PORTRAIT D'UNE SAINTE, DOUÉE DU DON DE PROPHÉTIE
Üse femme élevée à cette pauvreté,
Après les sens vaincus, après le corps dompté, Dans le désert prochain , toujours en Dieu ravie, Aux célestes esprits s'égale par sa vie.
La nature, dit-on, conserve en son désert
Cet esprit doux et sain, cel habit toujours vert,
avoir un agrément infini? un style pur, élégant et avoué par le goût. Ceux de mes lecteurs qui voudront lire, d'ins cet esprit, les vers du père Le Moine et de ses pareils, feront par degrés de grauds progrès dans l'art de la critique.
: Ce n'est pas ici la langue polie et châtiée de Racine: mais c'est la lingue énergique et simple de Corneille, avec une richesse de couleurs qui semble un préseut de la nalure dans le père Le Maine. Les quatre derniers vers me paraissent avoir les caractères de la grande poésie.
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Qu'elle avoit autrefois , lorsqu'encore innocente, Et des premiers présents de la grdce éclatante, Elle régnoit en paix, riche de ses atours,
Et belle de la fleur des saisons et des jours ; L'été frais et serein, l'hiver tiède et sans neiges, Y conservent encor leurs premiers priviléges.
Les plus fiers animaux et les plus inhumains, Dociles à sa voix, traitables sous ses mains, Semblent en elle encor de la nature humaine Reconnaître l'empire, honorer le domaine.
Lors même que le Nil, par son débordement, De tout le plat pays ne fait qu'un élément,
Le flot respectueux et la vague tremblante D'un enclos de cristal ceignent la pénitente. Son saint réduit alors, du fleuve environné, Et d'un rempart mobile et flottant couronné, Est comme un saint asile où, durant le déluge, Les animaux près d'elle ont un lieu de refuse.