‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 101 sur 123 · PREMIER ORDRE. — PTÉROPODES · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE. — PTÉROPODES

Cet ordre comprend un petit nombre de Mollusques libres , nus ou à coquilles , ayant des expansions membraneuses propres à la natation; ils n’ont point de pieds pour ramper, ni de bras pour saisir leur proie. Ces expansions membraneuses ou nageoires ne sont que des prolongements du manteau, modifiés et transformés en organes de mouvement. Tous les Ptéropodes sont pélagiens ; ils ne se trouvent sur les rivages que rarement, et seulement lorsque les tempêtes ou les courants les y portent. Ils nagent librement au milieu des eaux, et viennent à la surface dans les instants de calme, et surtout au coucher du soleil. Ils sont très-vifs dans leurs mouvements et se lisent quelquefois aux corps flottants, tels que les fucus, en les embrassant avec leurs nageoires. (Rang.)

Tous les Ptéropodes sont très-petits; mais, en compensation, ils se multiplient tellement, qu'ils semblent faire, en grande partie, les frais de 1 alimentation des Baleines. Ces géants des mers les recherchent et les avalent par milliers; 1 espèce la plus commune est connue des matelots sous le nom de Pâture de la Baleine.

Les Ptéropodes, dit M. d’Orbigny, ont un mode particulier de natation, en rapport avec leur forme; leurs nageoires ne peuvent faire avancer et soutenir l’animal auquel elles appartiennent que par des mouvements continuels comparables à ceux des ailes des Papillons. Ces nageoires remuent continuellement avec une aisance et une promptitude remarquables; et, suivant la direction qu’elles affectent, l’animal s’avance horizontalement, monte ou descend, le corps restant, pendant tout ce temps, vertical ou légèrement incliné. D’autres fois, il tournoie sans changer de place ou même se soutient à une hauteur constante sans mouvements apparents ; mais cette immobilité ne se remarque que chez un petit nombre d’espèces, et toutes au contraire présentent le plus souvent le mouvement papillonnant. 11 est probable que lorsque l’animal inquiété a descendu assez profondément pour se croire en sûreté , il déploie de nouveau ses ailes et nage pour se soutenir, au lieu d’aller gagner le fond.

PREMIÈRE FAMILLE

'a/t'neJ.

1er GENRE. Hyalœa , Lamarck.

(. Hyalus , verre )

Petite coquille cornée, très-mince, transparente, globuleuse ou allongée, ouverte antérieurement, fendue sur les côtés ; l’extrémité postérieure tricuspide.

Le Mollusque a deux grandes nageoires (pieds), placées de chaque côté de la bouche; la tête est peu distincte et les branchies correspondent aux fentes latérales de la coquille.

Les bords du manteau s’épanouissant par ces mêmes fentes, donnent naissance à un épiderme mince qui recouvre extérieurement la coquille. Ces petits Mollusques

Fio.,781. llyalo à trois pointos. Fig. 782.

Fig. 783. Hyale globuleuse. Fig. 784.

sont généralement d'un jaune bleuâlre ou violet.

Les Hyales ne se trouvent généralement qu’à de gi elles sillonnent la surface de la mer, avec une grande

’andes distances des rivages ; vitesse, à l'aide de leurs na-

geoires, qu’elles agitent sans cesse. Au moindre danger, l’animal retire scs nageoires sous la lame antérieure de la coquille, etcoule promptement au fond de la mer.

Les Hyales vivent dans l’Océan Atlantique , les mers de la Nouvelle-Hollande , et une espèce, dont nous donnons la figure (784), est assez commune dans la Méditerranée. On trouve peu d’Hyales à l’état fossile.

2e GENRE. ClVodote- Cléodora , Pérou.

( Cléodore , une des Danaïdes.)

Coquille très-mince, presque cartilagineuse, transparente, ayant la forme d’un demi-fer de lance. L’animal est gélatineux ; sa tête est distincte, et il a deux nageoires contractiles échancrées en cœur et attachées à la base du cou.

Ce charmant petit animal, dit Brown dans son Histoire naturelle de la Jamaïque, a rarement plus d’un pouce de longueur, y compris sa coquille. Son corps supporte une petite tête ronde, munie d’une espèce de petit bec pointu et de deux petits yeux d’un très-beau vert. Ses épaules sont garnies de deux expansions membraneuses, transparentes, au moyen desquelles l’animal se meut avec beaucoup de célérité dans l’eau et à sa surface.

Les Cléodores sont très-voisines des Hyales, et ces deux genres devront sans doute être confondus en un seul. On les trouve dans toutes les mers ; on en connaît peu de fossiles.

Fig. 785.

Cléodore bourse

3e GENRE. (Cteoeui ■ Creseis, Rang.

(Nom mythologique.)

Coquille très-eflilée , extrêmement mince, fragile et diaphane, en forme de cornet droit ou recourbé; l’animal a la même forme que la coquille, et il présente deux expansions membraneuses, ou nageoires.

