LA RELIGION
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il — Parce que je méprise une richesse vaine. | TC L )
1 — Quel livre portes-tu?— Les lois de Dieu mon EE | père,
se) Ou de ses lestamens est compris le mystère. * — Pourquoi donc le sein nu ? — Découvrir la poitrine
Convient à moi qui veux une blanche doctrine.
Jean Vanquelin, sieur de la Fresnaye, ou plutôt Jeau de la Fresnaye-Vauquelin , comme on le voit en tête de l'édition de ses œuvres faite à Caen, en 1616, naquit, en 1556, d'une familie noble, au château de la Fresnaye, près de Falaise, en Normandie. Il perdit son père de bonne heure , et vint à Paris, où il commença ses études sous Turnèbe , savant commentateur. Les principaux membres de la pléiade française, Ronsard , Dubellay et de Baïf, jaquissaient alors d’une grande réputation. Vauquelin les connut et puisa dans la lecture de leurs écrits un ardent amour des lettres. À peine âgé de dix-huit ans, il serendit à Angers, pour recevoir de Jacques Tahureau des leçons de poésie. En sortant d'Angers, Vauquclin vint à
— Pourquoi sur cette croix L’appuyer charitable ? — La croix m'est un repos qui m'est fort agréable. — À quelle fin es-tu de ces ailes pourvue?
— J'apprends l’homme à voler au dessus de la nue. — Pourquoi si rayonnante es-tu de belles flimes ? — Les ténèbres je chasse au loin des saintes âmes." — Pourquoi ce mors de bride? — Afin que par contrainte J’arrète la fureur de l’âme en douce crainte.
— Et pourquoi sous tes pieds foules-tu la mort blême ? — À raison que je suis la mort de la mort même.
Poitiers, où il so lia d'amitié avec Scérole de Sainte- Marthe. C'est en 1555 que Vauquelin publia deux livres de l'oresteries, assez faible ouvrage, que lui-même a critiqué de la manière la plus sévère. Le désir d'apprendre la science du droit appela ensuite Vauqnelin aux cours de la célèbre université de Bourges. De retour dans le pays natal , il y fut d’abord nommé avocat du roi au bailliage ce Cacn, puis licutenant- général, et enfin président au méme bailliage. Il paraît avoir gardé cette charge jusqu’à sa mort, arrivée en 1606.
Vauquelin profita des loisirs que lui laissaicnt ses graves fonctions pour composer un Art Poétique français, ouvrage digue de beaucoup plus d'attention que ne lui en
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SÉIZIÈME
ont accordé plusieurs de nos arislarques. Marmontel se contente de dire : « La Fresnayÿe, imitateur d'Ilorace, a joint aux préceptes du poûte latin quelques règles particulières à la poésie frauçaise ; et son vieux style, dans sa naivelé, ne manque pas d'agrément ; mais le coloris, l'harmonie, l'élégance des vers de Despréaux l'ont effacé. A peine lui reste-t-il la gloire d'avoir enrichi de sa dépouille le poëme qui a fait oublier le sien (Éléments de Litiérature). » La Harpe, beaucoup trop sujet à prononcer sur les ouvrages sans les avoir lus avec une patiente et judicieuse attention , dit avec an injuste dédain : « Ou me permettra de compter pour rien la Fresnaye-Vauquelin, dont la Poëtique, souverainement plate, n'est le plus souvent qu'une languissante parapbrase d'Horace , et n’a rien fourai à Boileau qui vaille la peine d'être imité ( Cours de Littérature, sixième volume). » M. de Sainte-Beuve , plus juste envers Vauquelin , lui paie un tribut d'estime en ces termes : « Vauquelia écrivit, sous Henri III, un Art Poëtique eu vers, fort judicieux dans les préceptes et curieux encore aujourd'hui par beaucoup de détails d'histoire littéraire. Boileau en a profité habilement, comme il savait profiter de tout. Les vers suivants prouvent que le disciple de Ronsard se ressentait déjà du voisinage de Malherbe :
Notre poësle en sa simplesse utile
Étant comme une prose en nombres infertile, Sans avoir tant de pieds comme les Grecs avalent, Ou comme les Romains qui leurs pas ensuivalent. Ains seulement la rime , et faut, comme en la prose, Poîte, n oubiler aux vers aucune chose
De ls grande douceur et de la pureté
Que notre langue veut sans nulle obscurité ;
Et ne recevoir plus la jeunesse hardie
A faire aînsi des mots nouveaux à l'élourdic, Amenant de Gascogne ou de Langue-d'Ouy .
D'Albigeols, de Provence, un langage inoui,
Ou, comme un Dumoustier, faire une parlerle Qui, nouvelle, ne sert que d'une moquerte.
N'y a-t-il pas ici un précurseur de Boileau ? »
Le poëme de Vauquelin manque de cet ordre qui doit présider à la composition d’un ouvrage, de ce jugement quai détermine la place de chaque partie et son importance dans l’ensemble. L'auteur prodigue les vers sur un même sujet ; il tombe dans des redites. Quelquefois la liaison logique n'existe pas entrele précepteet lesexemples choisis pour le faire ressortir ; mais l’œuvre respire la connaissance de l'antiquité, que l’auteur juge avec discernement ; il connaît les défauts de Claudien et de Lucain; il a bien compris la pensée d'Horace ; assez souvent il la rend avec bonheur. Comme Horace et Boileau, il recommande le travail aux écrivains; mais en leur couseillant de polir leurs ouvrages, il les avertit aussi d'éviter le soin trop curieux de ces auteurs difficiles qui gâtent leurs productions à force de les retoucher. Suivant la manière des Grecs, plus riante que celle des Romains, il sème dans son Art poétique des ornements agréables, qui corrigent la sécheresse du genre didactique. Il savait beancoup mieux que Boileau notre histoire littéraire; jaloux de l'honneur national, il réclame pour nous des créations que l’Espagne et l'Italie nous ont emprunlées, sans indiquer la source où elles avaient puisé. S'il met la bride et le mors à la bouche des écrivains trop fougueux , il sait donner aussi à la jeunesse les conseils
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