‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 434 sur 914 · PERRET · texte numérisé non relu

PERRET

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Cette âme, inaccessible aux changements divers, Rouloit dans son esprit le sort de l'univers, Veilloit sur les Romains, leur partageoit son zèle, Etcraignoittout pour eux sansrien craindre pour elle’. « Seul exemple, dit Brute, et reste précieux

De cette âpre vertu qu'adoroient nos aïeux, Divinité visible, homme au-dessus de l'homme, Sur qui roule l'attente et le destin de Rome, Assure mon esprit, instruis ses mouvements,

Et sur tes volontés règle nos sentiments.

Qu'en ces divisions chacun se fasse un maitre ; Brutus n'en connoit point , si Caton ne veut l'être. Que résout donc ton cœur ? où penchent tes desseins ? Vois-tu sans t'émouvoir le trouble des Romains ? Ou bien, au gré du sort, mêlé dans la tourmente, Rends-tu la honte illustre et la rage innocente * ? Ces foibles partisans qu'arment nos factieux N'outragent pas en vain la nature et les dieux ;

Ils vendent à leurs chefs leur hassesse et leurs crimes, Et d'un lâche intérêt ils se font les victimes :

L'un, dans la violence et dans la cruauté,

À des forfaits publics cherche l'impunité ?;

S'agiter à grand bruit les antiques tomheaur. Jusque dans nos remparts des ombres s'avancèrent. Les mânes de Sylla daus les champs s'élerérent, D'une voix lamentable annonçant le malheur.

Du soc de la charrue on dit qu'uu laboureur Entr'ouvrit une tombe, et, saisi d'épouvante, Vit Marius lever sa tête menaçaulc,

Et , les cheveux épars, le front cicatrisé, S'assco:r pâle et sauglhant sur son tombeau brisé.

4 Le texte dit: « Brutns va frapper au senil des modrestes foyers de Caton, le trouveuniquement ocçupé, dans sa veille inquiete, à méditer sur les destinées publiques, sur les malheurs de la ville de Romulus, tremblant pour tous, tranquille sur luimême.

Ce débat de la scène rappelle un passage de la fable de Démocrile et les Abdéritains, par La Fontaine :

Et voyez, je vous prie, Quetiles rencontres dans la vie Le sort cause. Hippocrate arriva dans le temps Que celui qu'on disait n'avoir raison nisens, Cherchait, dans l'homme et dans la bête, Quel siége n la raison, solt le cœur, soit la tête. Sous un ombhrage épais, assis pres d'un ruisseau, Les labyriut!.cs d'un cerveau L'occupalent..…..

L] 2 Ce vers , vague ct obscur, ne rend pas bien la pen+ée de Lucain : « Ou te plalt-il, en te mélant à des artisans de crimes et aux désastres d'un peuple furieux, d'absoudre la guerre civile

par la présence. »

: Le texte porte : « Chacun a des intérêts qui l'enfrainent à cette guerre criminelle : pour les uns, c'est le déshonneur de leur maison et la terreur des lois toutes puissantes pendant la paix; pour les antres, c'est la misère , qu'ils fuient en courant aux combats, et l'acquit de leurs dettes, qu'ils espèrent trouver dans la ruine générale. »

Plus loin, Lucain achève ainsi le portrait de Caton :

« Depuis le jour où ce grand ciloyen avait vu les Romains lever le funeste étendard de la gucrre civile, il avait laissé croître et

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: voilà lesmæurset l'inébranlable philosophie de l'austère Caton.…

L'autre, à son indigence accommodant son zèle, S'arme bien moins pour luiqu'ilnes'armecontreelle'.

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