LE ROI
J'excuse ta chaleur à venger ton offense ;
Et l’état défendu me parle en ta défense °.
Crois que dorénavant Chimène a beau parler *; Je ne l'écoute plus que pour la consoler.
Mais poursuis.
RODRIGUE
Sous moi donc cette troupe s'avance,
‘ Il serait à soubaiter que la scène finit par ce trait.
* On ne sait pas ce que veut dire | Er Sollicita mon dine.
s Mauvaise antithèse, à la manière de Sénèque.
4 Trop familier pour la tragédie.
€ Le
PRES EEE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
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Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partimes cinq cents; mais, par un prompt renfort, Nous nous vimes trois mille en arrivant au port, Tant, à nous voir marclier avec un tel visage, Les plus épouvantés reprenoient de courage.
J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés, Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ; Le reste, dont le nombre auzmentoit à toute heure, Brülant d'impatience, autour de moi demeure,
Se couche contre terre, et, sans faire aucun bruit, Passe une bonne part d une si belle nuit.
Par mon commandement, la garde en fait de même, Et, se tenant cacliée , aide à mon stratagème ;
Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre, el que je donne à tous. Cette obscure clart: qui tombe des étoiles,
Enfin, avec le flux , nous fait voir trente voiles;
L' onde s ‘enfle dessons, et, d'un commun effort, Les Maures et la mer montent jusques au port. On Les laisse passer ; tont leur paraît tranquille : Point de soldats au port , point aux murs de la ville; Notre profond silence abusant leurs esprits,
Is n'osent plus douter de nous avoir surpris;
Ils abordent sans peur , ils ancrent, ils descendent, Et courent se livrer aux mains qui les attendent. Nous nous levons alors, et tous , en même temps, Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Les nôtres à ces cris de nos vaisseaux répondent; Is paraissent armés : les Maures se confondent ; L'épouvante les prend à demi descendus :
A vant que de combattre, ils s'estiment perdus.
Ils courent au pillage, et rencontrent la guerre; Nousles pressonssur l'eau ,nousles pressons sur terre, Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang À vant qu'aucun résiste ou reprenne son rang. Mais bientôt , malgré nous, leurs princesles rallient , Leur courage renaît , et leurs terreurs s'oublient ; La honte de mourir sans avoir combattu
Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu.
# On lit au secand livre de l'Énéide. sur l'entrée des Grecs dans Troie, à la faveur de la nuit :
Elle embrasse le monde, et ses lugubres mains
D'un grand voile ont couvert les œuvres des humains, Et la terre ct le ciel, et les Grecs et leur trame.
Un silence profond règne au loin dans Pergame: Tout dort. De Ténédo; leurs nefs partent sans bruit; La lune en leur faveur laisse régner la nuit.
L'onde nous la ramène , et la torche fatale
A fait briller ses feux sur la poupe royale.
A cet espect, Sinon, que le clel en courroux, Qu’'uuc faille pitié protegea contre nous,
Aux Grecs impaticuts ouvre enfin la barrière.
Dans l'ombre de la nuît ia mschine guerrière
Rend cet affreux dépôt, et de son vaste sein S'échappe avec transport uu formidable esssim , etc.
La belle poésie et le ton de ce morceau, qnand même Deliile aurait reproduit, dans sa traduction, toutes les beautés du