‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 102 sur 123 · DEUXIÈME ORDRE. — GASTÉROPODES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ORDRE. — GASTÉROPODES

L’ordre des Gastéropodes a été établi pour tous les Mollusques qui rampent sur un disque abdominal, ou pied. Les Gastéropodes ont une tête assez distincte, surmontée d’une ou de plusieurs paires de tentacules; presque toujours des yeux placés, soit à l’extrémité, soit à la base des tentacules, ou près deces organes. Leurcorps est droit ou spiral. Us ont des poumons ou des branchies, suivant le milieu dans lequel ils vivent. Les uns, et c’est le plus grand nombre, ont une coquille d'une seule pièce, spirale ou conique, avec ou sans opercule ; les autres sont nus, avec une coquille intérieure ou sans coquille ; d’autres enfin ont un test composé de plusieurs pièces ou valves.

L’appréciation plus exacte de l’organisation des Mollusques a amené la suppression de deux ordres établis par Larnarck, celui des Trachélipodes, et celui des Hëtëropodes, qui sont réunis maintenant aux Gastéropodes.

Nous avons déjà fait observer que la nature ne procède jamais par des transitions brusques, et quelle ne passe d’un type d’organisation à un autre qu’en apportant dans celui qu’elle commence quelques-uns des traits de celui qu’elle abandonne. Les Mollusques qui commencent cet ordre nous en fourniront une nouvelle preuve par leurs rapports avec les Ptéropodes.

L'ordre des Gastéropodes est le plus nombreux en espèces, et il renferme des Mollusques marins, tluviatilcs et terrestres; il se partage en un grand nombre de familles, dont nous allons donner successivement les caractères.

PREMIÈRE FAMILLE

L organisation des Firolidés rappelle celle des Ptéropodes; le pied dont ils sont munis présente encore la forme d’une nageoire, et il a une ventouse à son bord

supérieur ; mais ce n’est qu’une modification du pied des Gastéropodes; les branchies sont externes, pectinées ou en forme de panaches. Parmi les Mollusques de cette famille, les uns sont nus; les autres ont une coquille rudimentaire, beaucoup trop petite pour contenir l’animal, dont elle ne reçoit que les organes principaux.

4<,r GENRE. cJlecÊe. Sagitta , Quoy et Gaimard.

(Nom tiré de la forme.)

Mollusque nu, allongé, gélatineux, transparent, cylindrique, à tête seulement indiquée par l’appareil buccal. Queue horizontale, aplatie; quelquefois des nageoires latérales paires, ou supérieures impaires.

Fig. 794. Flèche extiplère.

Les Flèches vivent dans presque toutes les mers, et se montrent plus particulièrement après le coucher du soleil. Elles se fixent momentanément aux corps flottants à l’aide de leur bouche.

Ces petits animaux sont si transparents, qu’on les perd facilement de vue ; leurs mouvements ressemblent à ceux des Poissons.

2e GENRE, ff vtcîe. Firola, Péron et Lesueur.

(Etymologie inconnue.)

Mollusque nu, allongé, gélatineux, transparent, terminé en arrière par une queue plus ou moins longue et pointue ; muni d’une ou plusieurs nageoires. La

Fig. 795. Firole de Kéraudren.

bouche située à l’extrémité d’une trompe. Point de tentacules, ou seulement deux rudiments tentaculaires portant les yeux à leur base extérieure. Branchies en forme de panache, groupées avec le cœur sous le ventre.

Les Firoles sont très-transparentes, quoique teintées de couleurs irisées. Leurs rapports avec les espèces du g*enre suivant sont très-évidents. Les mouvements de ces animaux s’exécutent à l’aide de la nageoire placée vers le milieu de leur face abdominale, lorsqu’elle est unique. On trouve ces Mollusques dans la Méditerranée et l’Océan Atlantique. Il est difficile de les bien observer, parce que leur corps gélatineux et hyalin passe en quelque sorte inaperçu dans l’eau de la mer, et que leur décomposition est très-prompte.

HISTOIRE N ATI) H ELLE.

3* GENRE. Civàua vcc. Car inaria , Lamarck.

( Carina , carène.)

Coquille u ni valve, très-mince, très-légère, transparente, conique, aplatie sur les côtés, à sommet réfléchi, contourné eu spirale. Ouverture oblongue. Le bord

dorsal quelquefois caréné.

