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GALLIUM

Ga = 69,9

Ce métal a été découvert en 1876 par M. Lecoq de Boisbaudran. Il est contenu en très-petite quantité dans certaines blendes. Une des plus riches, provenant de Westphalie, n'en renferme qu'un soixante-millième.

Pour extraire le gallium de celte blende on la soumet à un grillage, et on traite le produit par l'acide sulfurique. On obtient ainsi une liqueur acide renfermant principalement du sulfate de zjnc, accompagné de sulfates de fer, d'alumine, d'indium, etc., et d'une trace de sulfate de gallium.

Pour séparer ce dernier, MM. Lecoq de Boisbaudran et Jungfleisch ont mis <à profit les réactions suivantes qu'avait découvertes le pre mier de ces chimistes.

\* Lorsqu'on neutralise la liqueur, l'oxyde ferrique, l'alumine cl l'oxyde de gallium, qui est un sesquioxyde, se précipitent. On redissout le précipité dans l'acide sulfurique et on répète la même opération après avoir converti l'oxyde ferrique en oxyde ferreux, lequel reste en dissolution dans la liqueur neutre. C'est le moyen de séparer la plus grande partie du fer.

2* L'oxyde de gallium se dissout, comme l'alumine et l'oxyde de linc, dans un excès de potasse. Lorsqu'on sature cette solution par l'hydrogène sulfuré, le zinc se précipite sous forme de sulfure. Le gallium et l'alumine restent en dissolution. On sépare ainsi la plus grande partie du zinc.

5* Lorsqu'on ajoute de l'eau à une solution bouillante de sulfate de gallium, ce dernier se précipite à l'état de sous-sulfate ; l'alumine reste en dissolution.

INDIUM. 363

i' L'oxyde de gallium se dissout dans un excès d'ammoniaque, propriété que ne possède pas l'akimme.

5* Le gallium se sépare à Télat métallique, lorsqu'on fait passer le courant de la pile à travers une solution alcaline d'oxyde de gallium.

Propriétés physiques. — Le gallium est doué d'un éclat métallique qui rappelle celui du nickel. Il cristallise aisément en formes dérivées de Toctaèdre orthorhombique, généralement en magnifiques lames. Sa densité est^ale à 5,96. Il fond à 29*. 5 et possède une certaine tendance à demeurer en surfusion. 11 n'est pas volatil.

Cet ensemble de propriétés fait au gallium une place à part parmi les métaux. C'est un des corps les plus remarquables qui aient été découverts depuis longtemps.

Propriétés chimiques. — Elles sont encore peu connues. Un sait seulement que le gallium ne s'oxyde pas ou s'oxyde à peine lorsqu'on le chauffe à l'air ou dans l'oxygène. Uformeun sesquioxydeGa-O'qui serait comparable à l'oxyde d'aluminium, car ce sesquioxyde forme un alun. L'alun de gallium a été obtenu par M. Lecoq de Boisbaudran.

Le gallium s'unit directement au chlore en formant un chlorure solide cristalUsable et très-volatil.

RDIUM In = 113,4

Ce métal a été découtert en 1865 par MM. Reich et Richter dans les blendes de Freyberg (Saxe). 11 parait exister dans la plupart des blendes et il accompagne le zinc que l'on extrait de ces minéraux On le retire ordinairement du zinc métallique qui n'en renferme que de très-petites quantités. Pour cela, on attaque le zinc du commerce par l'acide sulfurique étendu que l'on emploie en quantité insuffisante pour dissoudre le tout : après plusieurs semaines, il reste une masse spongieuse qui renferme un excès de zinc, et. indépendamment de quelques autres métaux, une petite quantité d'indium. C'est de ce résidu, que l'on retire l'indium par des procédés que nous ne décrirons pas ici.

L'indium est un métal brillant qui possède à peu près l'éclat de l'argent. Il est mou et ductile. Il fond à 176*. Il est volatil, mais moins que le zinc et le cadmium. 11 se rapproche de ces métaux par l'ensemble de ses propriétés chimiques ; mais il est plus électronégatif. Ces deux métaux le précipitent de ses solutions.

3W LE(,ONS DE CHIMIl MODEliNK.

L'indium est caractérisé par plusieurs raies qu'il donne au spectroscope, une bleue très-briilante et une violette qui l'est moins, il. VVinkler indique en outre deux raies bleues beaucoup moins in! enses.

On a décrit deux oxydes d'indium, un sesquioxyde In^O^ et un sousoxyde. Le premier s'obtient par la calcinatioiide l'azotate, il est jaune. Chisuffé à 300', dans un courant d'hydrogène, il se réduit partiellement et donne du souso.xyde noir.

Le chlorure d'indium Iu*Cl^ se forme lorsqu'on ciiauffe l'indium dans un courant de chlore. Il est volatil et d'un blanc de nei^e.

CADMIUM

Cd = 1 12

Étal naturel et extraction. — 11 est un métal, le cadmium, qu'on trouve généralement associé, en petite quantité, au zinc, soit à l'état d'oxyde dans la calamine, soit à l'état de sulfure dans la blendo.. Comme il est plus volatil que le zinc, il se concentre dans les pre^ miers produits de la distillation.

On le trouve surtout, à l'état d'oxyde, dans les poussières brunes que l'on dé--igne sous le nom de cadmies, et qui se condensent, pendant les premières heures de la distillation, dans les allonges adaptées aux cornues (page 355). Mêlées avec du charbon et calcinées, ces poussières donnent un alliage de zinc et de cadmium qui distille.

