‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 331 sur 914 · CORRE · texte numérisé non relu

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gévie d'Homière , et c'est profaner un aussi beau nom que °;: de le mettre à côté de celui de Racan. Homère habite l'O- < lyÿmpe; Racan, comme la renommée de Virgile, quand clle est pelite encore, volc dans une région moyeunc, entre À, le ciel et la terre. Ÿ . C2 , s À Racan mourut en février 1670, à l'âge de quatre-vingt. ‘: un ans, après avoir perdu Malherbe depuis longtemps. 11 ei avait survécu aux hommes, aux mœurs, aux idées, au <: langage mème, qu'il avait {rouvés à la cour, dans les bril- <. lantes années de sa jeunesse. Sa renommée ne vieillit pas ce avec lui : au coutraire , on peut dire que la postérité com- ©1: mença pour lui de son vivaut. Racan n'était pas seulement a un poële : on le citait encore comme un homme qui ‘ÿ savait converser et vivre. Les esprits les plus distingués, °ÿ les plus délicats de l'époque recherchaient sa société. ie De là sans doute une certaine fleur de bon ton et d'urba- <} pité qui brille daos ses ouvrages. À:

Racan a laissé des Bergeries, une traduction des sept ke Psaumes de la Pénitence , des odes sacrées, dont le sujet ‘’ est empruuté aux Psaumes de David, des Lettres ct des Mémoires sur la vie de Malherbe. oh < É 3 nn PLPR c 3 } Ed ch, A, ch se Je ES À, t cé ch; ls és .

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0 L ’oN pardonne les pleurs aux personnes communes" Mais non pas aux esprits qui, dans les infortunes, + Ont si visiblement leur courage éprouvé.

Modère donc l’ennui dont ton âme est touchée,

“© Et ne regrette point que ton frère ait trouvé :

> La Mort que ta valeur a tant de fois cherchée”.

La gloire étoit le but de son ambition ;

> L'amour de la vertu la seule passion

“ Dout il étoit épris, soit en paix, soit en guerre :

“© En sortant, comme toi, de la tige des dieux, Cependant que le sort l’arrétoit sur la terre,

Tous ses vœuxne tendoient qu’à retourner aux cieux.

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Désormais ce guerrier est, selon son envie, Parvenu par sa mort à la céleste vie,

Après s'être assouvi des appas de l’honneur : Les dieux l'ont retiré des mortelles alarmes,

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* Racan est à peine poëte dans les premières stances qne nous avons citées. Ici, sans élever encore beaucoup le ton, ct sans cesser d'être simple, il va parler avec une certaine noblesse le langage des muscs.

? Non-seulement cette strophe diffère peu de la prose, mals encore il y faut remarquer le mauvais effet que produit la consonnance désagréable des quatre rimes masculines et féminines. Dans la poésie lyrique , le choix heureux des rimes est d'une grande importance ; on reconnaît cette vérité quand on essaie de lire en public telle ode d’un auteur dont l'oreille ne connaît nl la puissance ni la mélodie des sons. Les spectateurs, en vous écoutant, semblent dire par leur silence immobile et glacé : « Je n'entends rien à cetle musique-là. »

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