‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 129 sur 914 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

De Cupido ne m'accointerai plus; De sa maison suis chassé et forclus.

Adieu vous dis, nobles et plaisans lieux Où j'ai passé ma jeunesse première :

Ores vous perds ; car je suis venu vieux :

Age a reçu de moi rente plénière.

Adieu Coignac, le second paradis, Chasteau assis sur fleuve de Charente ; Où tant de fois me suis trouvé jadis :

Quand à part moi me souviens et remente Biens et soulas que j'avois à loisir ;

J'en aï un deuil qui passe tout plaisir.

presque exclusivement à la poésie et aux lettres; car , dès sa première jeunesse, il avait (raduit l'Odyssée d'Homère, l'Enéide de Virgile. Ses talents et sa naissance lui donuèrent accès à la cour de Charles VILI. Une ballade en l'honneur de ce prince valut au poëte un riche présent et l'espérance d'un évêché. Il obtint en effet celui d’Angoulème, que Charles lui fit douner par le pape Alexandre VI, à qui le chapitre avait remis son’ droit de nomiuation. Depuis cette élévation, Octavien ne s’occupa plus

°nm'm nm" nm mn" nm mn mn mn mms en ne en mn nn mn on mn n° on nn mon mn D00D0D000000O 000000 000000 C

que des devoirs de son ministère évangéique , de l’Écriture sainte et de la lecture des Pères. Charles VIII étant mort au château d'Augoulème, le 6 août 1498, Octavien accompagna le corps de ce prince à Saint-Denis, et composa plusieurs épitaphes et complaintes en son honneur. Il ne survécut pas longtemps à son bienfaiteur , et mourut à Angoulème , en décembre 1502, à l’âge d’environ trentesix ADS.

Le premier recueil des poésies d’Octavien renferme un

ntm mm mm mm mm mn nn me nn ne ne mn © mm

Cm et pe ne ne nt

grand nombre de ballades et rondeaux. Ces pièces paraissent être de la première jeunesse de l'auteur , ses jurena-. lia. Les principaux sujets traités dans ce recueil sont : les plaintes de la France sur les Malheurs publics ; un Dialogue entre monseigneur des Champs et l'esruyer de la cour, où la misérable condition des courtisans est assez vivement dépeinte ; le Séjour d'honneur, le Trésor de la noblesse, Octavien avait passé pour l’un des plus grands poètes de son temps : il était au moins l’un des plus féconds.

BALLADE

O, m'a donné le bruit et renommée

D'avoir esté grandement amoureux,

Le temps passé, d’une qu'on a nommée.

On n'en sçait rien; ils jugent tout par eux : Qu'ils sachent donc que point ne suis de ceux Lesquels, aimant, ne sont aimés de dame :

S'el ne me veut, aussi je ne la veux;

Ce m'est tout nn : monsieur vaut bien madame.

Je ne veux pas que de moi soit blasmée :

Mais la veux bien honorer en tous lieux.

Gracieuse est , et en beauté famée,

Et le maintien très-frisque et fort joyeux :

Mais s’elle croit que sois si glorieux

Que tant je l'aime, nenny, j'en aurois blasme ; Car qui ne m'aime comme je fais, ou mieux, Ce m'est tout un : monsieur vaut bien madame.

Si autrefois devant moi s'est pasmée,

En me riant de ses attrayans yeux;

Et si d’un autre elle estoit embasmée,

Comme on m'a dit , dont j'en suis ennuyeux :

Puisqu'elle dit qu'elle trouveroit mieux Ailleurs que moy : or, le prenne; par m'âme!

J’en suis content, sans en estre envieux ;

Ce m'est tout un : monsieur vaut bien madame.

DO OC OC nt a De net

00000 000000000000 0 DDDD0D0 DD O0 0 €

em mm mm mm mn me D 00£L

Page 1