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. ciens , emprunta aux Grecs et aux Latins leurs | Enfin Ronsard approuva, sans la pratiquer, la . expressions composées , mit à contribution tous | réforme tentée dans l'orthographe par Meygret, su . les patois, tous les arts et métiers, leur prenant | Ramus et Pelletier du Mans; il ne se montra < “les termes qui lui semblaient de bon aloi, s’ef- | pas non plus opposé à l'introduction du système se forçant de relever par des alliances nouvelles | métrique dans la versification française, à l’in- % ceux que le peuple s'était déjà appropriés. Mal- | star de celle des anciens, et il composa deux odes & . heureusement , dans ces entreprises délicates et | saphiques où il observe la quantité, sans préju- + = qui demandaient un tact si sûr, une oreille si | dice de la rime. Cette innovation, que, dans le œ sensible à l'harmonie, Ronsard n'eut pas pour | dix-huitième siècle, Marmontel et Turgot dé- % Le auxiliaire et pour guide le bon goùt. Ses con- | clarèrent encore possible, avait alors Baïf pour . “ temporains, émerveillés de lui, adoptèrent de | ardent promoteur, et Jodelle, Pasquier, Ra- . à confiance ses créations, et ne purent lui donner | pin, Sainte-Marthe, Passerat , pour zélés parti-
> des avertissements qui l'auraient préservé du | sans.
“rt danger de tomber dans le bizarre et le ridicule. Outre les vers métriques, on essaya les vers
Je Imprudentet pressé de jouir,commela plupartdes | blancs. Un ami de Marot, Bonaventure Desper- . “… novateurs, il voulut devancer l’œuvre du temps | riers, traduisit la première satire d'Horace en -
et faire en quelques années une réforme qui de- | vers de huit syllabes, non rimés, « ce qui est
ë mandait un siècle de reflexions , d'essais, detâ- | » aussi étrange en notre langue française, dit
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tonnements, et leconcours de plusieurs écrivains d'accord dans le dessein de perfectionner la langue, les uns après les autres ; mais ces réflexions, qui motivent la sévérité de Boileau envers Ronsard , n'empêchent pas que le grand critique n'ait eu tort de ne pas accorder un tribut d’éloges au mérite réel d'un poëte dont il n’a pu méconnaitre le génie.
Notre versification dut à Ronsard des progrès importants : il nous donna huit ou dix formes de strophes sans modèles avant lui ; ilinventa un grand nombre de rhythmes dont plusieurs furent supprimés par Malherbe, comme trop savants et trop compliqués. Le premier, après Jean Boucher, Ronsard adopta l'entrelacement réculier des rimes masculines et féminines, et fit de ce progrès une règle que Dubellay avait d’abord méconnue , en la qualifiant de superstitieuse ; puis, de concert avec ce poëte, réhabilita l’alexandrin, négligé dès sa naissance, et l'employa souvent dans ses premières poésies, surtout dans ses hymnes ; mais il l’exclut de sa Franciade , écrite en vers de dix syllabes, sous prétexte que « les alexandrins sentent trop la prose » très-facile, sont trop énervés et flasques, si ce » n’est pour les traductions auxquelles, à cause » de leur longueur, ils servent de beaucoup pour » interpréter le sens de l’auteur. » C'était revenir sur ses opinions par des motifs bien étranges. Avec plus de raison peut-être , il finit par adopter les enjambements d'un vers sur un autre, que, dans sa jeunesse, il avait proscrits.
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» Sebilet, l’auteur d’un Art Poëlique , comme » le seraient, en la langue grecque et latine, lire » des vers sans observation de syllabes longueset » brèves, qui soutiennent la modulation et mu- » sique du carme en ces deux langues, tout ainsi » que fait en la nôtre la rime. » Cet essai n'eut pas de suite : admis dans les langues italienne et anglaise, le vers blanc ne parvint jamais à s'établir dans la langue française , où la rime fut toujours regardée comme la partie constituante du vers.
On sait que Boileau conclut son appréciation de Ronsard par les deux vers qui suivent :
Ce poète orgueilleux , trébuché de si haut, Rendit plus relenus Desportes et Bertaut.
