CÉSAR VICTORIEUX
Cuire dicux qui, sans mourir, livrez tout au trépas, Qui, sans jamais changer, changez tout ici-bas, Vous avez élevé jusques au ciel qui tonne
La romaine grandeur, par l'effort de Bellonne, Maistrisant les humains d’une horrible fierté, Captivant l'univers, veuf de sa liberté!
Toutefois aujourd’hui cette orgueilleuse Rome, Sans bien , sans liberté, ploye au vouloir d’un homme ; Son empire est à moi, sa vie est en mes mains;
Je commande, monarque, au monde et aux Romains; Je fais tout, je peux tout, je lance ma parole, Comme un foudre bruyant, de l’un à l’autre pôle, Soit où Phébus attelle au matin ses chevaux,
Où la nuit les reçoit, recrus de leurs travaux
Où les flammes du ciel bruslent les Garamantes, Où souffle l’aquilon ses froidures poignantes ;
Tout reconnoist César, tout frémit à sa voix,
Et son nom seulement épouvante les rois".