‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 249 sur 914 · BB · texte numérisé non relu

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CITANSON.

Douce liberté désirée, Déesse, où t’es-tu retirée,

Me laissant en captivité ?

Hélas! de moy ne te détourné!

Retourne , à liberté, retourne, Retourne, ô douce liberté!

Ton départ m'a trop fait connoistre Le bonheur où je soulois estre, Quand douce tu m'allois guidant ; Et que, sans languir davantage,

Je devois, si j’eusse été sage, Perdre la vie en te perdant.

Le repos, les jeux, la liesse,

Le peu de soin d'une jeunesse ,

Et tous les plaisirs m'ont laissé ; Maintenant rien ne me peut plaire, Sinon, dévot et solitaire,

Adorer l’œil qui m'a blessé.

Quel charme, ou quel dieu plein d'envie À changé ma première vie,

La comblant d'infélicité ?

Et toy, liberté désirée,

Déesse , où t'es-ta retirée ?

Retourne , à douce liberté!

FRAGMENT D'UNE ÉLÉÈGIE.

Met À st qu'elle partoit (Vénus), Le ciel tout resjoui ses louanges chantoit ;

Les vents à son regard tenoient leurs bouches closes,

Et les petits Amours faisoient pleuvoir les roses ; Phébus aux cheveux d’or sur les monts paroissoit, Et la nuit devant luy son grand voille abaissoit ; Les fleurs s’ouvroient au jour, et la gaye arondelle Saluoit en chantant la lumière nouvelle;

Quand, avec un penser plaisant et soucieux, Olympe se réveille, entr'ouvrant ses beaux yeux,

: Doucement tout autour la veüe elle a tournée,

Puis se tint sans mouvoir comme toute estonnée ; Enfin, pleine d'amour, son chef elle haussa, Et ces mots, l'œil au ciel, bassement prononça . etc.'.

‘ Le poëme de la Nature des choses de Lucrèce offre, dans l'invocation à Vénus, des pensées et des images semblables , mais revétues des couleurs de la plus magnifique poésie ; Virgile lui-même n'a pas pu l'égaler,

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