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Cherche d'autres honneurs et de plus doux plaisirs. Rome, qui doit sa gloire à ses premiers services, Doit à ses derniers soins sa pompe et ses délices : Les spectacles, les jeux, les divertissements,
Font souvent son étude et ses empressements;
Et par ce doux repos et cette paix profonde,
Il est maitre des cœurs, aussi bien que du monde. Au bruit déjà semé de la rébellion,
11 demeure sans trouble et sans émotion.
Pour voir la rage éteinte et l'audace trompée,
Jl lui veut seulement montrer le grand Pompée,; Et l'ombre de ce nom, qu'on adore en tous lieux, Lui paroit un rempart contre les factieux *.
Tel un arbre chargé de superbes trophées, D'armes, d’or et d'azur richement étoffées , D'écus, de javelots, de carquois , de drapeaux, Bien que déjà son âge ait séché ses rameaux, Malgré la loi des ans et leur cruel outrage,
Fait ombre de son tronc, au lieu de son feuillage; Et bien qu'il soit en proie à l'injure du temps,
Le butin de l'orage et le jouet des vents,
Que cent arbres touffus étalent leur richesse,
Et montrent les présents d'une verte jeunesse,
Jl attire lui seul les yeux des nations,
Et seul trouve des vœux et des soumissions ?.
* Ces vers, parmi lesqnels on trouve plusieurs traits dignes de Corneüle, sont une trop longue paraphrase de l'origiual , dont voici le sens : « Solliciteur de renommée, il sacrifie beaucoup à la multitude , se laisse entraîner tout entier au souflle de la faveur populaire, et se plaît aux applaudissements de son théâtre; mais il n'acquiert pas de nouvelles forces , et se contie beaucoup trop à son ancienne fortune. 11 reste debout comme l'ombre d'uu grand nom. »
* Brébeuf emploie treize vers à traduire les sept vers de l'original ; il a surtout trop paraphrasé ce beau trait : Sola lamen colilur, que La Harpe a bien rendu; mais son rival ne mauque ni de poésie ni de richesse de couleurs.
Brébeuf a tout à fait manqué le portrait de César , qui est un chef-d'œuvre dans Lucain.
Voici le mème morceau traduit par La Harpe :
Pompée avec chagrin voit ses travaux passés,
Par de plus grands exploits tout près d'être effacès. Par dix aus de combats la Gaule assujettie
Semble faire oublier le vainqueur de l’Asie;
Et des braves Gaulois le hardf conquérant
Pour la seconde place est désormais trop grand.
Pe leurs prétentions la guerre enfin va naitre:
L'un 0e veut point d'égal, et l'autre point de maitre. Le fer doit decider; et ces rivaux fameux
D'an suffrage imposant s'autorisent tous deux.
Les dieux sont pour César, mais Calon suit l'ompre. L'un contre l'autre enfin prêts à tirer l'épée,
Lans le champ des combats ils n'entraient pas égaux. Fompée oubila trop la guerre et les travaux :
La voix de ses flatteurs cndormit sa vlelilesse,
De la faveur publique HN savoura l'hresse;
Et , livré tout entler aux valus amusements,
AUX jeux de son théitre, aux apploudissements. Live plus les élans de cette ardeur guerriere,
Ce besuin d'ajouter à sa gloire première;
Et, fler de sou pouvoir, sans crainte ct sans soupçon, 1 vielllit en repos à l'ombre d'un grand nom.
Tel un vicus chène, orüé de dons et de guiriandes,