‹ Leçons élémentaires sur la rhétorique, la littérature et la versification française, précédées dChapitre 10 sur 34 · Qu'est-ce que le Genre Démonstratif · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que le Genre Démonstratif

R. C est celui qui comprend la louange ou le blâme. Tels sont les panégyriques,

30 UÇONS EiisiERTAIRES

tiotr, la Gonfirmation , la Réfutâtiim et hi Péroraison.

▲ftTlCXE PREMIia.

Bt Qu'eit-ce que V]

R« C'est un tableau abrégé de tout ce qui doit faire le sujet du discours^.

D. 'Quelles sont les qualités de TExorde ?

R. Il doit être propre^ ingénieuis, mb* deste, et proportionné au sujet

I* Il doit être propre, c'est-à-dire tiré du fond du sujet, et tellemenl fait pour l'orûteur , que la partie adverse ne puisse s'en servir.

2'* Il doit être modeste, c'est*à-dire écrit de manière à donner bonne opimon des talents dfe l'orateur.

5* Il doit être ingénieux, c'est-à-dîre qu'il en faut bannir tous les ornemeas qui ont un air trop recherché, les oîanrères trop impérieuses, et les promesses trop hardies, en un mot, cacher l'art sous l'ap- |)arence du naturel.

4* Enfin, il doit être proportionné au sujet,' c'est-à-dire ne pas se servir d'expressions recherchées pour exprimer une chose simple.

D. Combien distingue*t*on de sortes d'Exordes?

R. Il y a deux sortes d'exorde, le brusque, et le tempéré* Le brusque est fait pour

8Uft LA RHiTOAIQUB. Sa

les patsioDs véhémentes et pour le» grands événemens. L'orateur» agité de pensées tu« multueuses , édate tout-à*coup , et saisit ses auditeurs par un enthousiasme violent et imprévu. Tel est l'exorde de la première Catilinaire de Cicéron :

« Jusqu'à quand , Catilina, abuseras- tu de notre patience? Jusqu'à quand ta harw diesse effrénée et furieuse bravera^t^ella n€>tre juste ressentiment? Quoi! ni ht garde qui veille à la sûreté puli^que, ni la crainte du peuple, ni ton arrêt déji promonoé dans le coeur de tous les gens de bien, ni le respect dû i ce lieu sacré, niraspect de ces augustessénat eurs,n'onC pu ébranler ton insolente audace ! Ne vois-tu pas que tes complotsperfides sont dévoilés ; qile la conjuration est déoou^ verte; qu'aucun de m>us n'ignore ce que tu as fait cette nuit et la nuit précédente; à quelle coupable assemblée tu as pré*^ sidé ; quelles résolutions plus coupables encore y ont été prises ? O temps ! 6 mœurs 1 le Sénat le sait^ le Consul le voit , et ce traître respire ! U met dans le sénat un pied téméraire; il prend p^rt aux délibérations de ce corps vénérable; il jette sur chacun de nous des regards sanguinaires ; il marque de l'œil la place od il veut enfoncer le poignard ! »

L'Ëxorde tempéré est celui par lequel

5a UÇONS JÉXÉMESTÀIRES

on entre paisiblement en Q^atière. Tel est l'exarde de l'Orai^oQ funèbre de la reine d'Angleterre , par Bossuet. •

€ Celui qui règne dans les oieux, et de qui relèvent tous les Empires; à qui seul appartient la gloire, la majesté et Tindépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux Rois, et de leur donner, quand il lui plait, de grandes et de terribl<es leçons. Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, sojt qu'il la leur retire et ne leur laisse que leur pi^opre faiblesse , il leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne delui; car en leur donnant la puissance, il leur commanded'en user comme il fait lui-même pour 1^ bien du monde; et il leur fait voir, en la retirant, que toute leur majesté est empruntée ; et que^ pour être assis sur le trône, ils n en sont pap moins sous sa main et sous son. autorité suprême^ C'est ainsi.qu il instruit les Princes^ non seulement par des dis.cours, mais encore par des effets et par des exemples. Entendez, ô grands de la terre; apprenez votre devoir, arbitres du monde !• ,^

D. Comment rOrateur doit-il considérer e sujet qu'il a à Jraiter ?

R, Il doit examiner devant qui il doit

mM ta. EHÉTORIQCS. 33

parler* pourqui, coaf.req.ui; en quel. temps, en quel lieu, en quelle cQD)ODcture; ,çe qu'en pense le puUic. ce qu'en, pensent lea jugfes eux-mêmes ;«iiôn de qu'il a à désirer» ce qu'il a à craindre.

ÀUTICLE U.

De (a Narration.

D*. Qu'est-ce que la Narration? .

fi. C'est Te^iposition d'une chose faite, ou 8u|)potée faite. - i

D. Quel est le but de celui qui raccmte ?

. R. C'est celui d'instruire et de plaire , c'est-à-dire de faire bien connaître la chose dont il s'agit t et d'y jeter avec discrétion tous les orneniens qui conviennent à la matière que l'pn traite.

D. Quelles qualités doit avoir la Narrai tion? .

R. Il faut qu'elle soit clair0, courte^ et vrçiiêeijfiblable. Elle sera claire y9\ ïov^ teur s'ej&prlaie en terïnes. propres et^igjiifica^ifs, qui n'aient rien de bas, maié aussi rien de.recherché ni hors de l!usage.cojnmun;et S;il distingue ae);tement Içs chpses • les pers<>i;ines, les temps, les lieux, les motifs.

£Ue aui*ala brièv^eté qui lui convient, s'il la commence par ce qu'il importé de faire connaître aux auditeurs i s'il se renferme

34 &SÇ01IS iliBif EEtHAJUa

dans kft bornes de 'la nmtière qa'il a à tr^i— t«r ; S'il en retranche tout ee q«i peuts'Mi retrancher « sans nen tôter de ce qai eM utile ^ soit pour la connalsanee des ^9« ioit pour le but de cdiU qui raconte.

Enfin la narration sera vraisemblable • en se consultant lui-même» en examinant s'il ne dit rien qui choque le bon sens, en forsnant des caractères deconvenanceavec les laits. Si , fiaresemplei onaecaseitaelqiiViii delardii « d'hcnnicide» K faut ^représenter dominé par 1 avarice, violeoit, psét à fout entreprendre : si on le <léfend • il faudra lui donner des suceurs toutes contraires*

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