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d'entrainement lyrique, il eût ouvert un plus vaste champ à la poésie française; mais qui sait ce qui serait advenu d'une plus grande condescendance ? Qui sait si, tout restreint qu'il parait, le champ ouvert par Malherbe n'était pas le plus justement mesuré à nos soûts littéraires, à nos habitudes sociales? « Quand Malherbe vint, » dit encore M. Sainte-Beuve, il trouva beau- » coup à détruire et beaucoup à réparer. Chez » lui, la critique raisonnée ne laissa nulle place » aux inspirations naïîves, et la première lecon » qu'il donna à notre muse au berceau consista » presque dans ce seul mot : absliens-tloi, dont » elle s'est longtemps souvenue. Dès lors il n’y » eut plus à espérer pour elle de retour spontané » vers Ces croyances simples et profondes , mé- » lancoliques ou riantes, si chères à l’enfance » des nations modernes. Une éducation régulière » et positive lui interdit, en naissant , les ébats » et la rêverie. Mais assez d'avantages sont ré- » sultés de cette discipline pour qu'on ne sache, » après tout, s’il faut s'en réjouir ous’en plaiu- » dre. » Ni les raisonnements les plus ingénieux, ni les conjectures les plus spirituelles , ne nous semblent de force à ébranler la sagesse de cette conclusion.
Jusqu'ici nous avons assisté aux progrès d'un double travail s'accomplissant dans le même temps et par les mêmes lois, à la formation d'une laugue et d’une poésie. Ce travail est terminé : la langue et la poésie sont fixées. Une langue peut-elle jamais l’être? Oui, sans doute, en ce sens, que ses éléments, toujours soumis à des chances d’altération , de perfectionnement, cessent de l’être à celle d'une rénovation totale, qui, de siècle en siècle, la rende absolument méconnaissable , et impose la nécessité d'une continuelle traduction de l'idiome enfant dans l’idiome adulte , et de celui-ci dans l’idiome parvenu à sa maturité. Une fois que la langue a touché ce point, sa physionomie ne varie plus que comme celle de l'être humain qui a pris sa croissance. Alors elle devient capable d’une autre production jusque-là refusée à ses efforts : nous voulons parler de la littérature classique. Cette dénomination n'a rien d’arbitraire ; elle tient à des conditions sur lesquelles nulle incertitude ne règne, nul débat ne s'élève. Chaque nation, chaque littérature, ont eu leur époque classique , laquelle se manifeste
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