FRAGMENTS DE PANTHÉE, TRAGÉDIE
LE SONGE DE PANTHÉE. — ACTE 11, SCÈNE Il.
> E soleil poursuivant la nuit aux voiles som- | bres
a Avec ses traits dorés avoit chassé les ombres,
#A Et les petits oiseaux , que réveille l'amour,
M Û Célébroient , en chantant, la naissance du
ed jour,
Lorsque ce songe affreux, dont l'horreur m'épouvante,
M'a fait voir d'Abradate une image vivante.
A mes yeux étonnés il étoit si bien peint,
Que j'ai cru voir sa taille, et ses yeux, et son teint;
Le vrai son de sa voix a frappé mon oreille ;
Son visage étoit gai, sa bouche étoit vermeille;
Du bonheur de me voir il rendoit grâce aux dieux,
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Sa joie et son ivresse éclatoient dans ses yeux ' ; Mais , comme je goûtois cette douceur extrême, Je l'ai vu tout à coup triste, sanglant et blême. Le harnais éclatant qu’il avoit endossé
De mille et mille coups me sembloit tout percé.
« Cesse de te flatter d'un espoir décevant;
Mes jours sont achevés : je ne suis plus vivant, Et ton âme, occupée à tant de sacrifices,
Ne peut pour mon salut rendre les dieux propices.
‘ Tous ces vers sont élégants, mais la couleur tragique leur manque.
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Mars, qui, dans les combats, envioit ma valeur, M'offrit, par jalousie , en victime au malheur.
Mais puisque je suis mort avec assez de gloire, Fais que toujours au moins je vive en ta mémoire. »
Lors, le cœur tout brisé , j'ai couru l'embrasser ; Mais d'un baiser si froid il m'est venn glacer", Que par un grand effort j'ai rompu tous ces charmes, M'éveillant en sursaut, les yeux noyés de larmes.