‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 104 sur 123 · FA M I L L K · texte numérisé non relu

FA M I L L K

a /y// A. «cr cm J.

Ij>> Calypli aciens ont les branchies placées dans nne cavité particulière sur le dos, dans le voisinage du cou, et saillantes, soit seulement dans cette cavité, soit même au dehors. Us ne respirent que l’eau, et leur coquille est toujours recouvrante et extérieure.

GENRE. X axuiopljote. Parmophorus , de Blainville.

( Panna , bouclier ; fero, je porte.)

Mollusque épais, ovale, allongé, peu bombé en dessus et couvert dans une plus ou moins giande partie du dos par une coquille extérieure, à bords retenus dans un repli de la peau ; manteau débordant tout le corps; tentacules épais, coniques, avec des yeux saillants à leur base externe. Coquille allongée, très-déprimée, clypéiformc ; le sommet reculé et incliné en arrière. Ouverture aussi grande que la

Fig. 820. Pa,nnopliore austral. Fig. 821. La coquille vue de face eide profil. Fig. 822,

coquille; bords latéraux droits et parallèles: le postérieur arrondi; l’antérieur tranchant, plus ou moins échaneré, ou au moins sinueux.

Les Parmophores sont apathiques et fuient la lumière en se cachant sous les pierres des rivages. Ils vivent de Polypiers flexibles, dont leur vaste estomac et leurs longs intestins sont toujours remplis. Ouïes trouve à la Nouvelle-Hollande, à la Nouvelle-Irlande et dans la mer Rouge. Les espèces fossiles, que l’on ne rencontre que dans les couches plus nouvelles que la craie, sont beaucoup plus petites et plus minces que celles que l’on connaît à l’état vivant.

2e GENRE. Cmaxiptmlc'. Emarginula , Lamarck.

( Emargino , je rogne ; bord échaneré.)

Coquille ovale, conique, plus ou moins élevée, à sommet incliné en arrière ; ouverture grande, avec une échancrure à son bord antérieur. L’animal est ovale, bombé ; il a des yeux gros, placés sur des tubercules cà la base extérieure des tenta-

, HISTOIRE NATURELLE. --I

cules, qui sont courts et coniques. Le pied est large, et muni dans sa circonférence d’appendices tentaculiformes. Le manteau est très-ample, et recouvre en partie la coquille par scs bords repliés. On trouve __

des Émarginules dans presque toutes les Fig. 825. Émarginule treilliwée. Fig. 824. mers. Les espèces fossiles sont peu nombreuses; elles viennent de Grignon et de Parues.

GENRE. (DeiifoiV. Dentalium , I.

( Dens , dent.)

mne.

Coquille tubuleuse, solide, lisse ou striée, que l’on a comparée à une dent d’élépbant. Ce tube est plus ou moins arqué, régulier, se terminant en pointe à son extrémité postérieure, ouvert aux deux bouts, et présentant souvent à son extrémité la plus petite une légère tissure longitudinale. L’animal a une tète distincte pédiculée; bouche munie de tentacules; point d’yeux; branchies composées de cirres symétriques. On ne sait rien des habitudes des Dentales; elles se rencontrent sur les côtes sablonneuses de presque toutes les mers, mais surtout dans les pays chauds. Ce genre est assez nombreux en espèces : nous citerons parmi les plus belles la Dentale éléphantine, décrite par Linné, et la Dentale de Delessert, que nous avons décrite depuis peu.

4e GENRE.

cF ItStUltcCl'c.

Fissurella , Bruguières.

(Diminutif de fissura , fissure.)

Coquille patelliforme ou en cône surbaissé, oblongue, largement ouverte en dessous et perforée à son sommet pour le passage de l’eau sur les branchies. L’animal est allongé, sa tète est tronquée en avant, les yeux sont si I nés à la base extérieure de deux tentacules coniques. Les branchies, pectinées dans leur partie supérieure, s’élèvent de la cavité branchiale, forment une saillie de chaque côté du cou, et correspondent à l’ouverture supérieure de la coquille, qui donne aussi passage à l’eau rejetée des branchies. Le manteau est très-ample et déborde la coquille; le pied est large et épais.

