‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 508 sur 914 · DR CS · texte numérisé non relu

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“© dant clle manque souvent de justesse : elle offre quel-

ch ques idées, nou-seulement fort heureuses, mais dignes ef d'un esprit étendu, et cependant on y trouve des vues co étroites , des petitesses de rhéteur.

ch Les sentiments sur le Cid ne conservent aujourd'hui

4 Quelque célébrité que parce qu'ils en ont eu beaucoup autrefois. Mais la conduite de l’Académie lui fera hon- | neur dans tous les temps ; elle dut passer pour un trait de générosité courageuse. — Cependant Corneille, en > butte aux attaques de l'envieet du pouvoir, avait d’abord

. lutté avec courage : il céda plus tard avec adresse, pré- Le Yoyant que, pour triompher , il fallait cesser de com- . Dbittre. Dès lors il finit par se raccommoder avec un si Le terrible adversaire , et ne songea plus qu'à tourner au . profit de son t'lent les atteintes portées à sa gloire. Dans BE les libelles, prétendus littéraires, qu'on avait publiés

Confre lui, chacun de ses honnêtes censeurs lui prodico guait l'invective à sa manière: mais ils s'accordaient tous

op sur ce point, que l'auteur de Médée et du Cid ne saurait 4 jimüis qu'imiter et traduire ; qu'il avait dérobé (c'était

; le mat convenu) la première de ses tr'gédies à Sénèque, Ja seconde à Guilhen de Castro, et qu'enfin ce paurre “>. esprit, metteur en œuvre assez adroit, mais effronté phigiaire, élait convaincu, par ses propres ouvrages, d'une 4 Nuilité absolue de génie tragique et d'invention. C’est sans sans doute à ces clameurs que nous devons Horace, Pomol pée, Cinna, chefs-d'œuvre qui ont ajouté à l'idée de la © Braudeur romaine. — Corueille, qui n'avait appris la

‘langue despoëtes espagnols que pour profiter de leurs ne inventions, et que le succès extraordinaire du Cid dut ce affermir dans son projet, paraissait avoir résolu de trans- + porter sur notre théâtre un certain nombre de leurs piè-

eL Ces les plus célèbres, notamment l'/feraclius et la comé- , die du Menteur qu'il imita quelques années après. Miis ea «lors, voulant confondre, étonner la haine envieuse qui

J Jui imputuit des larcins pour lui refuser du génie, il % . chercha longtemps un sujet que personne n'eût traité cd

avant lui, que lui seul pût avoir l'audace de traiter, qui,

pour être mis sur Ja scène, exigeät des efforts , disons cho niieux, des prodiges d'invention. Trois ans s'écoulent ; ds Horacepar:it, et l'auteur du Cid est vengé (1659. ) Pen-

cs sce principale , ordre des scènes , situations, personnai ges, dialogue , tout, dans cette création irrégulière et sublime, présente un caractère de force, d'originalité,

Le de grandeur, dont il n'y #v:it point de modèle. L'ordonjo nauce est vicieuse, l'unité d'action violée ; rien de plus dédo fectueux ; le Cid l'était beaucoup moins : les subtilités, le Le fiux esprit déparent souvent le dialogue, et cependant le 4 dilogue, les préparations dramatiques, la marche enfin oo

de la première action, puisqu'il y en a effectivement pluÿ sieurs, moutrent un progrès immense. On ne trouve point

de triple action dans la tragédie de Cinna qui suivit celle se d'Horace (1659) ; mais l'unité de caractère, et surtout

cs l'unité d'intérét manquent dans l'ouvrage. Voltaire y à > relevé beauroup de fautes avec un excès de sévérité peut-être ; mais, de son aveu , le nombre des beautés domine, et ces beautés sont d'un orüre supérieur. Aussi l'admiration de deux grands siècles a-t-elle consacré Cinna comme le chef-d'œuvre de Corneille ; opinion que je crainérais d'adopter au nioment de nommer Pelyeucte. Polucucte (1610) a peut-être marqué le plus haut point “ de periection du talent de Corneille, Supéricar, conne

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