‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 179 sur 914 · LADE PTS · texte numérisé non relu

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UANT } ‘entendis que la nécessité

Que je marchasse e:toit pour vérité, Je m'advançay, défendant mon pays Des ennemys à bon droict trop hays; Que dirai plus? tost fat preste l'armée,

Si feismes tant que nosdits ennemys " \ Veirent tentes et pavillons près mis.

De passer l’eau qu'on nomme la Durance . | 4

- 7 Feismes devoir et grande diligence Mais l'Espaignol tourna la sienne envie, Lors du combat , à tost sauver sa vye;

En reculant, de son salut soigneux.

Prendre Marseille alors n’est envieulx ; Dont s’en alla, perdant toute espérance De plus mal faire et nuyre à la Prouvance, En mauldissant Bourbon et ses practiques; Congnoissant bien ses trahisons inicques.

Avecques eulx avoit un chef louable,

Et de vertu trop fort recommandable ; Celny estoit en guerre et payx exquis,

De Pesquère se disoit le marquis :

Dont par bon sens tous les siens si ralye, Droict le chemin sy prennent d'Italie ;

Car à bon droict il estoit l'espérance

D’honneurconquerre et de gloire affamée:

De tout leur camp par vertu et prudence.

Parquoy souldars luy laissent faiz et soing De leur salut en ce très-grant besoing ;

Mais un conseil si ne leur peult donner, Pour eux sauver, voulloir abandonner Artillerye et bagaige en effect,

Car sans cela tout eust été deffaict.

Trop estions près et puissans sans doubtance Pour combattre sans doubteuge espérance, Si fortune , sur moy tant envyeuse

D'un trop grant heur , n’eust esté malheureuse. Et moy voyant la diffculeté,

Et de le joindre impossibilité,

Je concludz lors suivre mes ennemys

Qui jà estoient tous dans les haults monts mis, Par autre voye , et chemin m'advancer, Dont point déceu ne fuz de mon penser.

À tous mes gens je fiz grant feste et joye, Pour esprouver cette nouvelle voye,

En leur disant : « O souldars et amys, Puisque Fortune en ce lieu nous a mis, Favorisons la sienne voulenté

Par la vertu de nostre honnesteté,

En ne craignant des grands monts la haultesse, Vous asseurant sur ma fuy et promesse

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Sr ERRELEE ESS LTET SEE LES SET TES SM ÉTÉ É EE S RE ESTL REY EENTETE LA TETLIE SENTE: SEIZIÈME SIECLE. 4155 Que sans combat guerre sera finye. Mes ennemys fuyans de toutes parts, ds Vaincquons doncq par vertu nos passions; Dans les villes, çà et là tous espars, 4s Plaisirs, maisons , faut que nous oublyons; Bien je cuyduis la victoire certaine, Donnons repoz par ung peu de souffrance Et le triumphe emporter pour estraine : < Que porterons à ceste notre France. » Mais quoy ! le sort de ma félicité

Fut converty en infélicité ;

Par le voulloir de mes chefs, en effect, Fut empesché le fruict de men effect :

Un seul d’entr'eulx conduit par passion Faire au rebours de notre opinion.

O comme heureux se peult dire le prince, En guerre allant ou gouvernant province, Quand ses subjects de vertu ne font vice, Ne cognoissant proffit que son service!

Par quoy je puis à bon droict me douloir De ceulx de qui j'ay congnu le voulloir.

Pour abréger, au lieu d'exécuter,

Devant Pavye allasmes nous boutter ; Longtemps fusmes faisant tout le possible , Mais la prendre à nous fut impossible.

Finablement les nostres ennemys Congnurent bien qu'en tel terme estoit mis La leur cité, si n'estoit secourue,

Qu'en peu de temps pourroit être perdue ; Dont conclurent de tost la secourir,

Tous résolus de vaincre ou de mourir.

Longlemps j’avoys remédié au faict,

Si mon voulloir eust été bren parfaict :

Cela leur dis pour tousjours esmouvoir

La notre armée à faire son debvoir ;

Mais pour certain je cognuz bien alors

En la plapart estre vertu dehors.

La montaigne de neige revestue

Leur cœur attriste et leur vouloir si tue, Prenans coulleur, pour mieux dissimuler, Que bien falloit premièrement aller

Sur le fleuve qu'on nomme la Durance Faire un pont; mettant leur espérance

Que la longueur romperoit l’entreprise, Couvrant leur peur du manteau de fainctise ‘. Mais l’eau ne veut nullement comporter

Le faiz que voit sur elle à tort boutter ;

Bien nous monstra qu’en elle eut plus d'honneur Qu'en nos souldars ne cueur ne de bonheur; Car tout soubdain se rendit si petite, Baissant son cours par trop légière fuite, Que nous laissa passer tout le bagaige.,

Et tout le camp, tant nous fist d’avantaige.

