‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 122 sur 914 · RORESEETEEEETECENSEPEENTECENEEENEN EN EE ERNEST · texte numérisé non relu

RORESEETEEEETECENSEPEENTECENEEENEN EN EE ERNEST

celui de La Fontaine , formé d’enjouement, de délicatesse et de malice...

» On remarquera que l'expression de Charles d'Orléans est ingénue , familière, sans avoir jamais rien de bas. C'est sa grande supériorité sur Villon, lequel aurait mieux valu, nous dit Marot , «s'il avait deneuré en la cour des rois et » des princes, où les jugements s’amendent, et les langa- « ges se polissent. » 11 y a dans Charles d'Orléans un bon goût d'aristocratie chevaleresque, et cette élégance de tour , cette fine plaisanterie sur soi-même, qui semblent n'appartenir qu'à des époques très - cullivées. Il s’y mêle use réverie aimable , quand le poéte songe à la jeunesse qui fuit, au temps, à la vieillesse. C’est la philosophie badine et le tour gracieux de Voltaire , dans ses stances à madame du Def'aut. »

BALLADE

Hélas! dis-je, souveraine princesse ,

Mon fait sçavez : pourquoi vous le diruye ?

C'est par la mort, qui fait à tous rudesse, Qui m'a tollu celle que tant amoye,

En qui étoit tont l'espoir que j'avoye,

Qui me guidoit ; si bien m’accompagna En son vivant, que point ne me trouvoye L'homme esgaré qui ne sçait où il va.

ENVOI

A veugle suis : ne sçais où aller doye ;

De mon baston, alin que ne fourvoye,

Je vais tastant mon chemin çà et là :

C'est grant pitié qu'il convient que je soye L'honme esgaré qui ne sçait où il va.

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ER E ere eRRE CESR E RER RE ER SER RES ER RES TEE I SL SE RE ; 412 QUINZIÈME SIÈCLE.

c BALLADE.

J EUNE, gente, plaisante et débonnaire, Par un prier qui vaut commandement, Chargé m'avez d’une ballade faire ;

Si l'ai faite de cœur joyeusement :

Or la veuillez recevoir doucement :

Vous y verrez, s'il vous plaist à la lire, Le mal que j'ai, combien que vrayement J'aimasse mieux de bouche vous le dire.

Vostre douceur m’a su si bien attraire,

Que tout vostre je suis entièrement, Très-désirant de vous servir et plaire;

Mais je souffre maint douloureux tourment,

Aiiez-vousen allez , allez, Soucy, soin et mélancolie;

Me cuidez-vous toute ma vie Gouverner comme fait avez?

Je vous promets que non ferez ; Raison aura sur vous maistrie ; Allez-vous-en, allez, allez, £oucy, soin et mélancolie.

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