‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 160 sur 914 · SUR LA TRADUCTION DES PSAUMES DE DAVID · texte numérisé non relu

SUR LA TRADUCTION DES PSAUMES DE DAVID

AU ROI FRANÇOIS 1e.

Qui de berger en grand roi l’érigea , Et sa houlette en sceptre lui changea.

Qui bien y lit, à connoistre il apprend Soi et celui qui tout voit et comprend.

O gentils cœurs et âmes amoureuses

S'il en fut vncq! quand serez langoureuses D'infirmité, prison, péché, souci,

Peste ou opprobre, arrêtez-vôus ici :

C'est un jardin plein d'herbes et racines, Où de tous maux se trouvent médecines.

Quant est de l’art aux Muses réservé, Homère grec ne l’a mieux observé.

Pas ne faut donc qu'auprès de lui Horace Se mette en jeu, s'il ne veut perdre grâce ; Car, par sus lui vole notre poëte

Comme feroit l'aigle sur l’alouette,

Soit à escrire en beaux lyriques vers,

Soit à toucher la lyre en sons divers.

Si Orphéus jadis l'eût entendue,

La sienne il eust à quelque arbre pendue ; Si Arion l’eust oui résonner,

Plus de la sienne il n'eût voulu sonner ;

Sa honté, son pourvoir, sa justice est immense; C'est lui seul qui punit, lui seul qui récompense.

Et plus loin :

le n’adore qu’un dieu, maitre de l’anivers, Sous qui tremblent le ciel, la terre et les enfers.

Après son maître, Racine a dit dans Esther :

Ce dieu, maître absolu de la terre et des cieux, N’est point tel que l'erreur le figure à vos yeux : L’'Éternel est son nom, le monde est son ouvrage ; Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage, Juge tous les mortels avec d’égales lois,

Et du baut de sou trône interroge les rols.

‘ On trouvera dans une lettre célèbre de Fénelon à l'Académie Francaise, un jugement absolument semblable à l'opinion de Marot sur les poëtes de la Bible, qu'il élève aussi fort an

dessus des poëtes d'Athènes et de Rome.

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