SUR LA MALADIE DE FRANÇOIS
Renoez tout on peuple content, O vous notre seule espérance , Dieu ! celui que vous aimez tant Est en*maladie et souffrance.
En vous seul il a sa fiance.
Hélas! c'est notre vrai David ; Car de vous a vraie science.
Vous vivez en lui, tant qu’il vit.
De toutes ses graces et dons
À vous seul a rendu la gloire ;
Par quoi les mains à vous tendons, Afin qu'ayez de lui mémoire:
Puisqu’il vous plaist lui faire boire Votre calice de donleur,
Donnez à nature victoire
Sur son mal , et notre malheur.
Le désir du bien que j'attends Me donne de travail matière.
Une heure me dure cent ans ; Et me semble que ma litière
Ne bouge ou retourne en arrière, J'ant j'ai de m’avancer désir !
O qu'elle est longue la carrière Où à la fin gist mon plaisir !
Je regarde de tout costé,
« Pour voir s’il n’arrive personne ; Priant la céleste bonté Que la santé à mon roi donne; Quand nul ne vois, l'œil j'abandonne À pleurer, puis sur le papier Un peu de ma douleur j'ordonne :
Voilà mon douloureux métier.
O qu'il sera le bien venu,
Celui qui, frappant à ma porte, Dira : Le roi est revenu
En santé très-bonne et très-forte !
Alors sa sœur, plus mal que morte, Courra baiser le messager
Qui telles nouvelles apporte,
Que son frère est hors de danger.
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