‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 313 sur 386 · DÉRIVÉS DE LA GUAKIDINE · texte numérisé non relu

DÉRIVÉS DE LA GUAKIDINE

Il existe une relation intéressante entre l'urée et la guanidine De fait, cette dernière n'est autre chose que l'urée dans laquelle l'oxygène est remplacé par le groupe imidogène AzlI :

Pf^^AzH* p., „,^AzH*

Urée. Gii.iiiiiline

Cette analogie se manifeste par l'existence de dérivés guanidij ques analogues aux uréides que nous venons de décrire.

CRÉATINE ET CRÉATISINE. 655

Ainsi, à l'hydantoine ou glycolurée correspond une giycolylguanidine qui a reçu le nom de glycocyamidine :

-AzH-Ce» /AzH-CH*

°^-AzH-CO *^"=^VAzH-CO

Hyilaiitoine. Glycocyamidine.

A l'acide hydantoïque ou uracétique 'îorrespond un acide guanidine-acétique qui est la glycocyamine .

"^-AzH.ce».co*n '*"' Azu.ca*.co'e

Acide hydantoïque Glycocyamine

(uracétique). (ac. guanidine-acétique)

La glycocyamine se forme lorsqu'on mélange des solutions aqueuses de glycocolle et de cyanamide :

P^AzH ^ CH*-AzH« . „ ..AzH«

Cyanamide. Glycocolle. Glycocyam ne

Nous ne pouvons que mentionner ici ces dérivés de la guanidine, mais nous décrirons leurs homologues lacréatine et la créalinine, qui sont des corps importants connus depuis longtemps.

CREATINE ET CREATININE.

La créatine résulte de la fixation directe de la cyanamide sur le méthylglycocoUe ou sarcosine (page 625) en vertu d'une réaction découverte par M. Volhard et tout à fait analogue à celle qui donne naissance à la p'Iycocyamine :

„=.A2H ^ CH»-A2H^CH») ^znt

^=^AzH "^ C0*H ~ *"'-'" "A2(ce»)-CH*-C0'0 Cyanamide. MéthylglycocoUe Créatine.

(Sarco.'iMe).

La créatinine OU méthylglycocyaraidine résulte de la déshydratation de la créatine :

^-cC;;gg,^.co'-GO.OH - H«o = -^-«^'Az/cnvôi*

Créntine. Créatinine.

CréaUne, C*H^Az'0- + H-0. — Ce corps a été découvert par

|M. Chevreul dans le bouillon. Il existe tout formé dans les muscles

el passe dans l'extrait de viande. Pour le préparer on traite la

solution de cet extrait par le sous-acétate de plomb, on filtre, on débarrasse la liqueur de l'excès de plomb, par l'iiydrogène sulfuré, et l'on évapore à une douce cbaleur jusqu'à cristallisation. On sépare les cristaux de l'eau mère, on ajoute à celle-ci de l'alcool, qui détermine la précipitation dune nouvelle quantité de créaliue. (Neubauer.)

La créatine cristallise en prismes clinorhombiques, incolores, brillants, qui renferment une molécule d'eau. A 100° ils la peident et deviennent opaques.

Sous l'inlluence des acides ou par une longue ébulliiion avec de l'eau, la créatine se convertit en créaliuine :

CiH^Az^O" := C^irAz-'O 4- IM

Créatine. Créatinine.

Lorsqu'on fait bouillir la créatine avec de l'eau de baryte, elle se convertit en sarcosine en même temps qu'il se dégage de l'ammoniaque et qu'il se sépare du carbonate de baryum. On admet que le gaz carbonique et l'ammoniaque se produisent, dans celte circonstance, aux dépens de l'urée, forinée directement par le dédoublement de la créatine :

C^IPAz^O^ -}- U^O = C^lPAzO* + CH*Az-^0

Créatine. Sarcoîiiie. Urée.

Sarcosine. — La sarcosine est le méthylglycocolle. Elle est isomérique avec la lactamide et l'alanine (page 620). On l'aobleime artificiellement en traitant l'acide moiiocliloracétique par la métbylamine (Volbard) :

CH*C1-C0.0U + AzH«(CH») = • ^ ^ ' + UCl

Acide Mélliylaniiiio. Sarcosine.

monocliloracéliriue

La sarcosine cristallise en prismes orthorhombiquos fusibles ver 100°, très solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool.

