‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 363 sur 914 · LA SOLITUDE · texte numérisé non relu

LA SOLITUDE

ODE

| Ug je chéris la solitude! Que sur l’aubepine fleurie,

Que ces lieux sacrés à la nuit, Dont le printemps est amoureux, Eloignés du monde et du bruit, Philomèle, au chant douloureux, & Plaisent à mon inquiétude ! Entretient bien ma rêverie! Mon Dieu! que mes yeux sont contents Que je prends de plaisir à voir De voir ces bois, qui se trouvèrent Ces monts pendants en précipices, A la nativité des temps, Qui, pour les coups du désespoir, Et que tous les siècles révérent, Sont aux malheureux si propices, Être encore aussi beaux et verts Quand l'amertume de leur sort Qu'aux premiers jours de l'univers. Les oblige à chercher la mort. Un gai zéphire les caresse Que je trouve doux le ravage D'un mouvement doux et flatteur; Des torrents fiers et vagabonds, Rien que leur extrême hauteur Qui se précipitent par bonds Me fait remarquer leur vieillesse. Dans ce vallon vert et sauvage, Jadis Pan et ses demi-dieux | Puis glissants sous les arbrisseaux, Y vinrent chercher un refuge, Ainsi que des serpents sur l'herbe, Quand Jupiter ouvrit les cieux Se changeant en gracieux ruisseaux, Pour nous envoyer le déluge, Où quelque naïade superbe «+ Et, se sauvant sur leurs rameaux, Règne, comme en son lit natal, A peine virent-ils les eaux‘. Dessus un trône de cristal ! 4 Vers prosaïque. Que j'aime ce lac si paisible !

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