses, et de très-faibles. Examinons la cause de ces différences en comparant la flamme de l'alcool à la flamme d'une bougie. Une mèche ordinaire n'est pas autre chose qu'un faisceau de fibres textiles juxtaposées, le long desquelles les liquides s'élèvent comme s'ils étaient aspirés dans de petits tubes, de sorte que la portion de la mèche qui n'est pas plongée dans un liquide s'en imbibe cependant par absorption. C'est là un phénomène de capillarité. Que l'on suppose allumée la mèche a d'une lampe à alcool L {fig, 47) ; c'est la vapeur de l'alcool qui, en brûlant, produit la flamme. Si l'on examine attentivement cette flamme, on la voit composée de deux parties ; l'une intérieure i, l'autre extérieure a, qui enveloppe la première comme un manteau. Qu'on plonge dans cette flammé un fil de fer très-délié ; il reste obscur dans la partie i et devient rouge-blanc dans la partie a. La chaleur est donc moins intense dans le centre que dans la périphérie. On conçoit cette différence, si l'on obsei*ve que la vapeur qui s'élève de la mèche ^^* ' est envahie sur tous les points de sa surface par l'ail' ambiant; la combustion ne s'effectue donc qu'à la surface, et non pas au centre; par conséquent la chaleur doit être moins intense ici que là, si bien que le centre de la flamme n'est formé, dans ce cas, que par de la vapeur chaude d'alcoDl. Il est des flammes beaucoup moins simples, où les substances combustibles subissent une décomposition avant de se consumer, et dans lesquelles les produits de la décomposition ne brûlent pas simultanément. Prenons pour exemple la flamme de la bougie. La cire n'est pas volatile; on peut la distiller, il est \Tai, mais à condition qu'elle se décompose ; la cire en vapeur n'est donc plus de la cire, mais un mélange formé en grande partie de carbures d'hydrogène de différente nature. Lorsque nous allumons une bougie neuve, nous voyons la mèche mal brûler au commencement, mais tout à coup elle s'enveloppe d'une flamme brillante. La mèche brûle mal d'abord, parce qu'elle n'est pas imbibée de matière combustible; mais celle-ci y arrive par capillarité dès quelle est fondue ; dès lors sa décomposition commence, puisqu'elle trouve une température assez élevée ; les
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produits de la décomposition, enveloppés par l'oxygène atmosphérique, s'enflamment; en brûlant ils entretiennent et môme ils élèvent la température; par conséquent, lafflux de la cire liquide continue et entrelient la flamme. Examinons maintenant cette flamme (fig. 48). Le milieu m paraît peu lumineux; il est entouré comme d'un manteau brillant i, qui, à son tour, se trouve circonscrit de la même manière par une enveloppe e peu lumineuse; la base b est bleuâtre. Si l'on plonge dans la flaname un mince fil de fer, on verra qu'il ne rougit pas dans le milieu w, ne se colore que faiblement dans la partie brillante i, mais rougit fortement dans l'enveloppe e. Le centre est donc moins chaud que la partie médiane, et celle-ci, quoique brillante, moins chaude que l'enveloppe extérieure.
Pour nous rendre compte de ces différences, imaginons qu'un cône gazeux, formé de carbure d'hydrogène, se trouve porté à une haute température au milieu de l'air. L'oxygène atmosphérique qui entoure ce cône agit sur sa surface et produit une forte chaleur; celle-ci se propage dans la partie médiane i ^ig. 43. et y déteimine une combustion incomplète, puisque l'oxygène est arrêté en grande partie par l'enveloppe. Cette combustion incomplète produit deux effets : premièrement, la partie médiane ne s'échauffe pas autant que la partie extérieure ; en second lieu, de deux éléments qui la constituent, un seul (rhydrogène) brûle, l'autre (le carbone) ne brûle pas. Celui-ci, séparé de l'hydrogène, reprend sa forme naturelle, qui est la solide, devient incandescent, et ne brûle,^ à son tour, que lorsqu'il arrive à la périphérie ; c'est précisément l'incandescence du charbon devenu libre qui rend brillante la partie médiane de certaines flammes. Ce qui prouve qu'il y a là du charbon libre, c'est que, si l'on y plonge la lame d'un couteau, elle s'en recouvre et noircit.
Pour bien comprendre ces résultats, il est indispensable de connaître ce principe de chirtiie : Lorsqu'un coiys composé de plusieurs éléments est soumis à V action d*une quantité d'oxygène insuffisante pour que sa combustion soit complète, ce sont toujours les éléments les plus combustibles qui brûlent les premiers.
Or le mélange gazeux provenant de la décomposition ignée de la cire étant formé de carbures d'hydrogène, l'hydrogène, corps