C'est encore une inexactitude. Ronsard jouissait de toute sa gloire lorsque Desportes et Bertaut commencèrent à rimer. Tous deux étaient ses disciples , et marquèrent la seconde période de son école ; seulement leur génie différait sensiblement du sien : à la rude énergie, à l’'âpre crudité de leur maître ils substituèrent la mollesse et l’afféterie , ce qui n'empêcha pas Ronsard lui-même de proclamer Desportes le premier poële français, et de ne trouver rien à reprendre en Bertaut, sinon qu’il était un poëte {rop sage : il aurait pu dire trop plat. Bertaut survécut à Henri IV , et ne mourut que plusieurs mois après l’avénement de
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Louis XII1;et par lui s'opéra la transition de | dant pour lui et pour tous les poètes en génél'école dégénérée de l’auteur de la Franciade | ral le plus de liberté possible. Fidèle, à ses se aux mauvais rimeurs protégés par le cardinal de | premières admirations, à ses traditions d'école Richelieu. Du reste, l'espèce d'égalité uniforme | et de famille, Régnier combattit souvent avec <: et médiocre dans laquelle nous avons vu se con- | bonheur la nouvelle réforme qui tout à coup leva fondre les physionomies des troubadours et trou- | l'étendard , après avoir lancé un manifeste inju-
vères, se reproduisitentre les poètes dont la foule | ricux et presque menaçant. ds environna Ronsard. Les poëtes de la pléiade et « On entrait dans la première année du dix- ne leurs successeurs se ressemblaient de telle sorte | » septième siècle, dit M. Sainte-Beuve; l'école © qu'il était impossible de nommer l'auteur d'a- | » de Ronsard était encore en pleine vogue; Des- < près l'œuvre. » portes et Passerat vivaient; Bertaut n'avait
Parmi les Duperron, les Delingendes, les Dur- | » que quarante-huit ans, et Régnier que vingt- se fé, les Vauquelin de La Fresnaye et les Desive- | » sept, quand on commenca à parler sérieuseteaux , se distingue Jean Passerat, qui, le pre- | » ment dans Paris et à la cour du talent poëti- se mier depuis la réforme de 1549, revint à la gaieté | » que d’un gentilhomme normand, qui depuis # naturelle et à la bonne plaisanterie du vieux » Jongtemps habitait en Provence et ne venait temps. À côté de lui, mais avec plus de verve, | » dans la capitale que quand des affaires l'y <> d'originalité, de puissance, Mathurin Régnier, | » obligeaient. Ce gentilhomme, nommé François = neveu de Desportes, s'élevait alors dans l'école | » Malherbe, n'était déjà plus de la première jeu- <: de Ronsard , qu'il devait un jour défendreetef- | » nesse : il avait quarante-cinq ans, d'ailleurs facer tout entière. Boileau, dont il fut le pré- | plein de feu et de virilité. On citait de luides °° curseur, le considérait comme un disciple de Ju- | » mots heureux, des reparties originales, mais
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vénal et d'Horace : » assez peu de vers. Duperron le vanta fort à » Henri IV, qui se promit de l'appeler à la cour. “
se — 7 » Par malheur, les finances ne permettaient plus 2% (a De ces maitres savants disciple ingénieux, dére d t sHéh. À s Régnier, seul parmi nous, formé sur leurs modèles, d “ PeCORERPEEE ee $, COMME SOU do Daus son vieux style encore a des grâces nouvelles. » ri III, par dix mille écus de rente, ctlerigide °°?
» Sully, qui aimait mieux la bure et la laine que
% » les beaux tapis de soie, pensait sans doute, & “%æ L'éloge ne serait pas suffisant si Boileau ne | » comme Malherbe luimême, qu'un poëte n'est % À l'eût complété lui-même , en ajoutant , dans ses | » pasplus utile à l'élat qu’unjoueur de quilles.Ce a Reflexions sur Longin : « Le célèbre Régnier est | » fut donc seulement quelques années après (en <: À » le poète français qui, du consentement de tout | » 1605), qu'informé par Desiveteaux d'un voyage .
» le monde, a le mieux connu, avant Molière, | » de Malherbe à Paris, Henri IV lefit venir, l'en- 2% » lesmœurset le caractère deshommes.» Rabelais | » sagea à rester, et, n'osant fronder toutefois l'avait formé plus encore que Juvénal, dont le | » l'économie de son ministre , chargea M. de Bel- à véritable représentant , chez nous, fut un gentil- | » lesarde de donner au poëtelelit,latableetles 2° homme huguenot, Théodore-Agrippa d'Aubi- | » appointements. Vu de plus près, Malherbe ne +: gné, l’auteur de la Confession de Sancy et des | » perdit pas dans l’estime publique : on recon- > Aventures de Fenwste. Régnier, avec son abon- | » nut que s'il faisait peu de vers, il les faisait sÿo dance, sa verve, ses hautes inspirations, son | » bons; mais on ne put s'habituer aussi vite àsa < coloris et sa naïveté , que La Fontaine a repro- | » manière de juger les autres. Il ne parlait des + duite , est le meilleur des guides pour nous in- | » renommées établies qu'avec un dédain prodiquer ce qui manque au ta'ent de Boileau. Ily | » fond; le seul poëte qu’il estimät était Régnier, <: a beaucoup du style de Molière dans les satires | » ct encore il l'avait pour ennemi. Bertaut, se- <°
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4° 4 de Régnier; et, sous beaucoup de rapports, il | » lon lui, était tolérable quelquefois ; mais Ron- Si
ce mérite d'être cité comme un modèle, quoiqu'il | »sard, mais Desportes, il les traitait, entoute “ se soit permis plusieurs des licences qui de- | » occasion, sans pitié ; il chargeait leurs exem- “ vaient être bientôt prescrites par un goût plus | » plaires de critiques et mêmes d'injures, au ‘ x sévère. Ennemi de toute contrainte, deman- » grand scandale des hommes élevés dans
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