‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 333 sur 914 · D CR · texte numérisé non relu

D CR

sn

> ES TARN EER RES ETES ESS SORTE TESTS SNS DEC E EEE LE SET SNS EN ET EE SE ETES BREST f . | DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. 293 .

Er) a £ “ .

STANCES

; & 4 so Ÿ

Tncis , il faut penser à faire la retraite"; Il laboure le champ que labouroit son père ; cle . La course de nos jours est plus qu’à demi faite ; Il ne s’informe point de ce qu'on délibère lo “% L'âge insensiblement nous conduit à la mort : Dans ces grâves conseils d’affaires accablés. us

Nous avons assez vu sur la mer de ce monde Il voit sans intérêt la mer grosse d'orages, ss

Errer au gré des flots notre nef vagabonde ; Et n’observe des vents les sinistres présages , £ d Il est temps de jouir des délices du port. Q :e pour le soin qu’il a du salut de ses blés. . & Le bien de la fortune est un bien périssable ; Roi de ses passions, il a ce qu'il désire ; g Quand on bâtit sur elle, on bâtit sur le sable ; Son fertile domaine est son petit empire ; . 2 Plus on est élevé, plus on court de danger : Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau; ds

Les grands pins sont en butte aux coups de la tempête, Et la rage des vents brise plutôt le faîte Des maisons de nes rois que les toits des bergers.

ç e Evo e

O bienheureux celui qui peut de sa mémoire Effacer pour jamais ce vain espoir de gloire, Dont l’inutile soin traverse nos plaisirs;

Et qui, loin retiré de la foule importune, Vivant dans sa maison, content de sa fortune, À , selon son pouvoir, mesuré ses désirs

* La Harpe a dit, dans son Cours de Lütérature, volame LV :

« Racan, qui formait son goût sur celui des anciens, emprunta souvent leurs idées morales sur la rapidité du temps et

retraite ; mais il paraphrase un peu longuement ses modèles . ets’ilimite leur naturel, il n'égale pas leur précision. C'est Le seul défaut de ces stances sur la retraite, plus d'une fois citées par les amateurs comme l'un de ses meilleurs morceaux. Les vers se lient facilement les uns aux autres, ils sont doux et cuulants ; 7 mais comme la pièce est un peu longue, celte sorte de langueur qu'on aime pendant trois ou quatre stances, devient monotone quand on eu lit sept ou huit. »

2 C’est nn objet de comparaison assez curieux que de voir précisément les mêmes idées renfermées dans le mène sombre de vers, par le grand versificateur Despréaux :

Qu'heureux est le mortel qui du monde ignore YH content de lul-mème en un coin retiré,

Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jomals enlvré d'uue vaine fumée,

ce Qui de sa liberté forme tout son plaisir,

Et ne rend qu'à lul seul compte de son loisir.

« Peut - être, dit La Harpe, serait-il difficile de choisir entre ces deux passages. L'expression est certainement plus poétique dans le premier; mais il règne dans l'autre je ne sais quel abandon qui p’ut balancer l'élégance.

2-9.9.9.9 ren

Ross 4

son emploi , sur la nécessité de mourir, sur les douceurs de la

Page 1