Mays qui pourroit se garder de aymer Fleuve tant digne, et nos souldars blasmer ?

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À yant fallu que l’eau sans cognoissance L Ayt triomphé d'honneur sur leur offense. Car de mes gens soubdain je feis partir . Dont passasmes, suivans notre entreprinse, Pour seullement servir et divertir. h; Estant en nous nouvelle force prinse. À Naples droict j'envoye toute la bande : do Et tant feismes qu'en onze jours pour veoir La dilligence alors leur recommande ; si Les champs lombards peusmes appercevoir ; Mais au rebours ils furent négligens, s° Et s'il eust pleu alors à Dieu permettre De tost aller trop paresseux et lens. a Que de tous cueurs j'eusse été le maistre Mais quant fortune au rebours veult venir, KA Pour m'obéir en telle dilirence De tous desseins l’on voit mal avenir ; … Que faict de guerre mérite qu'on s’advance, Peu me valut le soin de commander . Et qu'en la mer l'armée de notre part Gens en guerre souventes fois mander, “+ De noz ports eust fait dilligent départ Ne mais aussi les fleuves arrester, .

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Pour assaillir la terre de Sécille,

A nous par droict royaume trop fertille, Point je ne feusse aux Espaignolz soubzmys, Soubz prison triste éloignant mes amys, Sans roy ne fust la nostre noble France,

Ne si longue n'eust été mon absence.

Quand victoire je n’ay sçeu remporter.

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Arrivant au récit de la bataille de Pavie, François Ie" raconle que ses gens d'armes obtinrent d'abord un premier succès qui lui permettait d'espérer une victoire

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Mais non pourtant ue laissay l'entreprise, complète , quand tout à coup les arquebusiers lâächant : pied, compromireut l'ordre de bataille adopté par les Fe généraux français. ee

‘ Ii est étonnant qu'un roi de France parle en ces termes de

des sokats de son pays. Au reste, si les soldats de cette épo- < que n'étaient pas, en ce moment, semblables à ceux qui Mais comme fut trop soudain convertye go de ns Asp sur le sommet des Alpes, il faut conve- Cette espérance en pensée adinortie ! ce air que les paroles de Francois I« n'avaient rien du prest ° : A 1e ss de Li proclamation" de Bonaparte: Mionirant à es me ve Car tost je veiz ceulx-là qu avoys laissés, de

De tout honneur et vertus deslaissés : À

plaines de l'Italie comme leur conquête assurée. Voyez la fin de notre premier volume.

E Que si premiers sommes en Italie, Tant que rendiz Millan suhjecte et prise;

Les trop meschans s'enfouyrent sans combat;

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Et entre eulx tous n’avoit d'autre desbat, Si n'est fuyr laissans seure victoire,

Pour faire d’eulx honteuse la mémoire.

O malheureux! mais qui vous conduisoit

A telle erreur, ne qui vous advisoit Habandonner fuyans en desarroy

Honneur, pays, amis et vostre roy?

Nos Allemands couvrent leur fuyte entière, Disans la nostre avoir esté première.

Arrivant ensuite à ce qui le concerne, le roi coulinue

ainsi :

A 2 He Quant indignes de vertuz et repoz se Je veiz mes gens par fuyte trop honteuse, ce À leur honneur et moy trop dommageuse , A Triste regret et peine tout ensemble, Je Dueil et despit en mon cueur si s'assemble ; Lo Autour de moy en regardant ne veiz ch Que peu de sens nostres à mon advis; . Et à ceulx-là confurtay sans doubtance = De demourer plustost en espérance D'honneste mort ou de prise en effect Qu'envers honneur de nous rien fut forfaict,

Dont combatans furent tous morts ou pris “ Le peu de gens qui méritent grand prix.

er Et là je fuz longuement combatu, Et mon cheval mort sous moy abatu.

Dehors du parc pensans sauver leur vye, Des nostres lors fuyans contre Pavie, Furent rompus, prisonniers et deffaicts.

François Ie’ naquit à Cognac, le {2 septembre 1494, de Charles d'Orléans , comte d’Angoulème, et de Louise , fille de Philippe, duc de Savoie. Il succéda à Louis XII, son beau-père, le 1°" janvier 1515, et mourut au château de Rambouillet, le 34 mars 1547, à l'âge de cinquante ans, et daus la trente-troisième année de son règne. ( Voyez, pour sa biographie, ce que nous en avons

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