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Si dans ce champ ingrat je sème tes louanges,
Et si j'ose chanter en ces terres étranges
Les hymnes qu'en Sion je chantois autrefois,
Je veux voir sans retour mon absence inhumaine, Mes doigts sans mouvement, mes poumons sans haleine, Mon luth sans harmonie, et ma bouche sans voix.
Mais, Ô juste vengeur ! lâche ta main armée Sur ce peuple jaloux, sur ce traitre Idumée, Qui de nos déplaisirs vint aggraver le faix : N'épargne contre lui ni foudre ni tempête ; Dans ses propres filets enveloppe sa tête,
Et tourne contre lui la pointe de ses traits.
Il a des affligés la cause méprisée :
Il a des oppresseurs la fureur attisée ;
Il a vu d’un œil sec nos temples profanés :
I] fait ses pourmenoirs de nos terres désertes,
Ses chansons de nos pleurs, ses trésors de nos pertes, Et semble triompher de nous voir enchainés. ,
* Qu'on perde, disolt-il, cet empire superbe ; Qu'un généreux courroux mette plus bas que l'herbe Ces palais élevés , de richesse éclatants ;
Qu'à la rage du feu tout serve de matière ;
Que la grande Sion soit un grand cimetière ;
Et qu'on fasse une mer du sang des habitants.»
Et toi, fière cité, cruelle Babylone,
Qui fais de notre sang la pourpre de ton trône, Tu verras quelque jour la fin de ton orgueil ; La hauteur de tes murs me présage ta chute”? ; À tous les coups du ciel tu serviras de butte, Et sous ton propre faix tu verras ton cercueil.
« Cette strophe est pleine de vigueur.
? Très-beau vers. Pourquoi faut-il qu'il soit suivi de deux vers si faibles!
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Viens donc, à mon support, où la pitié t'appelle! Réserve à ta fureur cette race infidelle,
Qui nage en notre sang , qui se baigne en nos pleurs: Oppose ta puissance aux progrès de sa gloire ;
Et pour ne rien laisser qui marque sa victoire, Arrache-lui du front les palmes et les fleurs".
Si ta main est fatale aux crimes des coupables, Si ta faveur est prête aux cris des misérables, Je la verrai pleurer le reste de ses jours;
Je verrai ses palais en cendre $e résoudre,
Et sous même ruine un même coup de foudre Confondre son orgueil et celui de ses tours *.
Souviens toi que ta gloire, et non pas mon supplice, Sollicite ma voix à prier ta justice
De ranger nos tyrans aux pieds de la raison, Et que je n'eus jamais de si grandes tristesses, De me voir dépouiller de toutes mes richesses Que de te voir bannir de ta propre maison.
Prends donc soin de toi-mème, et te rends plus sévère : Qui frappe les enfants, il offense le père ;
L'intérêt des sujets est la cause du roi;
Et ceux qui, d'une main que la fureur anime, Font d'un sacré ministre une ardente victime, Déshonorent le Dieu dont ils prêchent la loi".
Ces vainqueurs , emportés d’une injuste licence, De tes chers favoris afflisent l'innocence,
Et jusques à l'excès portent leur cruauté :
Ils osent attaquer ta puissance suprême, Profanent ton saint temple, et de ton autel même Font le trône éclatant de leur impiété.