OXYDES DE MERCURE
On en connaît deux, un oxyde mercureux Hg*0, et un oxyde mercurique HgO,
Pour préparer le premier, on fait digérer du calomel ou chlorure mercureux avec de la potasse caustique ; on obtient une poudre noire. Ce corps est très-instable. Par l'action de la lumière ou par une température supérieure à 1 00% il se dédouble en oxyde mercurique et en mercure,
■/oxyde mercurique UgO s'obtient par voie sèche ou par voie humide.
Le premier procédé consiste à décomposer l'azotate mercurique par la chaleur. On place le sel dans une fiole qu'on chauffe graduellement au bain de sable, jusqu'à ce que le dégagement de vapeurs rouges ail cessé.
L'oxyde ainsi préparé est une poudre rouge orangé, grenue, cristalline.
Par voie humide, on prépare l'oxyde mercurique en décomposant parla potasse une solution de chlorure mercurique. On obtient uii précipité jaune, qui est de l'oxyde mercurique anhydre.
Lorsqu'on le chauffe, l'oxyde mercurique prend d'abord une couleur rouge foncé, et se décompose, si la température s'élève au-dessus de 400°, en oxygène et en mercure.
L'oxyde mercurique cède son oxygène à une foule de corps tel? que le charbon, le soufre, le phosphore, (ju'il oxyde avec énergie. Chauffé avec le soufre, il produit une explosion. Dans ces réactions, l'oxyde jaune, très-divisé, est attaqué plus facilement que l'oxyde rouiic.
CHLORURE MERCUREUX OU CALOMKI,. 411
SULFURE MERCURIQUE.
HgS
Ce corps est le cinabre, qu'on trouve dans la nature, le plus souvent sous forme de masses compactes, quelquefois en prismes hexagonaux ou en rhomboèdres rouges, transparents. On fabrique le cinabre en combinant directement le soufre avec le mercure. Cette combinaison s'accompUt lorsqu'on triture les deux corps ensemble, à froid, dans le rapport de 100 parties de mercure et de 18 parties de soufre. On obtient ainsi une masse noire, qu'on sublime dans des vases de fonte.
Le cinabre, préparé par sublimation, se présente sous forme de masses d'un rouge foncé, à texture fibreuse et cristalline. Sa densité est égale à 8,124. A une température élevée, il se volatilise sans fondre. Chuuffé à l'air, il brûle avec une flamme bleue, et donne du gaz sulfureux et du mercure métallique. L'hydrogène, le charbon et la plupart des métaux le décomposent. L'acide sulfurique bouillant le décompose avec foi'mation de gaz sulfureux et de sulfate. L'acide azotique l'attaque à peine, même à la température de l'ébuUition.
On nomme vermillon un sulfure de mercure, très-divisé et présentant une riche coloration écarlate. Pour l'obtenir, on triture, pendant quelques heures, dans un mortier, 500 parties de mercure, 114 parties de fleur de soufre, et l'on ajoute au sulfure noir, ainsi formé, 75 parties de potasse et 400 parties d'eau. On maintient ce mélange à une température de 45° environ, en le triturant avec un pilon. Dés que le précipité a atteint une belle nuance écarlate, on le lave rapidement à l'eau chaude et on le sèche.
Le vermillon est employé en peinture et pour colorer la cire à cacheter.
CniORDRE MERCUREUX OU CALOilEL.
On fait un grand usage du chlorure mercureux en médecine sous le nom de calomel ou de mercure doux
Préparation. — On chauffe dans de grands matras de verre, au bain de sable, un mélange intime de sulfate mercureux et de
chioruie de sodium. Le chlorure mercureux, qui est volatil, se sublime. Il prend naissance par double décomposition.
SO*Hg* + 2x\aCl = Hg^Cl* + SO*Na*
On l'obtient ainsi en masses compactes et cristallines. Lorsqu'on chauffe fortement du calomel et qu'on dirige sa vapeur dans un grand récipient en grès, elle se condense, au milieu d'une grande masse d'air, en une poudre impalpable, qui est le calomel à la vapeur. On se sert de préférence de ce produit pour l'usage médical.
On peut aussi préparer le calomel par voie humide, en ajoutant de l'acide chlorhydrique ou une solution de chlorure de sodium à une solution d'azotate mercureux. On obtient un précipité blanc, caillebotté, qu'on lave et qu'on fait sécher.
Propriétés. — Préparé par la voie sèche, le calomel se présente en masses denses, fibreuses, cristallines, légèrement translucides, présentant d'un côté une surface lisse et de l'autre des aspérités formées par les pointements des cristaux. Exposé à la lumière, il devient jaune et même gris à la longue, en se décomposant partiellement. Sa densité est égale à 7,17. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 8,35. 11 fond et se volatilise à la même température. Lentement sublimé, il cristallise en prismes à base carrée.
Le calomel est insoluble dans l'eau.
Expérience. J'ajoute à du calomel une solution d'iodure de potassium : par l'agitation, la poudre blanche se convertit en une poudre verte d'iodure mercureux.
En versant un excès d'iodure de potassium, je vois la poudre verte disparaître à son tour et faire place à un précipité gris qui est du mercure métallique. L'iodure mercureux d'abord formé s'est dédoublé en iodure mercurique qui s'est dissous dans l'iodure de potassium et en mercure.
Une réaction analogue s'accomplit, à chaud, sous l'influence des chlorures alcalins. Le chlorure mercureux se dédouble en chlorure mercurique qui se dissout et en mercure qui reste.