‹ Leçons élémentaires de numismatique romaineChapitre 2 sur 70 · XI · texte numérisé non relu

XI

Tiaies étrangères ) V^S unité nionëtan-e, pesait une livre ou douze onces de cuivre. Le sesterce de deiiœ as et demi pesait donc alors , et valait trente onces de cuivre ;

Que les premiers deniers d'argent ne furent fabriqués que long-temps après , vers l'an de Rome 485 : ils étaient taillés de 84 à la livre d'argent, pesaient par conséquent uji septième d'once , et valaient dix as , ainsi que l'indique leur nom ;

Que , pendant la première guerre punique , vers l'an l\^o , les besoins de l'Etat forcèrent de réduire subitement Vas à deux onces, c'est-àdire au sixième de son poids primitif;

Qu'en 537 , pendant la seconde guerre punique, et sous la dictature de Fabius , ce même as fut réduit au poids , à! une once : mais , eu même-temps, il fut décidé que le denier vaudrait seize asj

Enfin que , vers l'an de Rome 563, la loi Papiria réduisit Xas à une demi-once.

Mais, arrivé à cette époque, Pline abandonne l'histoire de la monnaie, et nous retire son flambeau.

xr.

Examinons maintenant les monumens euxmêmes. Quant aux monnaies d'argent, elles confirment parfaitement le récit de notre auteur»

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On lioiive fréquemment des deniers d'argent, des quinaires ou demi-deniers, et des sesterces ou quarts, avec le poids, les types et les marques numérales qu'il indique :

Savoir, des deniers portant, d'un côté, une tête casquée , et le plus souvent de l'autre deux cavaliers ou un char , notés tantôt X, tantôt XJ^I ( selon la valeur ancienne de dix as , ou nouvelle de seize as) , et pesant de soixante-treize h. soixante-quatorze grains (poids de marc) , des quinaires marqués Y ou VIH, et enfin des sesterces notés HS, LLS. (Abréviation de libra , lihra semis, c'est-à-dire, deux as et demi. )

En outre , et jusqu'à présent, il n'y a pas un seul exemple à citer d'une ancienne monnaie d'argent réellement romaine, qui contredise les assertions de Pline sur le poids des monnaies d'argent , car il est reconnu que les médailles dont Savot et quelques autres avaient voulu arguer, comme preuves de l'existence d'anciens deniers beaucoup plus pesans , il est reconnu, dis-je, que ces pièces ne sont pas de fabrique romaine , bien que quelques-unes portent le nom i^Oilîf^ ajouté par sujétion, comme noiu*. le remarquerons pour les monnaies d'or.

Mais les monnaies de bronze ne prësenteni pas le même accord avec le texte de Pline.

En effet nous remarquerons :

lO Oue si l'on trouve des as et leurs sous-multiples avec les types indiqués , et de tous les divers poids désignes par Pline depuis douze onces jusqu'à demi-once , l'on trouve aussi fort souvent d'autres as bien romains , d'un poids intermédiaire , et dont l'existence semble démontrer que les réductions de cette unité monétaire, ne lurent pas aussi subites qu'il le raconte.

Bien plus d'autres as fort anciens , marqués du nom ROM A , et de fabrique également romaine , présentent des types dont il ne fait pas mention.

Nous remarquerons encore:

2" Ou'il est également constaté par une multitude dW consulaires , avec ou sans nom de familles , mais toujours reconnaissables à la marque numérale I , à la tête de Janus , et à la proue de vaisseau leur type primitif, que vers les derniers temps de la république , Vas ne pesa plus qu'un quart d'once, c'est-à-dire ](; quarante-huitième de son poids premier ; 3" Que cependant certains as des derniers

temps, tels, par exemple, que ceux de Sextus- Pompëe sont d^ un poids approchant d'une once, et paraissent contredire non-seulement la dernière réduction de Vas au quarante-huitième du poids pïimitif , mais même relie de la loi papiria,

Tachons de concilier toutes ces difficultés.

