‹ Leçons élémentaires de numismatique romaineChapitre 65 sur 70 · ARTICLE IX · texte numérisé non relu

ARTICLE IX

Des inédallles qu^on a inventées , et de celles dont on trouve peu défausses.

* Je ne ferai, en quelque façon, qu'indiquer les

médailles qu'on a inventées à plaisir , pour en imposer à des curieux novices , qui sont charmés d'acquérir des médailles sin<:rulières. Telles sont des médailles grecques de Priam , de Paris , d'Hélène , 4. (ÏEnée , d'Hercule et de plusieurs autres rois , ca- épitaines ou philosophes , qui ont , dans le temps , rempli l'univers de leur nom , mais dont on n'a pas eu soin de conserver la mémoire sur le métal. 11 y •' en a pareillement de latines d Annihal, de Scipion , de Cicéron , et d'autres semblables héros des repu- , , bliques de Carthage et de Rome , qui sont de la même classe.

Toutes ces pièces, qu'on sait n'avoir jamais existé antiques , portent d'ailleurs des marques si visibles de fausseté, ayant été pour la plupart moulées, qu'il n'est pas possible de les méconnaître; et il serait inutile que je m'étendisse davantage sur leur compte , parce qu'un curieux qui entre dans la carrière des

médailles , ne tarde pas à être instruit de la fausseté de toutes ces têtes.

Les médailles consulaires, dont on ne forme ordinairement de suite qu'en argent, parce qu'on en trouve peu en bronze, et encore moins en or, n'ont point été contrefaites si fréquemment que les médailles des rois grecs et les impériales. Comme on a moins d'empressement à rechercher cette espèce de médailles , dont il y a peu de belles suites , les faussaires n'ont pas eu autant de soin de les contrefaire que les autres. Outre qu'on en trouve peu d'une conservation assez parfaite pour être propre à former un beau moule, c'est de plus qu'à l'exception de celles qui ont été restituées par ordre de l'empereur Trajan , et de très-peu d'autres, toutes ces médailles ne Talent guère que leurs poids , ce qui n'a pas donné lieu aux faussaires de les imiter. Je ne crois pas qu'il y en ait de coin moderne , mais je n'assurerai pas non plus qu'on ne puisse en trouver quelquesunes de moulées ; ainsi , un curieux qui donne dans le goût des médailles consulaires, risque bien moins d'être trompé que dans les autres collections.

Les médailles qui ont été fabriquées dans les colonies romaines , sont , sans contredit , les monumens les plus curieux qui nous restent des débris de l'empire romain ; elles ont été encore moins sujettes à être contrefaites que les médailles consulaires , par le goiit de rudesse de leur fabrique, qu il serait, en quelque façon , impossible d imiter. On en trouve très-peu de belles , et on est heureux ,

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quand , sur celles qu'on acquiert , les figures en sont un peu conservées , et les légendes lisibles. C'est l'espèce de médailles la plus savante que nous ayons, mais la plus disgracieuse pour la beauté des pièces , et par conséquent la moins aisée à contrefaire, parce qu'un habile ouvrier ne sera jamais capable d'imiter que ce qu'il y avu'a de plus beau. On peut donc regarder toutes les médailles des colonies comme antiques , et je ne me souviens pas d'en avoir vu de fausses; si on en trouve quelques grecques, telles que celles de la colonie d'Antioche , de Samosate , ou d'autres de cette espèce qui paraissent moulées, elles n'en sont pas moins antiques, comme je l'ai dit dans l'article précédent.

Les médailles qu'on nomme Quinaires , qui est l'espèce la plus petite que nous ayons , ont été imitées comme les autres médailles impériales. Il s'en trouve nombz'e de moulées, soit en or, soit en argent ; il est même nécessaire de les examiner avec plus de sévérité que les médailles ordinaires , parce qu'elles sont plus rares. On ne voit que peu de ces médailles répandues dans les dif férens cabinets ; M. Vaillant en avait amassé une suite à M. le duc du Maine : elle se trouve aujourd'hui ( considérablement augmentée ) dans le cabinet du roi d'Espagne. Il se trouve , parmi les médailles d'argent des familles consulaires, des pièces dont les rebords sont dentelés ; on en voit même de cette façon dans les premières têtes impériales, telles que Jules ^ Marc-Àntoine et Auguste. Ces médailles ont,

dans le temps de leur fabrique, été rajustées de cette manière par les monétaires romains , pour indiquer que c'était de la monnaie légitime , et qui n'était point sujette à être fourrée. Ces médailles sont sûrement antiques, et n'ont jamais été contrefaites.

Les médailles que nous appelons Contorniates , du mot italien qui marque la manière dont elles sont frappées , sont de deux espèces : il y en a de grecques , que l'on croit avec raison avoir été fabriquées, dans la Grèce, à l'honneur des grands hommes qu'elles représentent; et d'autres qui ont été frappées pour des empereurs romains : ce sont ces dernières qui se trouvent plus facilement , et qu'on range dans la suite du gi^and bronze , ou parmi les médaillons. Les antiquaires sont fort partagés sur le temps où ces médailles ont été fabriquées ; les uns prétendent qu'elles ont été restituées par Gallien , dans le temps que ce prince fit restituer toutes les consécrations de ses prédécesseurs ; d'autres l'eculent, je crois , avec plus de raison , le temps de leur fabrique jusqu'à Valentinien. Quoi qu'il en soit , ces médailles , qui sont de la fabrique la plus singulière et la moins imitable, n'ont point, à ce que j'ai remarqué, été contrefaites ; j'en ai seulement vu quelques-unes, dont les figures avaient été effacées par le temps , et qu'on avait retravaillées au burin ; ce qui est aisé à reconnaître par les traces du burin même, qui sont encore récentes, et qu'on remarque aisément. Toutes ces médailles sont i\ires et curieuses; on n'en forme point de collections particulières,

mais on les place , comme je viens de le dire , parmi les médaillons , ou avec les médaillons de grand bronze.

Les dernières espèces de médailles antiques, dont plusieurs sont parvenues jusqu'à nous, sont des médailles de plomb. Les faussaires en ont fabriqué dans ces derniers temps qui ne valent pas la peine d'être regardées, et qu'on doit rejeter avec mépris. Celles qui nous restent antiques sont en petit nombre. J'en i^,,.

ai y\x A' Antonin eX. de quelques autres empereurs ; elles se reconnaissent aisément au plomb qui est blanchâtre et terreux, et à la fabrique qu'il est bien plus difficile d'imiter en plomb que dans les autres métaux.

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