Ces Mollusques sont très-petits; leurs mouvements sont vifs et saccadés ; ils ont la faculté de se fixer aux corps flottants à l’aide de leurs nageoires, qui embrassent l’objet auquel ils veulent s’attacher. Lorsqu’ils sont inquiétés par l’approche de quelque danger, ils rentrent spontanément leurs nageoires , et leur poids seul les fait descendre vers le fond de la mer.

Fig. 78C. Crcsci? sub'ulrte.

4e GENRE. (5iun éxw- Cuvieria , Rang.

(Cuvier.)

Très-petite coquille en forme d’étui cylindrique, un peu aplatie près de son ouverture , qui est cordiforme , et dont les bords sont tranchants; le coté opposé à l’ouverture est fermé par un diaphragme convexe à l’extérieur, non terminal et débordé par l’extrémité du cylindre. L’animal est allongé ; il est muni de deux nageoires assez grandes, et d’un lobe intermédiaire demi-circulaire. Les branchies sont extérieures et placées à la base de ce lobe.

Les Cuviéries sont très-communes dans la mer des Indes, l’Océan et les mers du Sud; on en connaît une espèce fossile des sables coquilliers du Piémont.

Ces petites coquilles n’ont que quelques lignes de longueur ; la ligure que nous en donnons est fortement grossie.

Fig. 787. Cuviérie eolonette.

5e GENRE. Ciuiü w. Euribia , Rang.

(, Euribie , fille de l’Océan.)

Coquille membraneuse, mince, transparente, régulière et en forme de calotte renversée. L’animal est blanc ; il a deux nageoires horizontales à la base desquelles est la bouche ; le lobe intermédiaire est très-petit et de forme triangulaire. Les Euribies habitent l’Océan Atlantique.

Fig. 788. Euribie de Gaudichaud.

6e GENRE. .çb^iiedcNv. Spù'citella, de Rlainville.

(Spira, spire ; lelum , arme.)

Coquille papyracée, très-fragile, planorbique , subcarénée , enroulée un peu obliquement, de manière à être largement et profondément ombiliquée d’un côté, et pourvue de l’autre d’une spire un peu saillante et pointue; ouverture grande, élargie de chaque côté. L animal est allongé, muni de deux nageoires subtriangulaires, et il a sa partie posté- 1 IC|ire contournée en spirale.

Le nom de Limacine avait été donné à ce genre par Lamarck et Cuvier ; mais comme ces Mollusques ne rappellent point l’idée d’une Limace par leur aspect , et pour éviter la confusion que pourrait occasionner l’analogie de nom, M. de Blainville a proposé celui de Spiratelle.

Les Limacines sont très-communes dans les mers du Nord.

7e GENRE. (CayiuGulie. Cxymbulia, Péron.

(Cymbula, gondole.)

Coquille cartilagineuse, très- transparente, oblongue, en forme de sabot, tronquée au sommet, à ouverture latérale et antérieure. L’animal est transparent, terminé en avant par une tète peu distincte, pourvue de deux tentacules, de deux yeux et d’une trompe; en arrière, par un appendice natatoire filiforme et pourvu de chaque côté d’une nageoire fort large, sur laquelle les branchies sont disposées en réseau.

On ne connut pendant longtemps qu’une seule espèce de ce genre ; elle avait été trouvée près de Nice par MM. Péron et Lesueur; depuis, MM. Quoy et Gaymard en ont découvert plusieurs espèces à Amboyne et à la Nouvelle-Hollande.

Fig. 791. Cymbulie de Péron.

DEUXIÈME FAMILLE

1er GENRE. isL^Cio- Clio, Bruguières.

(Nom mythologique.)

Les Clins sont des Mollusques sans coquille; leur corps est gélatineux, de forme oblongue; l’extrémité postérieure se termine en pointe; l’antérieure présente un étranglement ou cou qui supporte une tète garnie de plusieurs tentacules rétractiles. La bouche est terminale. Deux nageoires triangulaires, placées sur les côtés du cou, sont en même temps les organes du mouvement et de la respiration, car leur surface présente un réseau branchial qui communique avec le cœur. Les Clios ont le corps d’un beau bleu ou violet foncé, mêlé de rouge vif. Ces petits Mollusques sont très-nombreux dans les mers du Nord; par les temps chauds et calmes, ils s’élèvent en grand nombre à la surface de l’eau, comme s'ils venaient y respirer, et replongent aussitôt. Les Baleines en sont très-friandes, et la grande consommation qu’elles eu font a valu particulièrement Clio long, sue. à ces petits Mollusques le nom de Pâture de Baleine.

2e GENRE. ^Çueuiuo Demie. Pneumodermon , Cuvier.

(nv6Ù(Aiûv, poumon; Stpua, peau.)

Mollusque nu, à tète distincte. Bouche terminale, a deux lèvres. Deux faisceaux de tentacules rétractiles placés aux côtés de la bouche. Point d’yeux. Deux ailes opposées, petites, ovales, insérées sur les côtés du cou. Deux lignes branchiales situées extérieurement sur la partie postérieure du corps. Anus latéral, s’ouvrant au-dessous de l'aile droite.

Les Pneumodermes, comme les autres Ptéropodes, ont des mouvements rapides. On les trouve dans la Méditerranée et à Amboyne.

Fin. 793. Pneumoderme de Péron,

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