Quant ù la dernière, on peut avec vraisemblance la résoudre, par cette considération que ces derniers as de Seœtus-Pompée , ne furent sans doute frappés que dans les provinces, et selon des règles ou des coutumes locales , qui ne sont point de notre objet, mais qu'il importait de respecter dans l'émission d'une monnaie de détail. Seoctus-Pompée ayant pris les armes pour venger la mort de son père , conserva pendant plusieurs années le gouvernement de quelques provinces, mais éloigné de Rome par ses rivaux , il n'y exerça jamais ni influence , ni autorité.

Des deux autres objections fournies par les médailles de bronze contre le récit de Pline , on peut encore éluder la seconde, c'est-à-dire,

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expliquer son silence sur la dernière réduction de Vas au quarante-huitième , en supposant que cet auteur n'a pas voulu donner l'historique de la monnaie , après l'époque de la loi Papiria, attendu peut-être que les changemens survenus en des temps plus rapprochés de ses contemporains , leur devaient être suffisamment connus. Mais la première, celle résultant de l'existence de beaucoup à' as anciens , de poids intermédiaire à ceux qu'il énonce , et qui prouveraient que les réductions de cette monnaie ne furent pas subites , mais bien successives et insensibles, cette objection, dis-je , reste dans toute sa force , et elle n'est pas la seule.

En effet , une nouvelle difficulté contre l'assertion de l'historien , ressort des différences énormes et peu vraisemblables, qui, dans un 1m)S de temps assez court , auraient existé entre les rapports du cuivre à l'argent.

Car si l'on voulait s'en tenir à la lettre de notre auteur, et fixer la fabrication du premier denier d'argent à l'an de Rome 485 , tandis que la première réduction de Yas n'aurait eu lieu qu'en 490 , il faudrait admettre contre toute vraisemblance que , pendant cinq ans ( depuis 4^5

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à 490 ) la livre d'argent avait valu huit centquarante livres de cuivre ! ! !

Quelque soin que l'on mette à ne pas se livrer aux simples conjectures, l'on sera donc re'duit à supposer , ou bien que les premiers deniers d'argent ( dont il ne nous resterait cependant aucunes traces ) furent d'un poids supérieur à ceux que nous connaissons , ou Lien que la fabrication de ceux-ci n'a eu lieu qu'à l'époque même de la réduction de 1'^^ à deux onces.

Alors la plus grande difficulté du récit de Pline disparaît; car la livre d'argent ( ou les 84 deniers), équivalant toujours à 84o as, ne valait que 1680 onces , ou i4o li\>res de cuivre, ce qui n'est plus invraisemblable.

En 537, époque où le denier valut seize as y et où Vas pesa une once , la livre d'argent valait 1344 cis ou onces c'est-à-dire, 112 livres de cuivre.

En 563 Vas ne pesant que demi-once , la livre d'argent ne valait plus que G72 onces ou 56 livres de cuivre.

Enfin dans les derniers temps de la république ou au commencement de l'empire, il semble que la livre d'argent ne devait plus valoir que 28 livres ou au plus 32 livres de cuivre,

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puisqiïè les aèniérs ^àrièrefit de la taille de 84 à 96 à la livre , c'esi-à-dire de 7 à 8 à l'once , et que des monumens incontestables, c'est-à-dire la monnaie de bronze elle-même nous apprend que Vas ne pesait plus que le quart de l'once.

Cette dernière proportion , quoique fort difFërente de celle qui existe maintenant , n'est cependant point impossible pour la capitale d'un empire, enrichi de toutes les dépouilles du monde connu , où les métaux précieux devaieni surtout abonder^ et où le bronze devait conserver de la valeur , puisqu'il était fort recherché pour la confection des ustensiles , des innombrables statues, et l'ornement des temples et des palais.

