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DIX-SEPTIÈNE SIÈCLE.
trie que de richesse : on y voit l'art de Corneille égal
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ouvrage dramatique , à la tragédie d’Horace, par l'unité de plan et d'action; supérieur à la tragédie de Cinna par <!: l’uuité de caractère et d’intérèt, Polyeurte est , de tous co
les chefs-d'œuvre de l'auteur , celui où il a su le mieux Lo allier le touchant et le sublime , mouvoir avec adresse et se régularité les vrais ressorts dramatiques , disposer l'or- jo
dre des scènes et développer l'action avec autant d'indus- <>
te enfin à son génie. Le caractère de Pauline est l'une des -/;
plus belles créations du théâtre. Racine n'a pas un pa reilexemple d’un caractère de ferme à la fois si noble , si touchant et si digne de servir de modèle à toutes les ‘°° personnes de son sexe. À dater du succès de Polyeucte, on ne trouvera plus dans le grand homme des progrès,
} mais de nouveaux développements de son génie : on les es trouve dans la Murt de Pompée et le Menteur, représentés le même hiver (1641 et16:2). On a loué mille fois hs l'imposante conception de la première scène de Pompée, ‘©
dont le dialogue est cependant d’uné enflure inconcevable, et que rien ne peut excuser ; mais ce qu'il y a de vraiment admirable, ce qu'on doit surtont remarquer, c'est l'originalité de ce majestueux début, où l’exposisilion du sujet reuferme le nœud de l'intrigue. Enfin, le personnage noble et touchant de la veuve de Pompée était encore une création, méme après les caractères de
RESTE RESETTE
Pauline et d'Emmilie. Le Menteur , inité, comme le Cid, ex de l'espagnol, fut la première comédie d'intrigue et de su caractère dont la France püt s'honorer. Jusque-là point L de naturel, point de véritables peintures de mœurs ; un ol amas d'extravagances qui n'avaicnt rien de réel, faisait A {out notre comique : quelque intérét de curiosité ou plu- °° tôt d'étonnement était la seule impression qu'on püt de- te mander à ces spectacles. Corneille, ramenant les deux ‘> scènes à la nature et à la vérité, nous apprit, daus le ©<
Menteur , ce qu'était la comédie, comme il nous avait . montré, dans le Cid, ce que la tragédie devail être. Ainsi, <&
dans l'espace de huit auuces, il avait frayé la route à Racine et à Molière. Passons {a Suite du Menteur (1643), °2
pièce dont l'exécution est trop faible, et dont Voltaire a 2 trop vanté le sujet. Le dénoïment , ou plutôt tout le ‘
cinquième acte de Rodogune (1645) , va nous faire admi- <> rer encore un nouveau développement de ce talent dramatique dont l'audace active et féconde égalait pour le ci, moius la vigueur. 1] avait jusqu'alors produit ses grands °% cffets par le ressort de l'admiration , souvent uni dans ce ses chefs-d'œuvre au ressort de la pitié, qui le rendait plus tragique, Ici, l'admiration a fait place à l'effroi; <> une affreuse incertitude glace le cœur des personnages, > fait pälirles spectateurs , et des combinaisons profondémeut savantes préparent et développent le plus impo- .:, sant spectacle de terreur qu'ait jamais offert le théâtre.
