PORTRAIT DE CATON
Bavrus de ces frayeurs défend son grand courage, Et conserve le calme au milieu de l'orage.
Au point que la nuit sombre efface les couleurs, Dispense le sommeil et cliarme les douleurs,
Il va chercher Caton, ce sublime génie,
L'oracle de l'état et le dieu d'Ausonie.
Et du peuple et des chefs étalant les olfrandes, Miaé dons sa racine et par les ans flétri,
Tient encor par sa masse au sein qui l'a nourrl. Ses longs rameaux noircis s'étendent sans feulllage : Mals son tronc depoullle répand uu vaste ombrage. D'une forêt pompeus- il s'élève entouré;
Mais seul près de su chute il est encore sacré. César 8 plus qu'un nom, plus que sa renomnice : li n'est point de repos pour cette ame euflammée. Attaquer et combattre, et vaincre et se venger, User tout, ne rien craindre ct ne rien ménager ; Tel est César. Ardent, terrible, infatigable,
De gloire et de succès toujours insatiable,
Rien ne remplit ses vœux, ne borne son essor: Plus il obtient des dieux, plus 11 demande encor. L'obstacle et le donger plaisent à son courage,
Et c'est par des débris qu'il marque son passage. Tel échappé du sein d'un nuage brûlant
s'élance avec l'éclair un foudre étincelaut ;
De sa clarté rapide I! ébloult la vue:
1 fait des vastes cieux retcntir l'étendue,
Frappe le voyageur par l'effroi renversé, Ewbrase les autels du dieu qui l'a lnnré,
De la destruction lalsse partout la trace,
Et , rassemblant ses feux, remoutc dans l'espace.
Autre morceau du même livre, traduit par La Harpe :