‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 355 sur 914 · NRA LS LT ELLE NE TELLE RTS LENS EEE R CLIN TESTS · texte numérisé non relu

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298 DIX-SEPTIÈEME SIECLE.

". Ma pompe en déshonneur, mon plaisir en tristesse ,

#4 Et mes chants de triomphe en ces tristes propos : : » Je n'ens pas réclamé tes bontés souveraines

… Que ta grâce ordinaire accomplit mes désirs ;

% « Grand Dieu! si je descends dessous la tombe noire; | Etqu'aux lieux où régnoient et les maux et les peines,

. Qu'ajoutera ma cendre à ta félicité ? Elle fit succéder les biens et les plaisirs *.

. Espères-tu qu'un mort fasse vivre ta gloire,

Et qu'une ombre muette annonce ta clarté? » Pour toutesces faveurs, quin'ont point de pareilles,

ne Je te veux, à Seigneur ! à toute heure bénir, x . » Rends plutôt à nos cris ton oreille propice, Ressentir ton amour, admirer tes merveilles, À 4, Accorde un doux regard à nos maux inhumains, Et consacrer ta gloire aux siècles à venir. » À .

d. Malleville (Claude de }, l'un des premiers membres de | sonnets, rondeaux, épigrammes, élégics. Ces dernières : ee l’Académie française , né à Paris en 1597, était fils d'un | ne manquent ni de naturel ni de sensibilité. 5

officier de la maison du roi. Après d'assez bonnes études, On a retenu le rondeau suivant contre l'abbé de Bois- + &. il entra chez un financier; maisil ne tarda pas à se lasser | Robert, dont Richclieu avait fait un riche bénéficiaire ,et des chiffres et des bordereaux, et fut admis en qualitéde | non pas un bon ecclésiastique : 2

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Je sentis en frayeur changer ma hardiesse, En fontaine mes yeux, en trouble mon repos,

secrétaire chez le maréchal de Bassompierre , qu'il quitta bientôt pour passer, avecle même litre, chezle cardinal de Berulle, dansl'espoir que ce prélat, alors en faveur, l'avancerait plus rapidement. Trompé dans cette espérance, il retourna près de son premier maitre, qu'il accompagna dans son ambassade en Angleterre. Le maréchal, à son retour en France, ayant été mis à la Bastille, Malleville lui rendit de grands services. Ce fut alors que Richelieu fit proposer aux littérateurs qui s’assemblaient une fois la semaine chez Conrart, de tenir leur assemblée dans son palaiset sous sa protection. Malleville répugnait à cette complaisance , par la raison que le cardinal était l'ennemi déclaré de Bassompierre ; mais le plus grand nombre fut d’avis d'accepter la proposition. Après sa sortie de la Bastille, le maréchal de Bassompierre récompensa Malleville de sa fidélité, en le nommant secrétaire des Suisses et Grisons. Cette place valut à l'auteur , en pen de temps, vingt mille écus , dont il employa une partie à acheter une place de secrétaire du roi. Malleville mourut en 1647. Il avait de l'esprit, de la délicatesse, de la facilité ; mais il travaillait trop peu ses vers. Tout le monde connait la réputation de son sonnet de la Belle matineuse. « On ne:parlerait pas aujourd'hui d'un tel ouvrage , dit Voltaire ; mais le bon en tout genre était alors aussi rare qu'il est devenu commun depuis. » Les poésies de Malleville consistent en

4 Strophe tout à faîft mauvaise.”

Et fais que ta pitié détourne ta justice, D'abandonner aux vers l'ouvrage de tes mains".

Colffé d'un froc bien raffiné,

Et revêtu d'un doyenné

Qui lui rapporte de quoi frire,

Frère René devient messire,

Et vit comme un detecrmiié.

Ua prélat riche et foriunè

En est, s'H le faut alusi dire, Colffé.

Ce n'est pas que frère René

D'aucun mérite soit orné,

Qu'il solt docte et qu'il sarhe écrire,

Ni qu'il dise le mot pour rire;

Maïs seulement c'est qu'il est né Coiffé.

* Licellent vers.

: En revenant sur la même pensée avec le texte, fl fallait la rajeunir par la nouveauté de l'expression ; mais, au total, l'imitation a un charme qu'on ne trouve pas dans l'original.

Le texte ne contient pas autant de répétitions de la même pensée; mais ces répétitions mèmes ont une certaine grâce dans limitation de Malleville, et cependant il aurait bien fait d'être plus sobre : ainsi, par exemple, la quatrième strophe est inutile ; la sixième est évidemment de trop; on pourrait se passer de la septième, quoique agréable ; mais la huitième me paraît charmante, parce qu'elle rend avec beaucoup d'élégance l'effet du retour de la lumière sur les cœurs malades , dont elle dissipe les chagrins, comme elle chasse les ombres de la nuit.

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