Créatinine, C*ll'Az^0. — Ce corps existe dans le tissu musculair«3 indépendamment de la créatine. On peut le précipiter des eau.x" mères d'oii celle-ci s'est déposée, en y ajoutant une solution alcoolique de chlorure de zinc, avec lequel la créatinine Ibrnie une combinaison cristalline.

La créatinine est en prismes clinorhombiques. Elle est beaucoup plus soluble dans ralcool que la créatine. Elle est douée de

ALCOOLS D'ATOMICITE SUPÉRIEURE. 657

propriétés basiques et forme avec l'acide chlorhydrique un composé cristallisable.

La ciéatine et la créatinine ont été rencontrées non seulement dans les muscles, mais encore, en petite quantité, dans le cerveau, dans le sang, dans l'urine.

ALCOOLS D'ATOMICITÉ SUPÉRIEURE

On connaît avec certitude un alcool tétratomiqiie. C'est l'éryllirite, dont M. de Luynes a reconnu la véritable nature (page 46 7).

La glucose, que M. Berthelot a envisagée comme un alcool liexatomiqne, paraît remplir une fonction mixte : elle est à la fois aldéliyde et alcool peiitatomique (page (565).

La substance la mieux caractérisée comme alcool hexalomique (p. 467) est la mannite, matière sucrée cristallisable, qu'on a retirée de la manne. La glucose se rattache à la mannite, dont elle ne diffère que par 2 atomes d"hydrogène en moins. La constitution de la mannite peut être exprimée par la formule suivante :

Csfl'*06 = C6H8(0H)6.

11 résulte des expériences de M. Linneraann que diverses matières sucrées, possédant la composition C^Hi-Os, fixent directement H*, sous l'influence de l'amalgame de sodium et de l'eau, et se convertissent en mannite. Ce dernier corps est caractérisé comme alcool hexatomique par la propriété qu'il possède de former des combinaisons neutres avec 6 molécules d'un acide monobasique, tel que l'acide acétique. En d'autres termes, la mannite renferme 6 groupes oxhydryle, dont les atomes d'hydrogène sont capables d'être remplacés par 6 radicaux d'acide monobasique.

On peut exprimer sa constitution en admettant qu'elle renferme deux groupes d'alcool primaire CH*-OH, unis à quatre groupes d'alcool secondaire CU.OII :

CB«.OH

CH.OH

CH.OH

en OH cii.on (:n*.0H

Ujii..ile.

ÉRYTHRITE.

C*H"0* = CMI^OII)*

Ce beau corps a été découvert en 1849 par M. Stenhouse, qui l'a signalé parmi les produits de dédoublement de l'acide érythrique ou érythrine, que l'on rencontre dans certains lichens. En 1852, M. Lamya retiré d'une algue, le Protococcus vulgans, une substance qu'il a d'abord nonuiiée phycite et dont il a reconnu l'identité avec l'érythrite.

Préparation. — Pour préparer l'érythrite, M. de Luynes retire d'abord l'érythrine d'un lichen, le Rocella Monlagnei, ei la. décompose, encore humide, par la chaux éteinte, en vase clos à la température de 150°. Dans ces conditions, l'érythrine se dédouble en acide carbonique qui reste uni à la chaux, en orcine etenérylhrite qu'on sépare par cristallisation, l'orcine se déposant la première. On purifie l'érythrite en l'épuisant par Téther, qui lui enlève un reste d'orcine.

Propriétés. — L'érythrile cristallise en prismes droits à base carrée. Ces cristaux sont durs, faiblement sucrés, très-solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool absolu bouillant, insolubles dans l'éther. Ils fondent à 150°.

L'érythrile peut s'unir aux acides pour former des corps neutres analogues aux éthers (Berthelot).

Lorsqu'on la chauffe avec une solution concentrée d'acide iodhydrique, elle se réduit en iodure de butyle secondaire (page 555) (De Luynes) :

C4H»oO* -+■ 7HI =z C*1FI + m^-O + 51-

odure Tle se àaire.

Érylhrite. Iodure de

bulTle secon

Page 1