L’animal est allongé, gélatineux, transparent, et un peu comprimé sur les cotes. La tète est rétractile, se termine en trompe tronquée ; elle est munie de deux tentacules à la base desquels se trouvent les yeux. Vers le milieu de la face ventrale est attachée une large nageoire dont’ le bord postérieur se dédouble pour former un petit disque en forme de ventouse. Tous Fig. 796. Carinaire gondole,

les viscères, formant une masse pédoneulée, dorsale, sont contenus dans la coquille. On connaît un petit nombre de Carinaires ; la plus belle, et aussi la plus rare, vient des mers de l’Inde ; on la nomme Carinaire vitrée ; elle a encore une valeur de mille à douze cents francs. Les autres espèces sont plus communes ; elles viennent des mers australes. On en trouve aussi assez fréquemment une espèce dans la Méditerranée : cette dernière a le corps blanc, transparent comme le cristal, à l’exception de sa nageoire, qui est d’un rose pâle.

Les Carinaires vivent loin des rivages ; elles nagent presque continuellement, et se fixent quelquefois aux corps flottants à l’aide de la ventouse de leur pied- nageoire. . ,

DEUXIÈME FAMILLE

Cette famille ne se compose que d’un seul genre, dont les caractères sont :

GENRE cJWl aille. Atlanta, Lesueur.

(Atlantides.)

Coquille transparente, très-fragile, discoïde, comprimée, fortement carénée, à ouverture écbancrée ou fendue antérieurement, abord tranchant. Spire terminée par un bouton au fond de l’ombilic du côté droit. Opercule vitré, mince, fragile, poi tant I impression musculaire dans son centre.

L’animal a le corps comprimé latéralement, spiral, portant une nageoire assez

glande, foliacée, et munie d une ventouse à son bord postérieur; tète en forme de longue trompe ; deux tentacules cylindriques en avant d’yeux fort gros, comme pédiculés à leur base ; bouche à l’extrémité de la trompe ; les branchies, en forme de peigne, dans la cavité pulmonaire.

Fio. 797. Atlanta do Kérandren. Les Atlantes sont communes dans les mers chaudes, où elles vivent en troupes nombreuses ; elles nagent avec rapidité.

TROISIÈME FAMILLE

Cette famille ne comprend qu’un seul genre, dont les caractères sont :

GENRE itljiyffitoc/. Phyliiroe , Péron et Lesueur.

(Fille de l’Océan.)

Mollusque gélatineux, transparent, très-aplati sur les côtés. La tête est surmontée

de deux tentacules qui ressemblent à des cornes. Cet animal nage vaguement dans les eaux, et il a une transparence si grande qu’on n’aperçoit guère que sa tête et ses branchies, qui paraissent au travers de son corps. Sa nageoire caudale paraît coupée comme celle de beaucoup de poissons. Ces Mollusques se trouvent dans la Méditerranée et l’Océan.

QUATRIÈME FAMILLE

Cette famille comprend tous les Mollusques gastéropodes dont les branchies sont symétriques, extérieures, et placées au-dessus du manteau, soit sur le dos, soit sur les côtés, sans cavité particulière. Tous les Tritoniens habitent la mer et ne respirent que l’eau ; ils n’ont point de coquille ; leur corps est allongé, et leur tète est munie d’une ou deux paires de tentacules. Quelques-uns de ces animaux habitent les rivages et rampent au moyen d’un pied assez développé; d’autres habitent la haute mer et s’attachent aux fucus par un pied étroit ou allongé, ou bien ils nagent le corps renversé et le pied à la surface de la mer; dans ce cas, les bords de leur manteau et de leurs branchies leur servent de rames.

1er GEN l\E. ÇjiaucyA-6. Glaucus , Laraarck.

(Dieu marin.)

Mollusque allongé, gélatineux, terminé postérieurement par une queue grêle. Tête distincte, munie de quatre tentacules coniques et symétriques. Branchies palmées, disposées par paires sur les côtés et servant aussi de nageoires. Les Glauques sont remarquables par pélégance de leur forme et par les riches couleurs dont ils .sont ornés. L’espèce dont nous donnons la figure est d’un gris perle, avec deux bandes longitudinales d’un beau bleu. Ces animaux vivent en troupes nombreuses dans l’Océan et la Méditerranée ; ils nagent avec assez de vitesse.

Fig. 799. Glauque d^ Forster.

ïlhx'i

axée. Briarœa , Quoy

et Gaimard.

( Br tarée , géant à cent bras.)

Mollusque gélatineux, transparent, aplati, scolopendriforme, portant à la partie antérieure deux points noirs qui sont probablement des yeux, et quatre tentacules courts, larges et triangulaires, les postérieurs antenniformes. Corps terminé par une queue déliée, et pourvu de chaque côté d’un grand nombre d’appendices branchiaux bifurques. Bouche arrondie et membraneuse.

Ce Mollusque est très-transparent; tout son corps est blanc; les tentacules sont rouge-brun, ponctués de la même couleur. Il nagé avec une grande vitesse. On le trouve dans la Méditerranée, prèsdu détroit de Gibraltar.

Fig. 800. Brimée scolopendre.