Les Fissurelles ont les mêmes habitudes que les Patelles, et habi- fig. 829. Fissureiie de Magellan. fig. 830.

tent les mêmes localités. Ce sont en général de jolies coquilles, ornées de rayons de diverses couleurs. On n’en connaît qu’un petit nombre de fossiles.

GENRE. CaSocIjoij. Pileopsis, Lamarck.

(riiXo;, chapeau; aspect.)

Coquille irrégulière , en cône oblique, plus ou moins élevé , à sommet incliné et un peu spiral en arrière ; ouverture large, irrégulièrement arrondie. L’animal a la même forme que la coquille; sa tête est distincte et munie d’une trompe qui

Fig. 831. Cabochon bonnet hongrois. Fig. 852. Fig. 855. Cabochon à trois côtes. Fig. 834.

termine la bouche. Les tentacules sont gros et portent les yeux sur de petits renflements placés à leur base extérieure. Le pied est grand et mince. Les branchies sont disposées en une rangée sur le bord antérieur de leur cavité , près du cou. Ce genre n’est pas très-nombreux en espèces. On trouve ces Mollusques dans presque toutes les mers ; les espèces fossiles sont communes aux environs de Paris, à Parnes,

à Grignon et à Houdan. 4^

Le Cabochon à trois côtes, dont no'us donnons la ligure, a été pendant longtemps considéré comme une Patelle.

6e GENRE. /yYpemee. fflpponix , Defrancc.

(Ittîto:, cheval ; ovul-, sabot.)

Coquille univalve, conique, non spirale, concave et simple en dessous, à sommet porté en arrière; support adhérent; impression musculaire en fer à cheval, tant dans la coquille que dans le support. L’animal est ovale ou suborbiculaire, ^conique

Fio. 835.

Fig. 836. Hipponicc corne d’abondance. Fig. 837.

ou déprimé; le pied fort mince, un peu épaissi vers ses bords; tète globuleuse, portée à l’extrémité d’une espèce de cou, de chaque côté duquel est un tentacule renflé à la base et terminé par une petite pointe conique; yeux sur les renflements tentaculaires ; le muscle d’attache en fer à cheval, et aussi marqué en dessus qu’en dessous.

A la première vue, les Hipponices semblent être des coquilles à deux valves; mais un examen plus approfondi démontre que la partie inférieure de cette coquille, qui n’a d’ailleurs pas de charnière, n’est autre chose qu’un support sécrété par le pied de l’animal. Dans ce cas, le pied anticipe sur les propriétés du manteau, et produit une surface calcaire adhérente, qu’on peut considérer comme une ébauche de l’opercule qui ferme l’ouverture d’un assez grand nombre de coquilles. L’animal des Hipponices, dit M. Deshayes, reste donc de toute nécessité attaché aux corps sous-marins, comme les Huîtres et les Cranies. Cette manière de vivre d’un Mollusque céphalé, et la propriété qu’il ade sécréter un support, lui donnent delà ressemblance avec une coquille bivalve sans charnière. Le support de ces Mollusques, très-épais dans certaines espèces, diminue insensiblement dans d’autres, et devient quelquefois très-mince. Nous connaissons certaines espèces qui, au lieu de sécréter un support, s attachent a d’autres coquilles et y creusent assez profondément la place sur laquelle elles vivent. Cette impression offre exactement la même foime et les mêmes accidents que le support. De ces espèces à celles qui vivent sédentaires et ne laissent point de traces sur les corps qui leur ont servi de point d’appui, il n’existe que bien peu de différence, et il est à présumer que dans l’organisation de ces animaux cette différence n'est pas considérable. C’est ainsi que s établirait le passage des Cabochons aux Hipponices, et que se trouverait justifiée 1 opinion de Lamarck, qui réunit ces deux genres en un seul, qu’il divise en deux sections. MM. Quoy et Gaymard ont découvert des Hipponices à l’état vivant, et, d’après leurs observations, quelques espèces du genre Patelle de Lamarck devront être classées dans le genre qui nous occupe, lorsqu’on parviendra à trouver ces coquilles réunies à leur support.

