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» l'étude et l'admiration de la vieille poésie. »
Ainsi s’annonca et fut consommée la nouvelle réforme; ainsi procéda Malherbe par l'exemple et par la critique : heureux s'il eût su s'arrêter à propos dans cette dernière voie , s’il n’eût exagéré la rigidité pédantesque au point de mériter le surnom de tyran des mots et des syllabes ! Indépendamment de la noblesse , de l'élevation , de l'harmonie qu'il imposa au style pottique , il promulgua des règles dont personne n'osa plus s'écarter : il condamna les hiatus ou rencontres de voyelles, les enjambements ou suspensions ; il voulut que la césure füt sévèrement observée , et se montra d'une extrême difficulté à satisfaire sur la rime ; il ne souffrit plus les élisions de certaines lettres, selon que la mesure du vers le demandait ; il se prononca contre toute espèce d'inversions dures et forcées on de cacophonies, contre les consonnances de l'hémistiche avec la fin du vers, et de la fin du vers avec l’hémistiche du précédent ou du suivant; contre les chevilles et les bourres. Boileau s'est donc exprimé avec une parfaite justesse lorsqu'il dit , dans l’Aré Poétique :
Enfin Malherbe vint , et le premier en France, Fit sentir dans les vcrs une juste cadence, D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir , Et réduisit la muse anx règles du devoir.
Par ce sage écrivain la langue réparée
N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée : Les stances avec gräce apprirent à tomber,
Et le vers sur le vers n'osa plus enjarmber.
Toat reconaut ses lois , et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.
Oui, le code dicté par Malherbe conserva force de loi, preuve certaine qu’il n’était pas arbitraire, mais qu’il sympathisait avec le caractère national, dont le goût littéraire n'est que le reflet. Ce code s'étendait à la poésie et à la prose; car Malherbe ne fit pas moins pour l'une que pour l’autre; il devina Balzac et le forma par ses conseils. Il effaca, peut-être à tort, la trace profonde que Ronsard voulait creuser entre les deux formes de langage : à la prose, il enseigna la solennité et la pompe; à la poésie, la correction et la netteté. Sans doute on peut l'accuser d'avoir réprimé si durement Ja licence que la liberté ne put manquer d'en souffrir. On peut dire qu'avec moins de purisme grammatical et plus