‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 161 sur 914 · EXCELLENT JOUEUR DE FARCES · texte numérisé non relu

EXCELLENT JOUEUR DE FARCES

Ci-nessous gist, et loge en serre, Ce très-gentil fallot Jean Serre, Qui tout plaisir alloit suivant ;

Et grand joueur en son vivant, Non pas joueur de dez, ni quilles, Mais de belles farces gentilles, Auquel jeu jamais ne perdit,

Mais y gagna bruit et crédit, Amour et populaire estime,

Plus que d'escus, comme j'estime.

On l'eust dit, quand il s’en mesloit, Ivrogne , ou badin, s'il vouloit ;

Et n'eust sçu faire, en sa puissance, Le sage; car ,en sa naissance, Nature ne lui {it la trogne

Que d'un badin, ou d'un ivrogne.

Toutefois je crois fermement

Qu'il ne fit onc si vivement

Le badin qui rit, ou se mord, Comme il fait maintenant le mort.

Or bref, quand il entroit en salle Avec une chemise sale,

Le front, la joue et la narine ‘Toute couverte de farine,

Et coiffé d'un béguin d'enfant, Et d’un haut bonnet triomphant, Garni de plumes de chapons, Avec tout cela je répons

Qu'en voyant sa grâce niaise, On n'étoit pas moins gai ni aise Qu'on est aux Champs Élysiens.

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