‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 250 sur 914 · A LA REINE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

A LA REINE DE NAVARRE

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| REPTE E ECEP) 2 E veux louer la Paix : c'est la Paix que je chante, La fille d’Amitié, dessus tout excellente.

7 Amitié nourrit tout : tout vit par Amitié ; /® Ÿ’ Et rien ne peut mourir que par inimilié. TL La Concorde et Amour sont l’appui de la

—— +—- - reste

@) Et l’effroyable mort vient de haine et d’'en- 4 vie.

Paix, fille d’Amitié, tout par loi refleurit ;

Les arts sont en honneur : la vertu se nourrit;

Le vice est exilé; alors sans nul dommage,

Sans meurtre etsans danger le marchand fait voyage; Alors le laboureur au labeur prend plaisir,

Quand le champ non ingrat répond à son désir; L’ennemi fourrageur son bestail ne ramène,

Et pillant ne ravit le doux fruit de sa peine ;

Le vin est à qui fait des vignes la façon ;

Et qui fait la semaille enlève Ja moisson ';

Et Cérès et Bacchus, et Palès et Pomone, Font que parmi les champs grande planté foisonne De fruits et de bestail ; par-tout règne le jeu, Et le gentil Amour chauffe tout de son feu.

Par-tout épand ses fruits la corne d’abondance : Sous l’ombrage l’on voit s’égayer à la danse, Trépignant pesle-mesle, et filles et garçons, Tantôt au flageolet, et tantôt aux chansons.

Quand Saturne fut roi, sous une saison telle, La Paix avoit son règne, et le nom de querelle Pour lors n’estait connu; ni l’homicide fer N’avoit été tiré des abymes d'enfer.

Mais Erynnis commande, on obéit au vice ;

{ Ce sont là de ces vers proverbes comme on en trouve tant chez La Fontaine, de ces vers qni deviennent populaires en naissant.

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