‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 265 sur 914 · PR A · texte numérisé non relu

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Je vy doucement ma vie, À nul Je ne porte envie, Et ne suis point envie.

Je n’ay estats ni offices,

Je n'ay polnt de binéfces,

Ny de blens plus qu’il me faut.

De mes désirs je suis maistre,

Et tel que Dieu m'a fait estre,

Je n‘aspire point plus haut.

Aussi j'al l'âme contente, Sans me repalstre d'attente; L'espoir ne me nourrit polut; L'ambltion misérable

Ny l'avarice esécrable Dedans le cœur ne me point.

Et cependant je m'amuse Aux doux mètlers de le muse, Qui me font passer le temps :

A ces gentils exercices

J'ai mis toutes mes délices Depuis mes plus jeunes ans.

Pourtant, je ne suls poüte:

Si beau nom je ne souhaite.

Aussi jamals je n’eus soin D'aller dormir sur Parnasse:

Tant de vers que je brouillasse Ne viennent pas de 61 loin.

Près du rlvage de Selne, Sur la colline prochaine Du bols de Madrid nomme, J'ai ma demeure cholsie

Ü, homme auroit trop d'affaire, Jacquier , s'il prenoit souci

De ce qu’il lui faudroit faire

A dix ou douze ans d'ici.

Nous vivons à la journée, Et, peut-être après demain, L'autre aurore retournée Nous glissera de la main.

A toule heure notre vie Branle sous un sort douteux, En danger d’être ravie Dans les royaumes nuiteux,

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