‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 330 sur 914 · M Fa Fac · texte numérisé non relu

M Fa Fac

Re

0 9 € RES Ju

HE

Plus tard , Racan écrivit ses odes, ses stances et ses sonnets. En général, l'énergie leur manque ; on y chercherait vainement cette haute inspiration que l'on trouve dans queues strophes de Ronsard et, plus tard, dans Thcophile. Ce qu'il faut y chercher, c'est l'élégance du style, la grâce et le charme da rhythme, la science de l'harmonie et une teinte générale de mélancolie, qui attache à toutes les poésies de Racan un cachet particulier. Tous les sujets traités de préférence par Racan sont empreints d'un grand sentiment moral: la rapidité de la vie, les caprices de l'inconstante fortune, le néaut de la gloire et des richesses, la vanité des honneurs, sont les sources de ses inspirations. Sa muse vit heureuse dans la soh'ude , sous les beaux ombrages d'un pays dont il a gardé l'éternel souvenir. Quand il chante sous l'influence de ce souvenir, il rappelle ce molle atqnue faceltum dont, suivant Horace, la muse pastorale avait fait présent à Virgile. Mais ici, comme dans les Bergeries, on se rappelle trop souvent ce vers de Gressct :

L'ennul naquit un jour de l'uriformité.

Au reste, excepté Racine , tous nos poëtes, Marat , Malherbe , Racaa, Corneille, J.-B. Rousseau lui-même, Lefranc de Pompignan, semblent n'avoir pas compris la Bible et ce qu'on en pourait lirer. S'ils ont quelquefois reproduit avec bonheur quelques - uus des grands traits du modèle , ils n’ont presque jamais atteint les hautes inspirations , le sublime, dont Moïse, les prophètes et Milton sont souvent si prodigues. Ce qui leur manque surtout, comme à l'Ilvmère anglais, c'est la naïveté biblique, qui , tenant à des mœurs parliculières , ne ressemble ni à celle d'Homere, ni à celle de Théocrite, ni à celle de nos pères les Gaulois. Racine a eu le sentiment de cette précieuse qualité dans certains passages d'Esther et d'Alhalie.

On n'apprend pas sans étonnement que Racan, daas un discours prononcé devant l’Académie française, le 9 juillet 1635, se prononÇ1 contre les sciences ; mais son œuvre, toute parserée des paillettes du bel-esprit, ue rappelle en rien l'éloquence nerveuse qui fit le succès du brillant paradoxe de J. J. Rousseau.

Boileau , si sévère envers Quinault, a dit de Racan, dans une lettre à Maucroix : « Racan avait plus de génie que Malherbe; mais il est plus négligé, et songe trop à le copier ; il excelle surtout, à mou avis , à dire les petites

L 1 90 0 P 90.209.970 3 Q 0 9 0 Q I 0 Q 2.9 7 Q 9 9 9 9 2 Q I 9 9.9 0.2 0. PER ERON ER SRE ST DD TA TA TS TS AT TN UT TS TS

+ = + « à Y LA

choses; et c'est en quoi il ressemble mieux aux anciens, que j'adinire surtout par cet cndroit. Plus les choses sont sèches et mal aisées à dire, plus elles frappent quand elles sont dites noblement et avec celte élégance qui fait proprement la poésie. » Boileau a dü sentir le prix de ce gcure de mérite , par lequel il excellait lui-même. 1! a pu dire aussi avec justice :

AMalberbe d'un heros peut vanter les expluits, hacan chanter r'hllis, les bergers et les bols.

Mais il a passé toutes les bornes de l'éloge et manqué entièrement de vérité, daus ces autres vers de sa neuvième salire :

Tout chantre ne peut pas, sur le ton d'un orpbèe, Eutouner en grands vers la discorde étouffce, Pendre Bellonc eu feu , tonnant de toutes parts, Et le Belge effrayé fuyant sur ‘es remparts.

Sur un ton si hordi, ssus étre témeroire,

Racan pourrait chanter à defaut d'un Homère.

U n'y eut jamais en Racin une des grandes vertus du

RS SDS RS SR Re D RAR A US Ne ni NU den Ron SA Re Sas nee ne Des 1 2378 072 07) 0 9 © 6 9 DT D 0 2 3 73 3 0 3 Ÿ 3 0 0 0 D 8 Ÿ 970 0 À 0 © D 3 ED O9 E 8 LES D VD

PR sr.

Page 1