Jusqu ici on ne connaît que quelques espèces vivantes d’Hipponices ; elles viennent de la Nouvelle-Hollande : les espèces fossiles ne sont pas rares dans les environs de Paris, de Bordeaux, cl dans les faluns de la Touraine.

IIIST01R E N A TL BELLE.

7e GENRE. Crûlyptrœa, Lamarck.

[Calyptra, voile.)

Coquille irrégulière, conoïde, quelquefois spirale, à sommet vertical et un peu postérieur, à base subcirculaire ou oblongue ; intérieur lisse, contenant vers le sommet une lame de forme très-variable, en languette ou en cornet, sur laquelle se trouve l’impression musculaire.

L’animal est ovale ou suborbiculaire, plus ou

Fjg. 858.

Calyplrée rayonnante.

moins déprimé ; sa tète est large, bifurquée en avant ; les tentacules sont minces et portent les yeux sur un renflement du milieu de leur bord extérieur. Le pied est mince, surtout en avant. La cavité branchiale est très-grande, elle s’ouvre largement en avant et contient une branchie formée de longs filaments roides et exsertiles. Un seul muscle d’insertion subcentral.

Fig. 840.

Culyptrée cépacce.

Fig. 841.

Les Calyptrées n’ont point de couleurs remarquables ; elles sont généralement d'un blanc grisâtre ou brunâtre ; mais elles se distinguent par la présence de la lame fixée au fond de leur cavité, lame dont la forme et le mode d'insertion ont fourni le moyen d’établir quatre groupes principaux. Le premier comprend les espèces trochiformes, avec une lame intérieure en spirale plus ou moins étendue : lig. 858,859. Le second renferme les espèces dont la lame adhérente au fond de la cavité est ployée en gouttière ou en demi-cornet: fig.8-40, 841. Dans le troisième, on place tous les Calyptrées dont la lame intérieure, infundibuliforme et en cornet, est adhérente par son

sommet au fond de la cavité : fîg. 842. Enfin les espèces dont la lame en cornet est adhérente par un des côtés forment le quatrième groupe : fîg. 843.

On trouve des Calyptrées dans presque toutes les mers, et l’on en connaît un assez bon nombre d’espèces fossiles des environs de Paris et de Bordeaux.

Fig. 842. Calyplrée hispide.

Fig. 843. Calyplrée mince.

8e GENRE. Cï/epu)ii£c . Crepidula, Lamarck.

( Crepiclula , petite pantoulle.)

Coquille irrégulière, ovale ou oblongue, presque toujours convexe en dessus ayant une spire peu formée et très-inclinée sur le bord postérieur. La cavité est grande, à bords tranchants, et elle est en partie fermée par une lame ou cloison horizontale qui part du côté postérieur.

L’animal est ovale, un peu spiral au sommet ; il a deux tentacules coniques portant les yeux à leur base extérieure , la tète est bifurquée, le pied peu épais et le manteau mince. Une branchie en panache, saillante hors de la cavité branchiale, et flottant sur le côté droit -du cou.

Les Crépidules habitent les bords de la mer, et se trouvent ordinairement sur les rochers, où elles se fixent pour ne plus changer de place, et sur lesquels elles se moulent souvent.

On les trouve dans toutes les mers, mais elles sont plus communes au cap de Bonne-Espérance et sur les côtes d’Amérique; on en connaît quelques espèces fossiles.

9e GENRE. cAoiicife'. Ancilus, Lamarck.