Il est d'ailleurs vraisemblable qu'un intérêt, facile à concevoir, put engager le gouvernement à diminuer le poids des espèces de cuivre , au dessous de la proportion naturelle du prix de ce métal. Les monnaies de cuivre offraient trop peu d'appas àl'intérêt des faux-monoyeurs pour qu'on put en craindre la contre-façon, et le profit de leur fabrication put s'augmenter par cet affaiblissement , sans exposer l'Etat à trop d'inconvéniens.

C'est ainsi que dans beaucoup d'Etats modernes la petite monnaie de cuivre ou de billon , n'a point une valeur intrinsèque proportionnée à celle des monnaies d'or ou d'argent.

Toutefois les différences de proportion entre les valeurs du cuivre et de l'argent , remarquées plus haut, sont encore bien grandes, même en n'admettant que les mieux établies, et en remettant comme nous l'avons fait la première de toutes, comme trop invraisemblable, et en expliquant la dernière. Cependant quand on se rappelle que , dans nos monarchies modernes , des circonstances malheureuses , ou de faux systèmes , ont introduit des variations subites entre la valeur des espèces et la monnaie de compte , par exemple , en France à l'époque du système deZfltv ; on peut croire qu'il n'y a rien d'impossible dans le récit de Pline , et que , s'il s'y rencontre des obscurités , nous en trouvons quelquefois dans l'histoire des monnaies et des finances de notre propre patrie.

Mais il est temps de passer aux monnaies impériales dont la connaissance exacte est particulièrement l'objet de nos recherches.

Au commencement de l'empire, les monnaies d'argent différèrent peu, en poids, de celles frap-

pées sons la république. Seulement les deniers au lieu d'être à la taille de quatre-vingt-quatre à la livre , comme nous l'avons déjà dit , tombèrent peu à peu à celle de quatre-vingt-seize et même de cent , et dans la suite ils baissèrent encore en poids, tout comme en titre.

Mais quoique leurs types , qui , depuis les derniers temps de la république, variaient continuellement , n'offrent plus de marques numérales , on reconnaît toujours et clairement l'ancienne division en deniers et en quinaires : et le denier valait toujours \^ as.

Quant aux pièces appelées par les antiquaires médaillons latins d'argent , il paraît prouvé que tous ceux du haut empire n'ont point été frappés à Rome , mais bien dans les provinces d'Asie; et que ceux de Gordien-Pie et de ses successeurs, bien réellement de fabrique romaine, n'ont pas été une monnaie usuelle, mais servaient aux libéralités du prince , ainsi que les médaillons de bronze.

Quant aux monnaies impériales de bronze , celles même des premiers règnes ne conservant aucun vestige des anciens types , et ne se trouvant ni fort égales^ en poids, les unes aux autres, dans chaque module , ni des multiples exacts

de Vas dont les lois ou les exemples cites plus haut indiqueraient la pesanteur, il est presque impossible de fixer d'une manière rigoureuse et de démontrer le rapport de chaque espèce de médailles à Vas , et par conséquent au sesterce de compte , qui en valait quatre.

Ce manque de régularité et d'exactitude dans le module et dans le poids , et qui provient sans doute de l'imperfection des procédés mécaniques de leur fabrication , ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, est le plus grand obstacle à des comparaisons exactes qui pourraient conduire à la fixation des valeurs. En un mot, on est réduit aux approximations. .,

Cependant pour avoir un terme moyen, ayant pesé un grand nombre de médailles, dites de grand bronze, des premiers empereurs, et les mieux conservées possible , on reconjiaît qu'on i

ne s'écarterait pas beaucoup de la vérité à les estimer, l'une dans l'autre , du poids de sept de nos gros, ce qui est à peu près le poids de l'once romaine, d'après les données les plus «

vraisemblables. Ces pièces pesaient donc environ quatre as selon la dernière réduction ; d'où l'on peut conclure que la monnaie appelée actuellement médaille de grand bronze, passait %»*

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