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Lorsqu'après Rodogune où trouve Théodore (1646), on ‘
à , . ; est confondu d'étonnement, et l'on se croirait parvenu °;° au temps de l'entière décadence de Corneille, si l'on ne ‘>
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se hätait d'ouvrir {lcraclius (1647.) On croit générale- <:: ment que l'idée de cette pièce appariient à Calderon, qui n'en a pas fourni ke plan comme on l'a souvent prétendu, ::, mais qui peut en avoir inspiré quelques situalions plet- 7° nes d'intérét et de pathétique. Nous engageons ceux qui ‘” seraient à portéece lire l'ouvrage espagnol : En cstanrida 7
C2 todo es verdad, y todo mentisa, à le comparer tout <> > : , . . . cs entier avec l'Héraclins français :ils verront combien Cor- <> COR c'e
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‘4 neille agrandit Calderon par ce qu'il y ajoute, l'enrichit - dans ce qu'il lui prend; et cette comparaison leur offrira % l'un des plus frappants exemples de la maniere dont le 4 géuie peut quelquelois imiter , sans cesser d'être créa- “> teur. — Dou Sanche d'Aragon, comédie héroïque, où quelques traits de grandeur ne peuvent racheter le dé- + faut d'intérêt, et l'invraisemblance d’une fable plus faite pour le roman que pour la poésie dramatique, fut joué c deux ans après (1650), peu de mois avant Andromile, ce drame enrichi de musique et de divertissements, dans “2 lequel le précurseur de Racine et de Molière devint celui de Quinault. 11 y avait eu déjà des pièces à machines ; > mais Andromèéde est la première dont on ait gardé le souvenir, quoiqu'en cessant de la lire. — Nicoméde (1652) ne ressemblait à rien de ce que nous avons vu jusqu'ici. Un héros environné de périls qu'il ne repousse qu'avec l'ironie, telle est la première donnée de l'ouvrage, et l'on > ne peut qu'étre surpris, moins , il est vrai, à la lecture > qu'a la représentation, du parti que le poële eu a tiré pour l'effet théâtral de ce rôle. C'est le caractère comique du railleur, élevé par la grandeur d'âme elpar le rang du personnage , à l'énergie, au sublime ct presqu'à la > dignité dela haute tragédie. Rien n’a mieux prouvé un talent inépuisable en ressources.— La carrière de Corneille ” n'avait encore été marquée que par des triomphes; mais il ee {ouchait au moment de faire l'essai des revers. La chute de P'ertharite (1653), le surprit et l'aflligea comme une pre- | mière infortune. Méconnaissant l'intervalle immense qui séparait ses chefs-d'æuvre d’un ouvrage si peu digne de 2 Jui, ilcrut voir chanceler dès lors tout l'édifice de sa gloire. Le sentiment au.er de l'injustice entra dans celte âme arden!e, et la remplit de douleurs ; il accusa le public d'in- “+ constance et renonçÇa au théâtre , en se plaignant d'avoir s … trop longtemps écrit pour étre encore de mode. » 1] fallait uo aliment à sou imagination, une distraction à ses ,
des consolations, et le rappelait sans cesse à de sublimes espérances. Ainsi l'auteur de Polyeucte résolut de se borner au rôle modeste d'interprète de Gerson ou d'A- Kempis. — Quelques traits dignes du grand Corneille, et qui pourraient difficilement être d’un autre , font succéder , par intervalles , l'admiration à l'ennui dans cet | ouvrage. — Près de six années s'évoulérent dans ce travail malheureux, Coracille regrettint toujours d'avoir quitté le tréâtre et redoutant d'y revenir. Mais, déterminé par Fouquet, il eut le malheur d'y reparaitre en 1659, et de défigurer le plus beau, le plus pathétique sujet de la tragédie antique. Cependant OEdipe réussit, ; et ce succès, si doux à un vieux triompbateur , le ren-
© craintes , un soulagement à ses regrets. Des sentiments 5 de piété qu'il avait eus dès sa jeunesse, et le besoin de % produire, qui ue l'abandonna jamais , le portèrent à les e chercher dans un travail simple et facile, qui lui offrait
A ÉRERALESSRELIES
