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HÉROIDE À SON ESPOULX BÉRENGER.
Czonine au sien amy doulce mande accolade, A son époulx, salut, respect, amour!
Ah ! tandis qu'esplorée et de cœur si malade, Te quier la nuit, te redemande au jour,
Que deviens , où cours-tu? loin de ta bien-aymce Où les destins entraisnent donc tes pas?
Faut que le dize, hélas! s'en croy la renommée De bien long-temps ne te revoyrai pas!
Bellone, au front d'arhain, ravage nos provinces ; France est en proie aux dents des léoparts :
Banny par ses subjects, le plus noble des princes Erre, et proscript en ses propres remparts,
De chastels en chastels et de villes en villes Contrainct de fuyr lieux où debvoit régner, Pendant qu'hommesfélons, clercs, ettourbesserviles L'ozent, 6 crime! en jusdment assigner !.…
. Non, non, ne peult durer tant coulpable vertige :
O peuple Franc, reviendraz à {on roy!
Et pourte rendre à luy quand faudroit d'ung prodige, L'atteuds du ciel en ce commun desroy.
De tant de maulx, amy, ce penser me console, Onc n’a pareils vengié divin secours :
Comme desgatz de flots, de volcans , et d'Évle, Plus sont affreux, plus croy que seront courts.
L’az donc veu ce daulphin! ne s’esloingne du Rosne Qui roule eucor ondes franches d'horreurs !
Par luy, puysse Valois reconquester ung trosne Qu'ont esbranlé séquaniques fureurs!
Pour toy, né d'ung héros si digne de ta race, Que, de son sang, mon siècle a veu payer L'heur de lui retracer le triomphe d'Horace Qui fist Albainz soubz les aigles ployer ; Pour toy, dis-je, nos lys suibve ou non la victoire, (Ne peult que trop, las! encor balancer 1) Scay ne resteraz moins fidelle qu'à la gloire Au maistre seul qui peult la dispenser.
Est en péril: ah!tout, et ,s’estbesoing , moi-mesme Doibz immoler à ce surgeon royal!
Te l’escrips à regret; mais plus sens que je t'ayme,
Plus rougiroy de t'y veoir déloyal.
Jà, dict-on, ta beauté, ta supresme vaillance ,
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Loing de noz bordz a porté ton renom; Bedfort de tes pareils va querrant l'alliance ; Plus qu'ung , séduicts, ont desmenty leur nom... De vergongne estouffez, qu'à deffaut de la fouldre Périssent touz soubz le poids des remords!
François qui veult la France ayder à se dissoudre N'a-t-il, responds, mérité mille morts?
Ainsy permest le ciel telles mésadventures Et laysse ourdir si noyres factions , Pour que soyent, humains, vos diverses natures En ung plaing jour myses par actions !
Tel , avecque la terre, escloz soubz ses entrailles, L'or confondu, n’en diffère en couleur ; Mais, au feu s'espurant, enmyeu viles scorailles , Tout son esclat reprent et sa valeur :
Telz, en ces temps de feu, voyrons François fidelles, Comme l'or pur , entre escume apparoir ; Et lira l'advenir sur leurs nobles rondelles : « Mourir plustost que trahyr son debvoir ! »
N'ay doubte, amy, que soit tienne icelle devise ; Rien qu'à ce prix n'auray trefve ou repoz.… Mais, que dye? eh! d'où vient qu'orguillouze t'advize, Toy l'escolier, toy l'enfant des héroz' Pardonne maintz souleys à ceste qui l'adore | A tant d'amour est permys quelqu’effroy : Ah! dez chasque matin que l'Olympe se dore, Se me voyoiz montant sur le beffroy, Pourmenant mesregardstant que peuvent s'estendre, Et me livrant à d'impuyssans dézirs !
Folle que suis, hélas ! m’est adviz de t’attendre ; Illusion me tient lieu de playsirs !
Ne sçay jusques à toy comme adira ma lettre; Charles on dict vers Poictiers cheminant :
Par fraudeleuse main risque est de Ja tramettre;
Foy ne pitié ne treuvonz maintenant Errent par tout pays désastreuses phalanges , Quierrant butin, sans arroy ne sans chiefs:
Plus n'ont de seureté borgs, villaiges, ne granges ;
Et chasque jour s’oyent nouveaulx meschiefs ,
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