‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 332 sur 914 · CONSOLATION A M. DE BELLEGARDE · texte numérisé non relu

CONSOLATION A M. DE BELLEGARDE

ch SUR LA MORT DE M. DE TERME, SON FRÈRE.

Et si rien à présent peut troubler son bonheur, C'est de te voir pour lui répandre tant de larmes.

Il voit ce que l'Olympe a de plus merveilleux ; 11 y voit à ses pieds ces flambeaux orgueilleux Qui tournent à leur gré la Fortune et sa roue ‘; Il voit comme fourmis marcher nos légions, Dans ce petit amas de poussière et de boue, Dont notre vanité fait tant de régions.

Mais, puisque ses travaux ont trouvé leur asile, Oublie en sa faveur cette plainte inutile,

Dont l’injuste longueur traverse tes plaisirs. Crois-tu que, jouissant d’une paix si profonde, Il voulût, à présent que, selon tes désirs,

Le Ciel le renvoyât aux misères du monde?

Le bonheur d'ici-bas se passe en un moment;

Le sort, roi de nos ans, y règne absolument ;

Par lui ce grand César n'est plus rien que fumée : Puisqu’en ce changement tu cesses de le voir, Au lieu de sa dépouille , aime sa renommée ; C'est sur quoi le destin n'aura point de pouvoir ?.

* On lit dans la cinquième églogue de Virgile :

Daphais a ful la terre, et rayonnant de glol e, Sur le seuil de l'Olympe il admire les dieux; Il 6 vu sous ses pieds les astres radieux.

3? Cette strophe n'a pas un grand prix : quant à la pièce en général, il y manque des accents du cœur, que la profonde afiliction a besoin d'entendre sortir de La bouche d'un ami.

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