PARALLÈLE DE CÉSAR ET DE POMPÉE
1 UN compare à regret les Gaules tributaires Au joug de Cilicie et de tous ses corsaires, ; Et, malgré la Syrie et les Arméniens , | Craïnt qu'un nouveau triomphe efface tous les siens ; L'autre de ses progrès flatte son grand courage; Cet ouvrier orgueilleux admire son ouvrage, Et croit, au noble feu qui brûle dans son cœur, Que la seconde place offense sa valeur.
Bref, dans cette fierté que leur gloire a fait naître, L’un ne veut point d'égal, et l'autre point de maître.
‘ Ouvrier est de trois syllabes, et produit d'aillenrs un mauvais effet à côté d'ouvrage.
? Ce vers inutile est une cheville ; le texte dit avec une brièveté pleine de sens :
Te jsm series, ususque laborum Erigit.
« Toi César, la succession de tes travaux et l'habitude de l'action excitent ton ardeur. »
De si hauts partisans s'arment pour chacun d'eux, Qu'on ne sait qui défendre ou qui blâmer des deux, Qui des deux a tiré plus justement l'épée :
Les dieux servent César; mais Caton suit Pompée ‘. L'orgueil assortit mal ces superbes rivaux”,
Et, bien que concurrents, ils ne sont point égaux. L'un gouverne en repos les peuples de la terre, Ilustre dans la paix, autant que dans la guerre : Et le soin où la robe attache ses vieux ans
Ralentit cette ardeur qui fait les conquérants ?. Après que ses travaux ont hâté sa vieillesse,
Il jouit des lauriers qu'a cueillis sa jeunesse,
Et, voulant à son âge accorder ses désirs,
‘* Ce sont là d'excellents vers; le texte dit : « La cause du vainqueur a plu aux dieux; mais Caton a embrassé celle du vaincu. »
3 Vers inutile. Le second, moins bref que l'original, qui dit seulement : « Nec coiere pares, rend très-fidèlement la pensée.
‘ Le texte porte : « Mais, calmé par un trop long usage de la toge et par les loisirs de la'paix , il a désappris le rôle de capitaine.