‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 22 sur 914 · Q D DS · texte numérisé non relu

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» est toujours précédée par ces mots : Or dient et » conten!, et fabloient. Ce qui est en vers, précé- » dé des mots Or se conte, se chantait sans doute » en Chœur par la troupe des chanteurs , à qui le » chef ou ménestrel donnait ie ton ; un grand » nombre d'instruments, joués par les jongleurs »et les ménestriers, formaient l’accompagne- » ment. Tous les vers d'un même chant ou d'une » même suite riment ensemble , à l'exception du » dernier, qui ne rime point avec les autres : il » servait apparemment à avertir le ménestrier » qu'un morceau de prose allait suivre, et qu'il » fallait reprendre le ton du récit. C'était une * espèce de réclame pour le déclamateur, qui » avait à reprendre son rôle lorque le chanteur » allait finir le sien. Le jeu d'Awcassin, le seul » qui soit mêlé de prose, de chant et d'accom- » pagnement, paraît être une de ces pièces que » les trouvères allaient débiter dans les chà- » teaux, dans les grandes assemblées et dans les » fètes. C'est une espèce de comédie - vaude- » ville. »

Le même écrivain cite, à l'appui de son opinion, divers jeux composés par Jehan Bodel, d'Arras; diverses poésies dialoguées et le Miracle de Théophile, par Rutebœuf. Il invoque le goùt qui, dès le douzième siècle, s’était prononcé, en Angleterre , pour la représentation des miracles , pièces consacrées au martyre de quelques saints de la primitive Église, et qui se jouaient sur les places publiques, ou plus souvent encore dans les cimetières. Le spectacle se terminait ordinairement par des danses, des luttes ou autres exercices de force et d’agilité.

Cependant le système de l’historien des trouvères est combattu par d'imposantes autorités. Depuis que le christianisme avait clos le théâtre antique, l’art dramatique ne s'était reproduit que dans les cérémonies de l'Église, par suite d'un penchant irrésistible à représenter matériellement tous les objets de la foi. Si l’on tentait quelque imitation lointaine des auteurs anciens, c'était à l'ombre du monastère et dans une langue morte, qui ne permettait pas à l'ouvrage d'être joué publiquement. « Voulons-nous, dit » M. Villemain , marquer avec précision quand, » pour la première fois, cette représentation » d'une pièce en langue vulzaire , cette action » matérielle et morale d’un drame joué devant » une foule qui comprend et s'émeut, s’est vue

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