(Ancile, bouclier.)

Petite coquille mince, en cône oblique , à sommet pointu et incliné en arrière ; l’ouverture est large et a les bords très-simples. L’animal est petit, entièrement recouvert par la coquille ; il a deux tentacules courts, tronqués, et portant les yeux à leur base externe. Le pied est court, elliptique et moins large que le corps.

Les Anciles sont de petites coquilles fluviatiles, très- Fig. 845. Anc.ie concentrique.

transparentes, flexibles, qui ont de grands rapports avec les Patelles,. On les trouve dans les eaux douces, particulièrement en France ; elles rampent sur les pierres et les plantes aquatiques; le genre est peu nombreux en espèces vivantes, et l’on n’en cite qu’une ou deux de fossiles.

Fig. 844.

Crépidulc porcelaine.

10e GENRE. eule fie. Scutella , Broderip.

( Scutella , écuelle.)

Ce genre a été établi pour une petite coquille nacrée et irisée intérieurement, qui a beaucoup de rapports avec les Anciles, et dont la forme se rapproche de celle des Patelles, et plus encore de celle des Navicelles.

Les Scutelles ont le sommet non spiral, peu élevé et incliné en arrière.

Il I ST U l II E NATURELLE.

HUITIEME FAMILLE

La famille des Bulléens se compose des Mollusques dont les branchies , placées dans une cavité particulière vers, le côté postérieur du dos, sont recouvertes par le manteau. La tète de ces animaux est à peine distincte et sans tentacules. Les uns n’ont point de coquille, les autres en ont une qui se trouve cachée par le manteau ; d’autres enfin ont une coquille apparente spirale, mais l’enroulement est si lâche qu’on ne trouve point de columelle.

1er GENRE. cjvDcete. Accra , Cuvier.

(A privatif, xspa;, corne, tentacule.)

Mollusque nu, sans coquille, divisé en lobes distincts, dont les latéraux sont

comme ailés inférieurement par les dilatations du pied. La tète est peu distincte, et indiquée par un disque tentaculaire antérieur. Les branchies sont placées sur le dos, un peu en arrière et à droite, et recouvertes par le manteau. Les trois espèces connues viennent de la

Fig. 848. Acéré aplyèiforme. Méditerranée.

2e GENRE. Æufl’ce. Bullœa , Bruguières.

(Diminutif de bulla, boule.)

Coquille très-mince, très-fragile, un peu enroulée en spirale d’un côté, sans columelle et sans spire; à ouverture très-ample. Cette coquille est cachée dans l’épaisseur du manteau et protège les branchies et les viscères principaux. L’animal est ovale-allongé, les lobes latéraux du pied se replient sur la coquille. Sa tête ne présente aucune apparence de tentacules ni d’appendices qui en tiennent lieu. L’estomac des Bullées présente une disposition très-remarquable; il offre intérieurement une armure composée de trois petits osselets destinés à broyer les aliments. On ne connaît qu’un petit nombre d espèces de Bul— BuiiéèGpia8nlnnc. lées, soit vivantes, soit fossiles : les premières sont des mers d’Europe et de l’Océan Indien ; les secondes se rencontrent à Grignon, à Mouchy et dans les terrains tertiaires du Plaisantin.

3e GENRE. L?/i>ulïe . Bulla , Bruguières.

[Huila, boule.)

Coquille ovale, globuleuse, généralement mince et fragile, plu# ou moins coin-

plétement enroulée, aspire ombiliquée ou peu saillante, ouverte clans toute sa longueur; à bord droit, évasé et tranchant.

L’animal a le corps ovale-oblong, obtus aux deux extrémités. La tète est peu distincte, et le plus souvent sans tentacules apparents. Les branchies sont situées

Fig. 852.

Bulle ampoule.

Fig. 855.

sur le dos, un peu à droite et en arrière, sous la coquille, qui se trouve en partie cachée par le manteau.

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