5* GENRE. colYîle. Eolis , Cuvier.

(Nom mythologique.)

Mollusque ayant la forme d’une Limace hérissée, gélatineux, rampant, terminé en pointe postérieurement; tète munie de deux ou trois paires de tentacules. Pied

Fig. 801. Eolidc Inca.

tiès-allongé. Branchies papilleuses, saillantes, disposées par rangées sur la partie supérieure du corps.

Les Éolidcs sont presque toujours en mouvement; leur mollesse est telle qu’on

ne peut observer leurs formes que lorsqu’elles sont dans l’eau, qui soutient et développe toutes leurs parties; autrement elles retombent sur elles-mêmes et s’agglomèrent par la viscosité qui suinte de toute la surface.

Ces animaux s'attachent aux fucus. On les trouve dans presque toutes les mers.

GENRE. Cïûtouôe.

Tritonia, Cuvier.

(Triton.)

Mollusque ayant la forme d’une Limace,. rampant, à tête courte et peu distincte, surmontée de deux tentacules rétractiles. Branchies dorsales en houppes rameuses sur deux rangées. Bouche armée de deux mâchoires latérales, cornées, tranchantes et denticulées sur les bords. Pied allongé et canaliculé.

Ces Mollusques, comme ceux qui précèdent, vivent sur les plantes marines; on les trouve dans presque toutes les mers, et ils sont souvent ornés de fort belles couleurs, rouge, jaune et bleu.

Fio. 802.

Trilonie «le Hoinb«rg.

Fig. 803.

Scyllôa de Ghoinfoda.

5e GENRE. C^c-yfiee- Scyllœa, Cuvier.

(Nom mythologique.)

Mollusque gélatineux, oblong, à dos élevé en une crête hicarénée, très-comprimé sur les côtés, où l’on remarque quatre ailes symétriques. Tète peu distincte et munie de deux tentacules en massue. Branchies en forme de pinceau, éparses sur les ailes. Pied long, très-étroit, formant un sillon.

Les Scyllées se trouvent en très-grand nombre dans toutes les mers chaudes ; elles rampent sur les plantes marines errantes. Leur couleur n’offre rien de remarquable.

tjB GENRE. *C^>tfj-yo. Téthys, Linné.

(Nom mythologique.)

Fig. 804. Tôlliyj IYan|fée.

Mollusque charnu, quoiquegélatineux, semi-transparent, oblong, terminé antérieurement par un manteau large, demi-circulaire, en forme de voile, recouvrant et débordant la tète, et postérieurement rétréci en pointe. Bouche en forme de trompe et située sous lé voile. Deux tentacules en saillie au-dessus de la base du manteau. Branchies dorsales, saillantes, nues, en houppes rameuses, disposées en deux rangées longitudinales.

Ces Mollusques rampent au fond de la mer, mais ils peuvent nager et s’élever à la surface en se servant de leur voile. On les trouve dans la Méditerranée et dans la mer Adriatique.

7* GENRE, (focxié. Boris , Lamarck.

(Fille de l'Océan.)

Mollusque charnu, oblong, planulé, convexe ou prismatique, recouvert d’un large manteau dépassant très-souvent le pied et la tête. Quatre tentacules : deux supérieurs en massue, et rentrant chacun dans une fossette en calice ; deux inférieurs, coniques, sous le rebord antérieur du manteau. Branchies dorsales saillantes, en forme d’arbuscules réguliers, entourant l’orifice anal. tIG' 8C5- Dons tachelée-

Les Doris sont très-communes sur tous les rivages ; leur forme n'est pas élégante, mais leurs couleurs sont très-variées et très-vives. On en connaît un. très-grand nombre d’espèces.

CINQUIÈME FAMILLE

Les Mollusques de cette famille ont les branchies placées sous le rebord du manteau, et disposées en série longitudinale autour du corps; ils ne respirent que l’eau. Presque tous ont une coquille, multivalve chez les uns, univalve chez les autres.

Ier GENRE. Stl? yPlLcke. Phyllidia, Cuvier.

(Nom mythologique.)

Mollusque ovale-allongé , à peau dorsale coriace, variqueuse ou tuberculeuse, formant un bord saillant autour du corps. Branchies disposées sous le rebord de la peau en une série de feuillets transverses, occupant la circonférence du corps. Quatre tentacules : deux supérieurs, sortant chacun d une caVité particulière, et deux inférieurs et coniques, situés près de la bouche. Le disque charnu sur lequel rampe l’animal est

plus étroit à la partie où il s’insère qu’à celle par laquelle il pose sur le sol.

Les Phyllidies se trouvent dans la mer des Indes et dans celle de la Nouvelle-Hollande. Fig. soo. Phyiiîdie

* noire et blanche.

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