‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 217 sur 914 · AU ROÏ HENRI HE · texte numérisé non relu

AU ROÏ HENRI HE

Quaxo le jeune Phénix sur son espaule tendre Porte le lit funèbre et l’odoreuse cendre,

Reliques de son père , et plante en appareil

Le tombeau paternel au coucher du solcil,

Les oiseaux ébahis, en quelque part qu'il nage", De ses ailes ramant, admirent son image,

Non pour lui voir le corps de mille couleurs peint, Non pour le voir si beau , mais parce qu'il est saint, Oiseau relizieux aux mânes de son père,

Tant de ja piété Nature bonne mère

À planté, dès le naïstre , en l'air et dans les eaux La vivace semence au cœur des animaux".

% Donques le peuple suit les traces de son maistre ; © Il prend de ses façons, il l'imite , et veut estre + Son disciple, et toujours pour exemple l'avoir, + Etse former en lui, ainsi qu’en un miroir ÿ.

Les vassaux et les rois de mutuels services

Se combattent entr'eux, les vassaux par offices, Les rois par la bonté ; le peuple désarmé

Aime toujours un roy quand il s’en voit aimé.

C'est alors que le prince en vertus va devant, Qu'il monstre le chemin au peuple le suivant,

‘ Les oiseaux semblent qnelqnefois nager dans les airs. Ronsard a trouvé cela au sixième livre de Virgile.

3? Ces vers seuls suffisent pour annoncer un poête ; la pensée première est belle, et le style riche d'images.

3 Voyez un admirable sermon de Massillon.

DOC né put) D 0600 0000 000 00 00000000 000 0 DU D

Qu'il fait ce qu'il commande, et de la loy suprême Rend la rigueur plus douce, obéissant lui-même, Et tant il est d'honneur et de louange espreint, Que pardonnant à tous ne se pardonnant point. Quel sujet ne seroit et doux et charitable

Sous un roi piéteux ? Quel sujet misérable Voudroit de ses ayeux consommer les thrésors, Pour homme, efféminer par délices son corps D'habits pompeux de soye élabourés à peine, Quand le prince n'auroit qu'un vêtement de laine, Et qu’il retrancheroit par ordres redoutés

Ces fertiles moissons des ordes voluptés,

Coupaut, comme Herculès, l'hydre infàme des vices Pour l’honneste sueur des poudreux exercices ? Mais porter en son âme une humble modestie, C'est, à mon gré, des rois la meilleure partie. Toujours l’humilité gagne le cœur de tous :

Au contraire l’orgueil attire le courroux.

Ne vois-tu ces rochers, remparts de la marine ? Grondant contre leurs pieds, toujours le flot les mine, Et d’un bruit escumeux à l'entour aboyant, Frémissant de courroux , en vagues tournoyant, Ne cesse de les battre, et d’obstinés murmures S’opposer à l’effect de leurs plantes‘ si dures, S'irritant de les voir ne céder à son eau.

Mais quand un mol sablon par un petit monceau Se couche entre les deux , il fléchit la rudesse

De la mer, et l'invite, ainsi que son hôtesse,

: Cette pièce , qui honore Le caractère de son auteur, étincelle quelquefois de poésie ; on y sent l'empreinte de l'antiquité, judicieusement imitée, autant qu'embellie par un vral poète.

PES RRS SAT TRS SRSS TS STRRSE a

LS ee net en nt ne

Cet Jet eut But | D 0000000 00 000 00 0000600 0 000 0000 00 0 00 08 000600 & o

0 000040 00 00 000000000000 20000002 QOQ0LDOLRNQ

A loger en son sein : alors le flot qui voit

Que le bord lui fait place , en glissant le reçait, Au giron de la terre apaise son courage,

Et, la léchant, se joue à l'entour du rivage.

La vigne lentement de ses tendres rameaux

AU

À vous, race de rois, prince de tant de princes, Qui tenez dessous vous deux si grandes provinces", Qui par toute l’Europe esclairez tout ainsi

Qu'un beau soleil d'esté de flammes esclairci,

Que l'étranger admire, et le sujet honore,

Et dont la majesté notre siècle décore ;

À vous qui avez tout, je ne sçaurois donner Présent, tant soit-il grand , qui vous puisse estrener. La terre est presque vôtre, et dans le ciel vous mettre, Je ne suis pas un dieu , je ne le puis promettre; C'est à faire au flatteur * ; je vous puis mon mestier Promettre seulement, de l'encre et du papier.

Je ne suis courtisan ni vendeur de fumée,

Je n'ai d'ambition les veines allumées,

Je ne sçaurois mentir, je ne puis embrasser Genoux , ny baiser mains, ny suivre, ny prêcher, A dorer, honnêter ; je suis trop fantastique ;

Mon humeur d'escolier , ma liberté rustique

Me devront excuser, si la simplicité

Trouvoit aujourd’hui place entre la vanité.

C'est à vous, mon grand prince, à supporter ma faute, Et me louer d'avoir l'âme superbe et haute,

Et l'esprit non servil, comme ayant de Henri, Votre père, et de vous toujours été nourri.

Un gentil chevalier , qui aime de nature

À nourrir des haras , s'il trouve d'aventure

Un coursier généreux qui, courant des premiers,

4 La France et la Pologne.

3 Cetrait est la censure de Virgile, qui, à l'exemple du sénat romain désénéré, divinise, dans ses Géorgiques et dans son Énéide, cet Auguste si connu par ses barbaries , sus le nom d'Octave.

Glisse s’insinuant aux faîtes des ormeaux,

Et se plie à l’entour de l’étrangère écorce

Par amour seulement, et non pas par la force ; Puis, mariés ensemble, et les deux n'étant qu'un, Font à l'herbe voisine un ombrage commun.

Page 1