‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 157 sur 914 · POUR LUY RECOMMANDER PAPILLON, POÈTE FRANÇOIS, ESTANT MALADE · texte numérisé non relu

POUR LUY RECOMMANDER PAPILLON, POÈTE FRANÇOIS, ESTANT MALADE

lo Æ M: pourmenant dedans le parc des Muses, De brièvement eschapper cest orage : ° Prince, sans qui elles seroient confuses, Et luy offrant tout ce que Dieu a mis

Je rencontrai sur un pré abattu | En mon pouvoir pour ayder mes amis, Ton papillon , sans force ne vertu : Dont il est l’un, tant pour l'amour du style Je l’ai trouvé encor avec ses aisles, Et du sçavoir de sa muse gentille, Mais sans voller, comme s’il fust sans elles. Que pour autant qu’en sa plume en santé Luy qui, tendant à son roy consoler, A ta louenge il a tousjours chanté. Pour ton plaisir souloit si bien voller, M'ayant ouy, un bien peu séjourna : Qui surpassoit le vol des alouettes. Puis l'œil terny, triste vers moy tourna, Sa seiche main dedans la mienne a mise, Roy des François, c'est l’un de tes poëtes, | Et d’une voix fort débile et soubmise |

CESSE RERTITSLEST

Papillon peinct de toutes les couleurs M’a répondu : « Cher amy esprouvé,

De poésie , et d'autant de douleurs : Le plus grand mal qu’en mes maulx j’ay trouvé, L'autr’ hier le vy aussi sec, aussi palle | Comme sont ceux qu’au sépulcre on dévalle.

Lors de la couche où il estoit gisant,

Je m'approchay, en amy luy disant

Ce que j'ay peu pour lui donner courage

‘ On lit dans M. Sainte-Beuve : « Cette fable, que La Fon- » taine a depuis resserrée en douze vers, est développée par » Marot avec une supériorité, avec une vérité de détails, cons tre lesquelles notre grand fabuliste , en disciple respectueux, - » s'est évidemment abstenu de lutter. »

? Almach Papillon , ami de Marot, et, comme lui, valet de

‘ Jurantle dieu des souris et des rats... chambre de Francois 1°", avait été page de Marguerite de Va-

le ESS lois. 11 fut fait prisonnier à la bataille de Pavie. Papillon était

Ces jolis vers seraient venus à La Fontaine, si Marot ne les de Dijon et d'nne famille toute littéraire. Le dernier savant do avait pas trouvés avant lui. ce nom , l'abbé Papillon , est mort en 1738.

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C'est un desir, qui sans fin m'importune, D'escrire au roy la fascheuse fortune

Qui en ce poinct malade m’a rendu ;

Mais je ne puis : car il m’est deffendu

Du médecin, qui à ma plume ordonne

Un long repos, qui long travail me donne.

— Amy très cher, ce luy réponds-je alors, De quoy te plains? jette ce soing dehors :

Car sans ta peine adviendra ton desir,

Si oncques muse à l’autre feit plaisir.

Certes la tienne est du roy escoutée :

Mais de luy n'est la nôtre reboutée.

Courage donc, Marot s’enhardira D’escrire au roy, et ton cas lui dira.

Que pleust à Dieu que ton mal si pervers Se peust guérir par rimes et par vers,

Ou qu’en moy fust tout ce qui est duisant À divertir cela qui t'est nuisant! »

Ces mots finis, plus de cent et cent foys Me mercia. Lors de là je m'en voys

Au mont Parnasse escrire ceste lettre, Pour tesmoingnage à ta bonté transmettre Que Papillon tenoit en main la plume,

Dr, qui voulus le plus haut ciel laisser, Et ta hautesse en la terre abaisser",

Là où santé donnas à maints et maintes, Veuilles ouir, de toutes mes complaintes, Une sans plus : veuille donner sauté

A celle-là par qui suis tourmenté.

Ta sainte voix en l'Evangile crie, Que tout vivant pour ses ennemis prie :

‘ Marot a rarement pris un ton aussi haut que dans les trois premières slrophes de ce chant é:égiaque,

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