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gagea dans la carrière qu'il n'avait abandonnée qu'avec la douleur d'un bauni forcé de fuir la patrie, p'eine encore du souvenir et des trophées de ses victoires. Il tenta uu nouvel essai pour réunir le chant à la paésie, et les décorations de la l'oison d'or (1661) furent encore plus applaudies que les déclam:tions d'ufdipe. Eofin on put justement applaudir sou génie. Après une éclipse si longue, il jeta de nouveaux éclairs dans une scène de Sertorius (1662) , et dans quelques discours nobles et ficrs de l'héroïne de cette pièce, l’un des plus
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beaux roles de mademoiselle Clairon. Srphonisbe, moins cho heureuse (1665), ne fit point oublier on plutôt fit re- sa mettre au thedtre la tragédie qne Mairet avait donnée so sous le même litre, sept années avaut le Cid ; mais on ox sut gré à Corneille de quelques traits de caractère et de °° mœurs rendus avec énergie , et qui rappelaient Cnna. . On crut retrouver dans Othon (1664) le méme genre de ‘< mérite à un degré supérieur. En effet, quelques mor- ae ceaux , ou, si l'on veut, quelques vers tels qu’on devait "
les aitendre de Corneille inspiré par Tacite, une expo- à
sition adroile et tracée avec beaucoup d'art, l'ont soutenu
longtemps au théâtre, où Agésilas (1666) et {thla (1667) ‘ ne fireut que se montrer, comme pour annoncer qu'un cr grand homme longtemps sans rivaux, allait trouver un de vainqueur. Trois ans après, Bérénire avait confirmé le : présage. Mais Racine, qui triompha du vieil athlète, © n’eût pas été capable de créer certains traits ce la tra- “ee gédie d’Attila, aussi Gers , aussi grands que tout ce que oo le peintre de Cinna et des Horaces avait produit de plus sa beau. l’ulcherie et Surena (1672 et 167) furent les der- su niers efforts d'un écrivain assez malheureux pour recher- L cher encore la gloire après avoir perdu soi génie. pe Des admirateurs indiscrets ont représenté Corneille . comme livré au seul instinct du talent, et l'écrivain quia % le plus fortement cilculé tous ses eficts semblerait les . avoir ous produits par de soudaines illuminations. Si de ses chefs-d'œuvre eux-mémes ne sulfisiient pas pour " démentir une assertion si étrange aux yeux de quiconque a réfléchi sur la marche de l'esprit humain , il faudrait °° renvoyer les aveugles partlisins de cette opinion aux . préfares de Corneille, aux eramens qu'il a faits de ses °° pièces, à ses discours sur l’art dramatique. . Corneille avait conçu la tragédie sur des idées plus éle- . vées et sur un plan plus vaste que tous les écrivains qui . ont suivi la carrière du théâtre avant et après lui. Peintre © de géuie et inspiré par une grande âme , il a représenté “ les hommes comme ils sont, mais surtout comme ils de- . vraicnt étre. Aussi chacune de ses pièces nous offreletype ‘> de quelque vertu supérieure, digne d'être proposée ca conne modèle à ces êtres d'élite qui semblent faits pour <% reculer les bornes de l'humanité. Le Cid représente l’hé © roisine de la vaillance , enflainmé par l'amour le plus pur; je Chimène, le profond sentiment de amour filial, rem- co portant la victoire sur la plus ardente des passions ; dans < le vieil Horace et dans son fils, triomphe l'aniour de la . patrie poussé jusqu'à un dévouement inconnu aux mo- ce dernes ; le pardon d'Auguste à ses meilleurs amis, armés ls du poignard déjà levé sur sa tête , est un exemple sublime un de clémence , que le poëte achève de peindre par cet ad- se: mirable vers, qu'il met dans la bouche de l’empereur : a de Je suis maître de moi cowme de l'unlir.rs. en L'enthousiasme d'un homme qui court au ciel parla voie du martyr ne peut aller plus loin que daus Polyeucte, dont de
Athalie elle-méme ne saurait égaler certaines beautés, qui à arrachent des cris d’adiniralion. Racine u'a point un carac- cl tère de fennme que l'on puisse comparer à cette Pauline, l'honneur de son sexe, cont elle a toutes les vertus et tontes à les grices. Et cette Cornélic, veuve de Pompe, quelle Je admiratiou n'excite-t-clle pas lorsqu'elle s’eutretient avec 6 l'urne qui contient les ceudres du demi dieu, pour nous ser- che de
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