On en extrait le cadmium, en dissolvant l'alliage dans Tacrde sulfurique étendu et en dirigeant un courant d'hydrogène sulfuré à travers la liqueur acide. Le cadmium se précipite à l'état de sulfure jaune.

On dissout ce sulfure dans l'acide chlorhydrique et on précipite la solution de chlorure de cadmium par le carbonate d'ammoniaque. On obtient ainsi du carbonate de cadmium que l'on calcine. 11 reste lie l'oxyde, que Ion mêle avec un dixième de son poids de charbon et que l'on calcine dans une cornue de grès. Le cadmium distille.

Propriétés. — A l'état de pureté, ce métal présente un éclat blanc, mais il se ternit à l'air. Sa densité est de 8,60 à 8,69. Il fond à 520°. (Person.) Il bout à 860». (II. DevilleetTroost.) On peut l'obtenir cristallisé en octaèdres.

se dissout avec dégagement d'hydrogène dans les acides chlorhydrique et sulfurique étendus.

Oxyde de cadmiam CdO. — On l'obtient en calcinant le car-

f.OBAI.T. 3f..S

bonale ou l'azotate. Il est d'un jaune brun ou d'un brun plus on moins foncé. Il est réduit par le charbon et par l'hydrogène à une température élevée, et sa réduction est plus facile que celle de l'oxyde de zinc.

Miilfare de cadmînm CdS. — Ce sulfure se rencontre, dans la nature, sous forme de cristaux d"un jaune clair, offrant la forme d'un prisme hexagonal, terminé par une pyramide à C faces.

On le prépare, dans les laboratoires, en précipitant un sel de cadmium par l'hydrogène sulfuré ou par un sulfure soluble. On obtient un précipité amorphe d'un beau jaune. Dans cet état, il est employé dans la peinture à l'huile.

lodiure de cadmium Cdl*. — On obtient ce sel en faisant digérer le cadmium divisé avec de l'iode en présence de l'eau. Il cristallise de sa solution aqueuse en tables hexagonales, transparentes, incolores et douées d'un grand éclat. Il est soluble dans l'eau ei dans l'alcool.

Sulfate de cadminm. SO*Cd 4- 4H*0. — Ce sel, qu'on obtient en dissolvant le métal, l'oxyde ou le carbonate dans l'acide sulfnrique étendu, se dépose de la solution neutre et concentrée sous forme de beaux prismes, droits, à base rectangle. Ces cristaux sont efflorescents.

COB.XLT

Co = 59 DécouTert p.ir Brandt en 1755.

Le cobalt se rencontre, dans la nature, principalement à l'étal d'arséniure Co.\s*, de sulfo-arséniure Co.\sS (cobalt gris). Ses minerais sont principalement exploités en vue de la préparation d une masse vitreuse, d'un bleu foncé, combinaison de silicate de cobalt et de silicate de potassium, qu'on désigne sous le nom de smalt ou azur.

Le cobalt se prépare, dans les laboratoires, par calcination de "oxalate de cobalt dans un creuset couvert.

C*0*Co

Co

Oxalate

Gai

de cobalt.

carU'iiiqiie.

On l'obtient, sous forme d'un culot métallique, en chaullani

366 I EÇONS DE CHIMIE MODEUÎ^E.

métal pulvérulent, au feu de forge, dans un creuset de chaux. On place ce dernier creuset dans un creuset de terre réfractaire, et on garnit de chaux vive l'espace laissé entre les deux creusets. (H. Sainte- Claire Deville.)

Le cobalt pur est d'un blanc d'argent. 11 est très-malléable. Sa densité est de 8,6. Il est magnétique.

A la température ordinaire, il est inaltérable à l'air. Au rouge, il se convertit en oxyde.

Oxydes de cobalt. — On connaît un protoxyde CoO, un sesquioxyde Co'-O^ et divers oxydes intermédiaires.

On obtient le protoxyde, en calcinant en vase clos le carbonate de cobalt. C'est une poudre d'un vert grisâtre ou d'un vert olive. L'hydrogène, le charbon, l'oxyde de carbone, le réduisent au rouge.

Fondu avec le borax au chalumeau, il s'y dissout, en donnant un verre bleu.

L'oxyde de cobalt est employé pour colorer en bleu le verre ou la porcelaine.

Lorsqu'on ajoute de la potasse en excès à la solution d'un sel de cobalt, on obtient un précipité rose, qui est un hydrate de cobalt.

Co (OU)*

On obtient le sesquioxyde de cobalt Co'O^, en faisant passer un courant de chlore dans de l'eau tenant en suspension de l'hydrate cobaltique rose.

2CoO + U^O + Cl* = Co*05 + 2HC1

Le sesquioxyde se dépose sous forme d'un hydrate noir, qui perd son eau lorsqu'on le chauflé avec précaution.

Chlorure de cobalt CoCl*. — Lorsqu'on chauffe du cobalt pulvérulent dans un courant de chlore, il s'enflamme et se convertit en chlorure, qui se sublime sous forme d'écaillés bleues. On obtient une solution de ce chlorure, en dissolvant dans l'acide chlorhydrique le protoxyde ou le carbonate de cobalt. La solution neutre est rouge groseille, et donne, par l'évaporation, des cristaux de même couleur, qui sont un chlorure hydraté. Mais, lorsqu'on l'a concentrée, après l'avoir mêlée avec de l'acide chlorhydrique ou sulfurique, elle devient bleue. Ce changement de couleur, dû à la formation d'un chlorure anhydre, dans le sein même de la liqueur chaude, a fait employer le chlorure de cobalt, comme encre sym-

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